Femme
17 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : Ali, Alouette, Lili
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 13/02/2026 à 15:02
À la mention du patronus corporel "dingue", Alison jette un regard teinté de jalousie en direction de la délégation française où Enzo doit probablement savourer son exploit. Elle-même n'a jamais produit plus qu'un bouclier de lumière argentée, et devant le détraqueur, elle a douté. Elle s'est sentie aspirée par les ténèbres du monde, incapable de réussir mieux. Ses prunelles retrouvent celles des Poufsouffle, un peu vagues, un peu vides, un peu loin de la foule et des sourires. Ça va, se contente-t-elle de répondre à Sam tandis que cette dernière la félicite entre deux accolades d'élèves qu'elle connaît à peine. On lui parle d'une fête organisée en son honneur, sauf qu'elle veut juste une douche et du silence. Et puis la question de Ferguson ramène son esprit au bijou suspendu au bout de ses doigts sales.
La sorcière soulève brièvement la chaîne dorée. J'ai pris ça, j'sais pas trop. Confuse, elle revoit la main du détraqueur se tendre au-dessus de son visage blême, et cille des paupières. C'est un autre groupe d'étudiants agités qui brise le moment en prétendant vouloir soulever l'Écossaise dans les airs. Hein ?
À quelques mètres, Marley s'est échappé avec Charli et ses copains Gryffondor autour des ruines de monolithes. Surveillés attentivement par Freya, ils ont la formelle interdiction d'entrer à l'intérieur du labyrinthe et décident finalement d'improviser un match de pomme de pin, d'abord lancées à la main, ensuite au pied. En retrait aux côtés de son père et d'Horace, l'aînée Carter observe distraitement la scène, une idée germant au fond de son esprit.
— C'est pour qu'les gens s'intéressent au tournoi, et qu'il arrêtent de causer des autres trucs qui comptent vraiment, c'est toujours ça Horace, on détourne l'attention, tu commences à les connaître, non ?! balance Owen à son ami sans retenir ses grands gestes de balayer l'air. Le quasi-géant finit par taire la conversation, conscient d'être surveillé tant les curieux sont peu discrets. Mrf. Bon, tu guettes mon Alouette hein ? Pis tu passes bientôt ? Demain ? On en r'parlera à la maison. Ses yeux cherchent subitement Alison, mais il ne voit qu'un amas d'adolescents aux regards intrusifs et aux oreilles traînantes, et refuse de leur offrir un deuxième spectacle humiliant.
— Charlie, tu rentres avec nous ? demande Freya à sa petite sœur qui agite les bras au-dessus de sa tête pour attirer l'attention de Sasha et Kalina restés dans les gradins. Ooh, vous partez déjà ? regrette la Serdaigle aux pommettes rouges. Tu peux rester Charl'. Sauf qu'elle préfère suivre son père et Marley, et lorsqu'elle s'approche du jeune photographe afin de le prévenir, l'ancienne Poufsouffle en profite, sourire bienveillant aux lèvres. Basil, si t'as l'autorisation d'tes parents, t'es le bienvenu quand tu veux à la maison, mh ? T'auras qu'à passer voir Charlie à l'occasion, elle te montrera la boutiq- Freya on peut pas rester encore ?!! interrompt Marley, prévenu par la benjamine des filles Carter. Nan on va y'aller, maintient cette dernière en levant le menton en direction du groupe de garçons. Il est où Charli ? Charli ! Charli ! Charli, j'vais voir voir avec ton frère pour qu'tu fasses un truc en même temps qu'Marley en dehors de Poudlard, ok ? Du soccer, t'aimes bien ? C'est quoi du soccer ?! J't'expliquerai. Un échange à la suite duquel Freya et Charlie entraînent Marley vers la Championne du jour, Owen à distances. L'au revoir est rapide, Alison éreintée, et les journalistes éparpillés.
La Serpentard remerciera sa petite sœur plus tard pour le bracelet de bonbons.
Sans rien dire à personne, elle descend au sous-sol de l'école, verrouille la salle de bain, et s'affaisse contre la porte. Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle entre sous la douche.
Alison Carter a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !
- Sortilège
- Enchantement d’Impassibilité
- Difficulté
- 8
- Résultat D20
- 17
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 3
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle entre sous la douche.
Autres résultats possibles
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Le charme opère, et presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on ne peut rien entendre jusqu'à ce qu'elle termine de prendre sa douche et ne ressorte de la pièce, calmée.
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on peut l'entendre. Malheureusement, le charme n'a pas fonctionné.
Immugio, murmure-t-elle en effleurant le bois de celle-ci. Presque immédiatement, les larmes de la sorcière dévalent ses joues. De l'extérieur, on peut l'entendre. Malheureusement, le charme n'a pas fonctionné, au contraire, il a rendu la porte aussi insonorisée qu'une feuille de papier.
Message publié le 13/02/2026 à 01:25
Sa voix ronronne le concept de l'amour, et Alison l'écoute, intriguée de découvrir que Sasha puisse avoir une idée aussi précise de l'impression d'aimer. La tête légèrement penchée, elle observe son profil fuyant tandis qu'il évoque les rires et les pleurs, et la mort, et qu'il ferme les yeux. Pense-t-il à ses parents ? À sa sœur ? ...à ce qu'il a dit cet été, qu'il aurait voulu qu'elle l'aime en retour ? Absorbée, la cadette Carter arrête ses caresses. C'est peut-être pour ça qu'il retire sa main juste après, et soudain, prend un air grave, qui réaligne le menton de la sorcière au reste de son corps.
Elle range ses doigts sous sa manche et fixe brièvement la poche du sweat pourpre camouflant ceux de l'Ukrainien, mais très vite, son regard retrouve le visage de celui-ci, lorsqu'il ranime ses craintes en parlant de l'épreuve suivante. En réalité l'évènement est un tournoi, donc les trois tâches peuvent toutes être du même niveau, sauf qu'Alison n'a aucune envie de contredire Sasha ; car maintenant qu'elle l'a vécu, elle a peur d'y retourner. L'aplomb du réfugié l'arrange, au fond, parce qu'il lui épargne l'hésitation, et quand leurs prunelles se heurtent, elle se contente d'acquiescer, laissant de côté ses éternelles incertitudes.
— Merci, murmure-t-elle enfin, comme à Sam qui avait proposé de l'entraîner à améliorer son vol sur balai après le résultat des sélections de la Coupe de Feu. Ça m'a fait du bien d'parler avec toi, admet alors la Serpentard, grandie depuis septembre.
Certaines futilités ont moins d'importance tandis qu'on se prépare au pire des tournois scolaires du monde sorcier. À nouveau, elle contemple la salle de musique habitée de la seule mélodie des gouttes de pluie contre les vitraux, et resserre le manche du violoncelle entre ses doigts. J'vais rien lâcher pour le 9 mars, j'vais prouver qu'j'ai ma place dans le tournoi, dit-elle, sans qu'on ne sache vraiment à qui elle s'adresse. En attendant, il suffira de ne jamais fermer les yeux, de ne jamais ouvrir un placard, de ne jamais traverser seule les couloirs, et d'apprendre à vivre avec.
Elle repousse l'instrument et s'en dégage habilement, résignée à ne pas produire une seule note ce soir, pas plus que les autres soirs où elle est déjà venue ici. J'sais qu't'es pas revenu à Poudlard par plaisir, dit-elle alors en se tournant vers Sasha, les quelques informations de Charlie en tête. J'pense aussi qu'ça doit être ridicule pour toi d'voir qu'on organise un tournoi alors qu'des gens vivent le vrai danger de mourir tous les jours chez vous. L'Écossaise ramène l'une de ses mèches rousses derrière son oreille. J'comprends qu'ça te soûle, en vrai, genre, d'être bloqué là avec nous, obligé d'suivre des classes et tout. Et de passer pour un idiot de temps en temps.
Elle caresse son propre genou, machinalement.
Message publié le 12/02/2026 à 09:18
D'un murmure granuleux aux r roulés, Sasha confirme les craintes d'Alison ; elle n'oubliera jamais le flirt du détraqueur, et en même temps, comment le pourrait-elle seulement ? Sa deuxième main rejoint la première sur le manche de l'instrument dont elle longe machinalement les cordes enduites de résine. Il faudrait bien apprendre à supporter le souvenir du désespoir et l'impression que tout est vain. Elle se rappelle parfaitement avoir cru mourir, et qu'il ne valait pas la peine de se battre pour vivre. Prostrée au sol, elle n'était qu'une moins que rien.
Aux sanglots de l'Écosse léchant les vitraux s'accroche leur silence pesant.
Lorsqu'il aborde un sommeil torturé avec certitude, elle l'observe en sachant qu'il évoque son vécu. Ça prend du sens aujourd'hui au yeux d'Alison, à quel point Sasha doit se sentir étranger à Poudlard, à quel point s'il est gauche dans l'uniforme britannique, c'est car son histoire est trop éprouvante à l'y faire tenir entièrement. Elle fixe sa silhouette bercée des chandeliers d'une manière différente. Elle aimerait lui partager le fond de sa pensée, mais il parle de son double animal et la sorcière se ravise. Sous sa forme de panthère des neiges, le Slave n'a plus qu'en tête de les protéger elle et sa petite sœur Charlie, de tout et de n'importe quoi ; l'année passée peut en témoigner. Sauf que personne ne peut la secourir d'un souvenir, n'est-ce pas ? Elle le regarde encore scruter le plafond comme s'il attendait là-haut l'inspiration pour lui venir en aide.
— Tu m'cherchais ? questionne Alison en tapotant la place vide à côté d'elle sur le banc afin d'inviter l'Ukrainien à s'asseoir avec elle. Les jambes écartées à cause du violoncelle disposées entre elles, elle porte une jupe plissée noire, des chaussettes hautes, et des collants et sombres aussi.
Quand Sasha la rejoint finalement, elle cille des paupières, puis les rouvre immédiatement. J'pourrai pas dormir, j'peux même pas fermer les yeux ; j'revis toute l'épreuve depuis d't'à l'heure. Par flashs, sous la douche, au fond du couloir, à l'intérieur du placard, car elle est entrée dans le club de ceux qui ne sont en sécurité nulle part. Les voici donc à contempler la grande salle de musique peuplée d'instruments muets, et de gradins vides.
La rouquine jette un œil aux doigts empotés de l'animagus, qu'il hésite visiblement à dissimuler au fond de ses poches, comme d'habitude. Elle lui prend une main en silence, l'ouvre et la retourne contre sa propre cuisse et contre le violoncelle, paume face à eux. Ici, entre ses cicatrices de guerre, demeure la trace d'un bisou magique imparfait, du jour de leur rencontre en cours de botanique, il y a plus d'une année. Alison en redessine le contour du bout de l'index, lentement. Tu sais, quand tu m'as dit que j'pouvais pas t'aimer, à notre rendez-vous ? Elle n'a jamais oublié. Elle déglutit et fixe ses doigts caressant ceux de Sasha.
— Devant le détraqueur, j'ai réalisé qu'c'était pas juste toi. J'pense que j'peux aimer personne. Et tous les myosotis et tous les médaillons faits de bougie et de cœur rouge n'y changeront rien ; elle se sent brisée de l'intérieur. Ses phalanges s'écartent pour refléter celles de l'Ukrainien, cinq bon centimètres en moins. J'avais donné un mini bout d'ma confiance à quelqu'un mais il tout gâché y'a deux semaines, alors ça risque pas d's'arranger, conclue-t-elle, sans lever la tête.
Message publié le 11/02/2026 à 16:27
Celle qui déboule avant tous les autres sous les flashs indiscrets des journalistes, c'est Charlie, ses cheveux ressemblant à de grandes flammes brûlantes autour de son visage rougit par les pleurs. Elle court, perd son écharpe bleue et bronze en route, et se jette au cou d'Alison dont elle fait désormais quasiment la taille. Oh Lili ! Le choc force la cadette Carter à reculer d'un pas. J'suis vivante, confirme cette dernière quand sa sœur la palpe aux épaules et la presse avec émotion. Très vite, Marley est là aux côtés de la Serdaigle, son écharpe en main, et puis Freya, qui donne une étreinte aux deux filles en embrassant brièvement la tempe d'Alison. Tu nous as fait peur, mais t'es la meilleure, on savait qu't'étais la meilleure d'façon ! Le cliquetis des appareils photo n'arrête plus, encore moins lorsque le quasi-géant Owen approche. "Monsieur Carter ! M'sieur Owen Carter ! Est-ce que c'est aussi votre fils ?! Vous êtes fier de votre fille ?! Owen, un mot pour la Gazette ?" En le voyant se pencher vers elle, la Serpentard lève sa main. Nan, pas toi, anticipe-t-elle froidement devant la foule amassée autour d'eux et sous le regard sidéré de Charlie et Freya. Enfin Alou-pas toi j'ai dit ! Plusieurs objectifs capturent la scène et le silence qui suit.
— Alison, je peux voir le collier ? demande Marley, imperméable à la situation. Alison se détourne de son père et montre le pendentif au benjamin Carter en ignorant le bourdonnement de ses tempes et l'air contrarié de sa petite sœur. Il est trop beau ! "Miss Carter, c'est votre frère ?! Miss, un sourire s'il-vous-plaît ! Avec le p'tit garçon ! Vous êtes en froid avec votre père ?" -stop, laissez-là, tente d'intervenir Freya. On dira rien, concentrez-vous sur le tournoi ! Elle tire Marley à son bras en provoquant d'autres bruits d'obturateurs frénétiques.
L'intervention du Directeur Woodcraft termine de calmer les journalistes.
Ils sont autorisés à donner de brèves interviews aux trois Champions.
— Vous vous attendiez à affronter un détraqueur ?!
— Euh nan, ...pas du tout.
— L'épouvantard, c'était bien votre mère, Kate ?
— ...ouais, c'était elle.
— Vous êtes confiante pour la deuxième épreuve Miss Carter ?
— On verra ça après Noël, mais oui, j'serai prête.
Lorsqu'ils s'écartent enfin, un groupe de Serpentard s'approche afin de féliciter Alison. Parmi eux, Gwen et Lucian, visiblement fiers d'appartenir à la Maison gagnante. Freya décide d'entraîner son père et son frère ailleurs sur le terrain en hélant Horace. Hé, coucou ! Bart est dans l'coin ? L'ancienne star du quidditch britannique en profite pour recueillir l'avis du concierge, voûté vers lui, son fils sagement accroché à l'extrémité de sa main. Mhr, un détraqueur, tu savais ? C'est normal ça ? P'pa, ils savent rien, ils t'l'ont déjà dit ! répond aussitôt l'aînée Carter, avant de jeter à Horace un regard interrogateur.
De son côté, Charlie a séché ses larmes et s'est réfugiée près de Basil, loin des altercations familiales. Ensemble, ils observent la liesse générale des élèves de Poudlard et des autres délégations, quand soudain, Flora et Nellie apparaissent, leur bannière toujours portée bien haute, couverte de signatures et petits dessins. C'est trop gentil d'avoir fait ça, dit la Serdaigle aux filles en souriant, ses yeux encore brillants qui parcourent les écritures de chacun et chacune.
Après les compliments de quelques professeurs, la Championne de Poudlard se trouve face à Sam et la bande de Poufsouffle. Merci, répète-t-elle pour la cinquantième fois, un sourire fatigué aux lèvres. Bon, l'entraînement d'vol a servi à rien, mais j'ai pensé à vous en enlevant mes piercings - elle fixe brièvement Ferguson - et j'me suis pas pissé dessus d'vant le détraqueur, ajoute-t-elle en baissant la voix.
Message publié le 11/02/2026 à 13:45
Aux battements désordonnés de la pluie écossaise sur les grands vitraux de l’amphithéâtre, s'ajoutent soudain ceux du cœur d'Alison lorsqu'elle aperçoit une ombre qui l'observe en silence depuis elle-ne-sait-pas-combien de temps. Sasha - martèlent immédiatement ses instincts, comme si elle avait pu le reconnaître entre mille autres silhouettes, aussi ridicule que cela puisse paraître. Sauf qu'il avance, et que c'est bel et bien lui ; Sasha, les mains éternellement enfoncées dans ses poches et son air d'être là sans vraiment savoir quoi dire ou quoi faire maintenant.
Le myosotis bleu n'a jamais fané derrière son coffret de verre.
Sasha ne l'a pas oubliée - de tout l'été, ni de cet automne grisonnant.
Jusqu'à la fin du mois de juillet, Alison avait laissé l'écrin gésir au fond de son sac à main, à demi-persuadée qu'il s'agissait d'une farce de chez Zonko. En août, au retour de son père, elle est allée verifier l'état de la fleur, et s'est détestée d'avoir la candeur d'y croire, alors elle l'a jetée sous son lit avec colère. À la rentrée scolaire, en croisant l'Ukrainien dans les couloirs, elle a dit à Charlie qu'elle avait besoin du myosotis éternel pour un cours de potion, et l'a chargée de lui rapporter à Poudlard. Vous avez compris, il était encore fleuri. Après son altercation avec Spike en octobre, elle a voulu brûler la boîte, mais celle-ci est restée intacte au fond de l'âtre du dortoir et la cadette Carter a dû se résoudre à la récupérer avant que l'une des autres filles ne la voit. Hier matin, elle scruté le coffret en préparant ses affaires pour aujourd'hui.
Le myosotis bleu n'a jamais fané.
Sasha ne l'a pas oubliée.
Leurs regards se harponnent, et il brise maladroitement le silence.
— Je joue pas, répond la rouquine en posant l'archet à ses côtés sans pourtant se défaire du contact rassurant de l'instrument contre son ventre - étrange bouclier. Assise derrière le violoncelle, Alison observe le jeune homme dont elle a aperçu la jeune sœur, Kalina, manger avec lui dans la Grande Salle. Elle sait qu'il n'est pas revenu l'école par plaisir, ni pour revoir les Carter, et encore moins pour la revoir, elle, une Britannique aguicheuse et capricieuse parmi tant d'autres. Malgré tout, les pétales du myosotis sont toujours étendus autour de son cœur doré. Une bourrasque de pluie secoue les vitraux et provoque la fuite d'un animal perché en hauteur de la salle disposée en gradins, puis, Sasha évoque la mort, la vision d'Owen supportant Kate, et le détraqueur.
À moitié camouflés par les larges manches de son pull blanc, les doigts de la sorcière tremblent contre le manche en bois de l'instrument. Elle fuit un instant le regard vert du septième année. Il a vu, il connaît. Plus perturbant encore, il comprend, et se positionne là comme s'il savait qu'elle aurait besoin précisément de ce genre de présence.
Un bout de la carapace d'Alison se fendille aussitôt, visible au fond de ses prunelles gravées d'images impossibles à oublier. Immobile, elle hésite à s'exprimer. Les mots se bousculent dans sa tête, qu'elle essaye de trier. Il y a quelques heures, elle affrontait la certitude que tout espoir avait disparu de la Terre. J'ai l'impression qu'il est encore là, murmura-t-elle enfin en désignant sa tempe que le souffle rauque de la créature avait effleuré. Elle arrime à Sasha un regard brillant, apeuré. Ils disent que j'vais prendre du recul avec le temps, mais.. j'sais pas, là c'est impossible. J'le sens. J'te jure, j'le sens. La trace indélébile du monstre encapuchonné lui serre la gorge, comme s'il suffisait d'y penser trop fort pour le faire exister.
Dans cet état, l'adolescente peine à envisager d'aller jusqu'au bout du tournoi.
Sa victoire a une odeur putride d'échec.
Message publié le 11/02/2026 à 09:17
Ce qu'elle a dans le ventre ? Des doutes féroces, qu'une poignée de jours d'automne ne suffiront pas à dompter. Elle s'écroulera peut-être devant toute l'école, devant les médias, et terminera loin de la salle des trophées, en bonne dernière du tournoi. Ils découvriront qu'elle est une fraude, une vraie pétasse pourrie-gâtée dont les résultats scolaires n'ont aucune importance face aux épreuves, dont la carapace s'étiole aussi facilement qu'un pissenlit blanc. Elle vaudra alors encore moins que son propre père, le colosse déchu, Owen Carter. Mh, murmure la rouquine en notant qu'Horace juge qu'elle a ses chances, sans qu'elle ne sache réellement quoi en penser.
Parfois, elle arrive à se persuader que sa place est là ; avec les Champions du tournoi, à écrire sa page de Poudlard, et sa page de l'histoire des Carter. Elle se gonfle de confiance, elle veut prouver. Elle y croit. Et puis tout s'écroule au détour d'un sortilège raté, d'un mauvais titre dans les journaux, d'une parole blessante qui lui revient à l'esprit, et Alison se sent terriblement fragile, son destin suspendu à la merci des trois épreuves, cruellement.
Soudain, l'aveu d'Horace, ponctué d'un haussement d'épaules nonchalant, éveille un certain intérêt à son esprit, et la sorcière l'observe curieusement. Le concierge de l'école, animagus, voyageur, cultivé, optimiste, serait terrifié - lui aussi. Elle hoche la tête, un peu surprise, incapable de décider de croire qu'il dit ça pour qu'elle se sente moins seule, ou s'il le pense vraiment. Silencieuse, Alison traverse le grand hall et s'approche des escaliers. Elle s'attend à ce qu'Horace la congédie ici, mais il descend avec elle jusqu'à l'entrée de la salle commune de Serpentard.
— J'suis entourée, ment-elle éhontément aux abords du mur coulissant. Assumer son impression dévorante de solitude ? Non merci. Elle préfère renvoyer l'image d'une sorcière à la vie sociale bien remplie, et le clin d'œil encourageant du concierge n'y changera rien, sauf qu'il remue sans le vouloir une plaie béante dans les entrailles d'Alison. Bonne nuit Horace, souffle l'adolescente avant de prononcer le mot de passe, et de disparaître derrière les pierres froides du sous-sol.
Message publié le 10/02/2026 à 21:57
— Quand vas-tu jouer ? lui demande le fantôme d'Helena Serdaigle d'une voix nébuleuse.
Assise au dernier rang de la salle de musique disposée en gradins magistraux, Alison tient d'une main le manche du violoncelle contre elle, et de l'autre l'archet, qu'elle n'a toujours pas posé sur les cordes. Là, après sa bataille face à l'épouvantard et au détraqueur, après sa victoire à la sortie du grand labyrinthe de monolithes blancs, après un rapide passage à l'infirmerie, puis sa douche et la fête qu'ils ont voulu donner en son honneur (mais qu'elle a déserté discrètement), l'adolescente pense à sa mère. Jamais, répond-elle à la fille translucide de Rowena, la gorge nouée.
Ses doigts effleurent pourtant le bois de l'instrument qu'elle a délaissé ces douze dernières années, incapable de produire un son depuis la disparition de Kate Carter. Le sien gît dans un coin de sa chambre au 76 Grand-Rue, recouvert d'un linge poussiéreux. De nombreuses fois, elle a voulu s'en débarrasser, et de nombreuses fois, elle n'a pas réussi à le faire.
Ce soir, en dépit de la ferveur inconditionnelle des spectateurs, Alison se sent seule.
Ils croyaient qu'elle cherchait la gloire,
sauf que la gloire ne guérit pas ce genre de mélancolie.
Elle revoit les mêmes images en boucle, elle revit le désespoir du baiser de la créature interdite.
Helena Serdaigle flotte en face des vitraux sombres, inondés de pluie. Quoique tu penses préserver derrière ton silence Alison Carter, j'y entends le hurlement du regret, prononce-t-elle tristement avant de glisser vers le mur, jusqu'à disparaître de l'autre côté, laissant la rouquine avec son violoncelle. Ses cheveux lâchés ondulent à cause de l'humidité et couvrent ses épaules habillées d'un ample gilet tressé de laine blanche. Au bout d'un moment, elle détache son regard marron de l'endroit où la Dame Grise a disparu.
Que pense-t-elle préserver derrière son silence ?
Pas grand chose, que lui reste-t-il ? pour commencer, maintenant que son cauchemar le plus intime a été exposé aux yeux de tous, sans la moindre pudeur, sans qu'ils ne puissent en comprendre la profondeur.
Message publié le 09/02/2026 à 16:12
Autant ouvrir sa poitrine et transpercer son cœur d'aiguilles à ce rythme-là. Le sourire cruel de Spike s'imprime dans la rétine d'Alison, à jamais. Elle ne croyait pas qu'il puisse se montrer un jour blessant avec elle, pas après tout ce temps, pas maintenant qu'ils ont sincèrement partagé l'excitation, l'orgasme, l'apprentissage du corps de l'autre, le rire des loupés, l'impatience, et même la patience aussi. Mais visiblement, rien n'était vrai. Zéro respect, zéro considération, juste une vaste mauvaise blague qui bourdonne aux oreilles de la sorcière.
T'es qu'une grosse pétasse superficielle et pourrie-gâtée.
Spike Ryder le pense - touchée, coulée.
Muette, la cadette Carter érige une forteresse mentale de plus autour de son cœur meurtri. Il la singe, puis il prétend qu'elle agit comme une gamine. Alors, comme lorsqu'elle était gamine, Alison se terre dans le silence. Un silence tellement lourd que même le quasi-géant Owen avait douté d'être encore visible aux yeux de la jeune Écossaise quand elle l'avait ignoré pendant presque une année entière à ses neuf ans. Aujourd'hui elle en a seize, mais toujours un bouclier identique.
La tête haute malgré ses entrailles morcelées, elle toise une dernière fois son regard, puis s'assoit sur le canapé de profil au poursuiveur, et ressort le parchemin de son sac, sans un seul mot, sans une seule attention, puisque désormais il n'existe plus à ses yeux de toute façon. Quelqu'un qui n'existe pas ne peut pas vous faire de mal, n'est-ce pas ? Elle retient ses doigts de trembler en les posant contre ses genoux, les cils papillonnant plusieurs fois avant qu'elle ne reprenne sa lecture du planning. À peine décide-t-elle de sortir sa plume pour lister les différentes matières dans la marge, qu'une brune surgit à la porte de la salle commune. Ali ? Peut-être les a-t-elle entendu se crier dessus ? La rouquine repose sa plume, deux plaques rouges irradiant ses joues et trahissant l'altercation.
— Mh ?- Y'a ton père qu'est v'nu voir Woodcraft. Y'a des gens qui l'ont vu, prévient la Serpentard de sixième année sans prêter spécialement attention au joueur de quidditch puisqu'ils ont eu cours ensemble ce matin, et qu'il n'est pas surprenant de le voir dans les parages d'Alison. De quoi, qui ?- Bah viens à la biblio, ça s'ra plus facile. En temps normal elle aurait refusé de donner de l'importance à son père, peu importe la manière. Mais la porte de sortie est trop belle, et Spike trop présent. Alors l'adolescente enfonce son parchemin à l'intérieur de son sac et se lève pour quitter la salle commune, laissant derrière elle une relation qu'elle avait osé croire sincère.
Message publié le 09/02/2026 à 14:43
L'initiative d'Horace éveille une lueur nostalgique chez Alison. Visage fermé, elle accepte toutefois de le laisser l'accompagner vers le sous-sol du chateau, là où se cachent la salle commune et les dortoirs des élèves Serpentard. En chemin l'adolescente se tait, ignorant les portraits qui leur souhaitent de passer une bonne nuit. Ces mêmes portraits, sûrement, dévoués à murmurer au concierge les incartades au règlement et les escapades interdites des étudiants. Alison imagine qu'il sait qu'elle se planque, parfois en larmes, souvent morose, avec du pudding, des gâteaux, ou n'importe quoi qui puisse être au minimum caramélisé, et sinon au chocolat. Tant qu'il reste silencieux, qu'il balance rien à ses sœur, ça lui va, ou plutôt, elle est obligée de s'en accommoder. Probablement qu'Horace connaît aussi la réputation d'Alison, son attitude en dehors des salles de classe, ce qui se chuchote à propos d'elle ; des choses dont elle ne veut pas discuter avec lui ou Bart. Alors, elle fait profil bas, fixe la dalle de Poudlard, et marche sans parler jusqu'à ce qu'il ne l'interroge à propos du tournoi.
Sa capuche tourne en même temps que son visage lorsqu'elle jette un coup d'œil au Français. Mh ? Qu'est-ce qu'ils ont, tous, à poser cette question con ?! La cadette Carter resserre ses doigts contre la lanière de son sac. Tu s'rais pas inquiet toi, si t'étais à ma place ? demande-t-elle à Horace, un peu défiante, certaine qu'il va enrober sa réponse d'une habituelle fantaisie dont Freya et Charlie sont fans, mais qui n'opère guère sur elle désormais. Est-ce que les gens s'attendent vraiment à ce qu'elle sache, qu'elle soit sûre d'elle ?! Alison soupire.
— Ça m'empêchera pas d'faire les choses bien. J'ai l'droit d'avoir peur, et de réussir quand même, anticipe-t-elle, l'égo à vif, tandis qu'ils traversent le viaduc au détour duquel ils ont croisé le groupe d'étudiants français tout à l'heure avec Ferguson. Tu crois que j'vais m'planter ? Sa voix résonne en écho à leurs pas, en écho à ses propres doutes aussi, aux paroles dures de Spike, aux regards en biais des autres sur son passage, à ce que Poudlard semble penser d'elle depuis sa nomination.
Message publié le 06/02/2026 à 15:29
Ouais, Enzo Blanchard n'a rien de l'élégance à la française - on dirait même qu'il cherche à prouver le contraire avec son attitude exagérée et sa dégaine de banlieusard depuis leur arrivée au chateau. Les clichés romantiques sont à terre et le Champion de Beauxbâtons leur crache dessus, fièrement. Alors, venant de Spike, la comparaison blesse Alison. S'il a su la flatter toute l'année dernière pour obtenir ce qu'il voulait, les choses ont drastiquement changé. Son regard a changé.
La sorcière n'y voit qu'une désillusion de plus parmi les autres - un abandon. Derrière sa forteresse de dédain, elle encaisse des coups qui laisseront des marques, elle le sait. Sa bouche se tord face au mépris du Serpentard. Il va trop loin. C'est ça ? C'est ça qu'tu penses de moi ?! s'exclame-t-elle au milieu de la salle commune vide en se désignant d'un ongle impeccablement verni. Une grosse pétasse superficielle et pourrie-gâtée ? Nan mais dis-le, te gêne pas surtout Spike, DIS-LE HEIN ! Ses gestes sont emportés. L'amertume du poursuiveur la contamine vivement. Un instant, elle hésite à quitter la pièce pour se réfugier ailleurs, sauf qu'elle réalise rapidement qu'il aura gagné si elle cède, alors elle reste là.
— J'croyais qu'y'avait du respect entre nous putain ! Y'a rien ! Y'a rien, t'es juste vexé, et tu vois, t'affiches ton vrai visage, vocifère encore Alison, sincèrement déçue. Elle espérait pas grand chose de cette relation ; qu'un peu d'excitation, la liberté d'être elle-même, et du putain de respect. Mais c'est bien, c'est super, tu viens d'tout gâcher Spike. Casse-toi. J'étais là avant, alors maintenant tu t'casses ! Elle montre la porte, puis excédée, se laisse tomber dans le fauteuil où elle est était quand il est arrivé. Vas t'faire foutre, ajoute-t-elle froidement en levant son majeur vers lui.
Message publié le 05/02/2026 à 08:02
L'irruption d'Horace dans la salle d'étude ne surprend pas vraiment Alison. Le couvre-feu a sonné et elle connaît parfaitement la vigilance du concierge à propos du règlement ; elle devrait se trouver au dortoir avec les autres Serpentard à cette heure-ci. M'sieur Milbourne, souffle-t-elle en lui jetant un regard adolescent sans deviner qu'il l'observe depuis quelques secondes déjà. Peu importe ce qu'il prononce ensuite, l'objectif est le même : renvoyer la rouquine aux cachots pour fermer sa ronde et rentrer à ses appartements.
— Mission terminée Sir. Elle recule sa chaise, instaurant volontairement une distance sociale entre elle et le concierge qui l'appelle Mademoiselle Carter. Le parchemin roule sous ses phalanges jusqu'à former un cylindre propre. Ça fait des années que l'étudiante ne sait plus ce qu'elle doit attendre de Bart et Horace. Amis de la famille, peut-être, sauf qu'ils étaient moins rébarbatifs avant Poudlard.
Avant, leurs visites étaient de véritables petites fêtes au foyer Carter, brisant le quotidien morne des filles - orphelines d'une mère, et mal accompagnées par leur père. Alison se souvient les voir surgir, les bras chargés de cadeaux de voyages, de nourriture, d'articles drôles pour les faire sourire. Alors, en arrivant à l'école à onze ans, la gamine pensait avoir certains passe-droits. Il n'en fut rien, bien-sûr. Vexée, elle a nourri un sentiment de trahison - d'abandon, que n'ont jamais partagé Freya ou Charlie, au contraire. Et si aujourd'hui Alison peut affirmer que le concierge et le bibliothécaire ferment les yeux volontairement sur certaines de leurs escapades adolescentes, elle sait aussi qu'il en est de même pour l'entièreté des étudiants.
Elle range sa feuille à l'intérieur de son sac en silence, imperméable à la présence rassurante du Français. Aucun aménagement de planning ne lui a été accordé en vue de la préparation au tournoi et juste une poignée de professeurs s'est montrée proactive sur ses besoins. Finalement, et comme depuis qu'elle a 7 ans, Alison se sent seule, désespérément. Ou plutôt, elle s'enferme ? Elle n'a pas demandé l'épouvantard, elle peut faire sans, elle peut se contenter des salles vides et de ses listes interminables pour s'entraîner.
Message publié le 04/02/2026 à 10:02
Son pendentif d'une main et sa baguette de l'autre, Alison sort d'entre les ruines, le visage marqué par les épreuves qu'elle vient de traverser. Elle n'a aucune idée du temps passé à l'intérieur du dédale de monolithes blancs, elle a perdu son orientation, elle se sent étrangement vide et soudain, SOUDAIN, la foule lui explose aux yeux et aux oreilles. Hagarde, sa bouche s'entrouvre de stupeur et son regard balaye les tribunes débordantes.
Elle n'a plus l'allure du début ; ses cheveux sont moins impeccables même si sa frange est toujours tirée en arrière. Ses mains sont poussiéreuses, sa tenue tâchée aux genoux et aux coudes. Plantée là, elle a surtout l'air fatiguée, un peu essoufflée. Mais plus elle observe les spectateurs, plus son visage s'ouvre.
La sorcière réalise qu'elle a probablement vraiment gagné la première épreuve, et qu'elle est venue à bout des obstacles préparés spécialement pour mettre les trois Champions en grande difficulté. Elle respire. C'est fini ? demande-t-elle à haute voix, parce qu'elle ne s'autorise pas encore à y croire. Elle tourne la tête vers le labyrinthe de pierres et de lierres. Où sont les deux autres concurrents ? Ont-il affronté les mêmes obstacles qu'elle ? Le détraqueur était-il sous contrôle ? Ses jambes tremblent.
Le médaillon trésaille au bout de la chaîne dorée. L'incertitude rend les cris émanant des gradins angoissants.
Lorsque d'abord Enzo puis Jarah surgissent enfin, en possession chacun d'une relique, Alison souffle de soulagement. Vous avez eu l'détraqueur ? les questionne-t-elle avant que le directeur Woodcraft ne prenne la parole.
Message publié le 04/02/2026 à 09:39
Au détour d'un morceau de pierre, enfin, le centre de l'arène s'offre à elle. La Serpentard s'arrête, appuyée à la roche, et fixe les imposants monolithes en ruine bercés d'un rayon de lumière qui a percé le brouillard environnant. Au milieu, elle remarque un pilier et trois objets brillants. Shit, souffle-t-en en souriant à peine. Très vite, son regard cherche des pièges. Il y en a forcément, n'est-ce pas ? Après une brève observation, Alison réalise qu'elle est la première. Son cœur s'emballe, ses phalanges serrent Lilly Lovedoll.
— Putain, répète-t-elle en posant un pied sur l'herbe verte du terrain. Sans plus hésiter, elle s'élance en direction des trois reliques en courant aussi rapidement que possible, ses prunelles marron vissées au pilier brisé. L'adrénaline rougit son visage et gorge ses veines. J'ai gagné ? ose-t-elle tout juste penser. Rien ni personne ne saute sur la sorcière pendant sa course vers la lumière.
Presque surprise d'avoir traversé si facilement, elle peut découvrir la nature des objets qui sont en fait des bijoux ; des pendentifs, très exactement. Allez tranquille, s'encourage Alison en se forçant brièvement à inspirer et expirer tandis qu'elle jette un dernier œil autour d'elle. Toujours seule.
Elle scrute chacune des reliques et lit les écriteaux.
"Ici, on scande ton nom… mais prends le masque sans prendre la place de personne." Bien-sûr, ça lui parle, sauf que ça évoque aussi ses tourments, sa place au sein du foyer Carter, de la société sorcière, et les faux-semblants, et les reproches de Spike. Un sentiment négatif la parcourt, et l'étudiante décide de s'approcher de l'horloge. "Le temps dort : marche pour l’entendre… cours et il te glissera entre les doigts." Rien de particulier n'atteint Alison dans cette phrase, alors elle passe rapidement au troisième pendentif. "Les loges te montrent ce que tu veux trop fort : allume sans toucher, éteins sans souffler… et ne te perds pas dedans." Captivée par le cœur rouge du bijou et le crâne doré suspendu par quatre chaînes au-dessus d'une bougie sanglante, la cadette Carter hésite. Ce qu'elle veut trop fort ? C'est presque effrayant. Pourtant c'est bien cette relique qui l'appelle, celle qu'elle tient entre ses doigts salis. À côté, le cadran semble hurler qu'il n'y a plus une seconde à perdre.
Elle lance un dernier regard à la pierre jaune puis aux mécanismes de la montre, et choisit d'écouter son instinct, en emportant la relique dorée sertie d'un cœur ruby.
Où doit-elle aller maintenant ?!
Derrière les morceaux de pierres en ruines, Alison aperçoit plus de soleil encore.
Elle s'y engouffre et disparaît du centre de l'arène.
Alison a pris la dernière relique.
Message publié le 04/02/2026 à 08:55
Ça fonctionne. Alison voit la brume disparaître au bout de Lilly Lovedoll, soulagée. Très rapidement, elle peut respirer correctement, la bouche ouverte pour reprendre de grandes bouffées d'oxygène. Elle termine d'aspirer le brouillard en promenant l'extrémité de sa baguette en chêne rouge jusqu'à ses chevilles, le temps de retrouver ses esprits. Et puis l'urgence de la situation lui revient, et la sorcière n'attend pas une seconde de plus ; elle court vers (ce qu'elle imagine être) le centre du terrain.
Sauf qu'une question subsiste dans son esprit ; était-ce vraiment ça, la troisième créature ? Alors la rouquine continue de surveiller autour d'elle pendant qu'elle progresse aussi vite que possible, en dépit des épreuves qu'elle vient de traverser.
Plus forte qu'elle ne le pense, elle cadenasse les images de son épouvantard et du détraqueur loin au fond de sa tête, loin au fond des ruines, là où elle les a quitté. Elle les ignore. Elle les empêche de la hanter. Et pour cause ; sa carapace est épaisse, sa forteresse bien utile quand il s'agit de ne pas se briser en morceaux.
L'Écossaise se concentre sur les ruines, le lierre, la brume, les ombres, et tout ce qui pourrait devenir un indice de la suite.
Elle n'a pas fait tout ça pour flancher maintenant, ambitieuse, elle serre les dents.
Message publié le 03/02/2026 à 09:23
Debout au milieu de la salle d'étude, Alison fixe l'ouverture de porte qui vient d'avaler Ferguson. Il a disparu aussi rapidement que le cookie après l'avoir ramolli dans le chocolat chaud. D'ailleurs, une vague odeur de gâteau et de lait flotte autour d'elle, et lui rappelle qu'elle pourrait facilement glisser jusqu'aux cuisines pour reprendre du sticky toffee pudding, s'enfermer derrière une tapisserie du troisième étage avec les balais d'Horace, et tout manger en oubliant le reste du monde.
Elle pourrait. Mais ça fait déjà 9 jours qu'elle tient depuis la précédente crise.
Ses pensées voguent, du moelleux au caramel vers l'attitude étrange de Gus, vers les résultats de leur devoir, et enfin vers le tournoi. Elle n'a pas envie de penser à ça. La bouffe l'aiderait. La bouffe l'aide toujours, au début - manger, c'est oublier ; c'est consommer une émotion trop difficile à regarder en face. Sauf qu'après, elle a honte, elle regrette, elle le sait très bien.
Toujours droite, l'adolescente phase. Dans une semaine, ce sera la veille de la première épreuve. Elle est loin de se sentir prête, peut-on seulement se sentir prêt au Tournoi ? En voyant Enzo et les Français se pavaner au milieu du chateau, elle jurerait qu'elle a pris la place de quelqu'un d'autre. De Spike ? Est-ce qu'elle va se ridiculiser devant l'école entière ? L'étudiante soupire lourdement et retombe, assise sur une chaise. Ne pas manger, c'est affronter ses émotions. Elle ressort son planning de préparation et le parcourt encore d'un regard accablé.
Il est largement rempli depuis sa discussion houleuse avec le poursuiveur des Catapultes. Ici et là, on peut voir des annotations rajoutées, des mots supposés lui rappeler de relire tel ou tel chapitre de livre, des révisions à n'en plus finir, des heures de sport, et zéro minute pour souffler.
Elle soufflera après vous savez.
Au moins de juin sûrement.