Harry Potter RPG
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L'Inconnu

125 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Juste devant la cabane, Jeudi 25 Janvier 2125

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Mort

 

Et ça fait deux

 

Il était fort.        Fort et plein de vie.      Toujours en       mouvement, tou jours à parler, 

à occuper l’espace comme s’il lui appartenait

C’était fascinant à regarder. Épuisant, parfois. Irritant, souvent.

Il était partout. Il savait tout. Il riait fort, il plaisantait, il attirait. Tout le monde l’aimait. Moi aussi… au début.

Mais il était trop bruyant. Trop présent. Il ne laissait pas de place. 

Pas pour moi. 

Il prenait tout, comme si je n’existais même pas.

Et pourtant, je l’ai regardé, étudié, écouté. Je connaissais ses habitudes, ses faiblesses, ce qu’il cachait sous son sourire éclatant. 

Parce que c’était ça, non ? Juste un masque. Comme le mien. Sauf que le sien était mieux fait. Plus crédible.

Moi, je ne pouvais pas le supporter. Il fallait qu’il s’arrête. Juste un instant. Qu’il me voie. Qu’il m’écoute. Qu’il comprenne.

Alors je l’ai fait taire.

Ce n’était pas difficile. Ce n’était même pas prémédité. Juste un moment. Une occasion. Une pulsion.

Et maintenant, il est parti. Plus de bruit. Plus de rire. Juste du silence. C’est drôle, le silence. On pense qu’il apaise, qu’il soulage. Mais en réalité, il pèse. Il s’étire. Il étouffe. Il y a trop d’espace maintenant. Et je suis là, debout au milieu, à ne plus savoir quoi en faire.

Ils ont remarqué, bien sûr. Ça n’a pas pris longtemps. Lui, il était trop important pour qu’on ne se demande pas où il est passé. Et moi, j’ai attendu. J’ai observé. 

J’ai souri. Parce que je savais. Je savais que ce serait eux, maintenant, qui rempliraient le vide avec leurs questions. Leurs soupçons. Leurs murmures.

J’ai entendu son nom dans leur bouche, comme une litanie. Ça m’a presque manqué, sa voix, son énergie. Presque.

TAP

Un bruit léger, à peine un battement. Juste une pensée qui revient, encore et encore. C'est délicieux

TAP 

TAP 

TAP

Est-ce qu’il a su, au moins ?

Est-ce qu’il a compris pourquoi je devais le faire ? Peut-être qu’il aurait ri, encore. Peut-être qu’il aurait essayé de me convaincre que j’avais tort.

Mais maintenant, il ne dira plus rien.

Est-ce que ça fait mal, d’être oublié ?

Peut-être. Peut-être pas.

Mais moi, je m’en souviendrai. Jusqu’à ce que j’en trouve un autre.

 

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L'Inconnu

125 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Londres, Vendredi 29 Septembre 2124

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Mort

La première disparue d’Angleterre 

 

Elle était si jolie, si mignonne. Elle me guérissait le cœur. Elle était mon amie. Ma confidente. Elle m’écoutait toujours. Jamais elle élevait la voix. 

Elle m’aimait, n’est-ce pas ? 

Moi, je l'ai aimé. Mais elle n’avait pas le droit de rester. Elle ne pouvait pas. Je ne pouvais pas la laisser rester, ici sur terre. 

Il fallait que je la fasse disparaître. C’était une pulsion. Elle n’était pas comme les autres. Mais c’était nécessaire. Il fallait que les gens comprennent. Qu’ils voient. Qu’ils ouvrent les yeux. Il fallait que j’aille mieux. 

Mais je regrette. Je regrette tellement. Sans elle, je suis vide. Sans elle, je ne suis plus rien. Juste l’inconnu qui parle au néant. Il me faut quelqu’un d’autre. Il me faut une autre tête qui peut me parler. Mes pensées sont seules. Elles doivent communiquer avec l’autre. Avec une autre bouche aussi apeurée que la première. 

Pardon. Ah. Ah. Non. 

Alors quand j’ai vu qu’ils avaient remarqué. Qu’ils avaient compris. J’ai souri. 

Le jeu pouvait commencer. Ils finiraient par me courser. Par chercher. Par voir plus loin que le bout de leur nez. Ce n’était pas anodin. Ce n’était pas un accident. C’était le commencement d’une folie qui dévorerait mon monde et celui des autres. 

BAM

BAM

BAM

Est-ce que tu crois que ça fait mal ça aussi ?

 

Peut-être

 

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L'Inconnu

125 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Salle principale, près d'une fenêtre, Samedi 24 Février 2125

RP Libre, ouvert à 2 autres personnages maximum

 

L’air est froid, mordant, chargé d’humidité et de silence. L’hiver s’accroche aux façades du Pré-au-Lard, s’insinue dans les pavés, transforme les pas en échos étouffés. Il n’y a pas grand monde dehors. Il n’y a pas grand monde dedans non plus, pas encore.

Elle pousse la porte.

La chaleur du pub l’accueille d’un coup, contraste violent avec la morsure du dehors. Une odeur de bois brûlé flotte dans l’air, mêlée à celle du cidre chaud et de la poussière. Les Trois Balais respire à son propre rythme, lent, régulier, comme un corps endormi. Quelques regards s’élèvent, machinalement. Des habitués, des visages fatigués par la journée, des inconnus à demi noyés dans leurs pensées. Personne ne la fixe vraiment. Erika est une silhouette parmi d’autres. Une présence banale dans un lieu où tout le monde finit par se ressembler. Je marche, mes pas sont mesurés, précis. Pas trop rapides, pas trop lents. Juste assez sûrs pour qu’elle ait l’air d’avoir toujours su où elle allait. Son manteau tombe sur ses épaules avec fluidité. Une cascade de tissu sombre qui souligne la lumière de ses cheveux.

Erika est blonde.

Ses cheveux glissent le long de son visage en mèches disciplinées. Son regard accroche la pièce sans s’y attarder. Ses traits sont doux, délicats. Elle n’a rien d’exceptionnel, mais elle attire juste assez. Une présence subtile, à la lisière du regard des autres. Suffisamment visible pour exister. Pas assez marquante pour être retenue. Je choisis une table près de la fenêtre. Une place qui donne à la fois sur l’extérieur et sur l’intérieur. Je peux voir la rue déserte, observer les passants qui passent trop vite pour s’attarder sur les visages. À l’intérieur, les conversations se superposent en murmures indistincts. Quelques rires, des verres qui s’entrechoquent.

Je m’assois.

Le bois est rugueux sous mes doigts. Usé. Creusé par le passage des années. Par les gestes répétés de ceux qui se sont installés ici avant moi. Avant elle.

J’ôte mes gants, lentement.

Un doigt après l’autre.

Le tissu glisse contre ma peau. Contre sa peau.

Ce n’est qu’un corps. Une enveloppe qui bouge, qui respire, qui s’anime selon mes envies. Mais parfois, parfois, c’est troublant. De la voir si nette dans le reflet du verre, de la sentir exister autour de moi. 

Elle ne devrait plus être là.

Et pourtant, elle l’est.

Un mouvement sur le côté. Quelqu’un s’approche. Attend. Un service comme un autre auquel on réponds. Je ne relève pas les yeux. Il n’y a pas besoin. Erika sourit peut-être. C’est un geste instinctif, ancré dans la mémoire de son corps. Une habitude d’humaine. Je respirer. Les bruits du pub se diluent en arrière-plan. Une chaise qui racle le sol. Une porte qui s’ouvre puis se referme. Le crépitement du feu, la respiration calme du lieu. Dans le miroir de la vitre, une femme me regarde. Blonde. Élancée. Son regard est calme, posé, presque serein. C'est moi, censé être moi, c'était elle. Celle qui est partie en premier, il y a des années.

Erika.

Je l’observe un instant. Une fraction de seconde qui s’étire dans le temps. Puis je baisse les yeux.

                                   TAP.

Un battement léger du bout du doigt sur le bois. Je ne m’en rends compte qu’après coup. Un bruit infime, insignifiant. Presque un appel. Je reprends la tasse devant moi. La chaleur diffuse s’attarde contre ma paume. Une gorgée, lentement.

Tout est normal.

Tout va bien.

C’est ce que l’illusion doit montrer, en tout cas.

Mais le silence s’étire, s’installe autour de moi. Il n’a pas de poids, pas encore, mais je le sens. Comme une tension dans l’air, un espace qui attend d’être comblé.

Il n’y a rien d’autre à faire, ici. Juste attendre.

Et peut-être choisir le prochain.