



16 ans Sang-Pur Suédoise Notoriété
Ah. Visiblement, la seule métamorphose que Julian maîtrise, c’est celle qui ne se contrôle pas. La blonde gonfle ses joues, pince ses lèvres entre elles. Elle tapote ses pommettes, comme pour se concentrer. Ce n’est pas perdu, ce n’est qu’un premier essai. Tout le monde ne réussit pas quelque chose du premier coup. Rosenberg l’a bien prouvé aujourd’hui de toute manière. Il lui faut parfois un premier lancer raté pour que le deuxième touche sa cible. Les entraînements servent à ça, spécialement aujourd’hui. Elle ne sait pas trop si le tournoi lui sera accessible, mais il faut qu’elle puisse au moins donner tout ce qu’elle a, ne serait-ce que pour y prétendre.
Soupir. Ses yeux observent les autres. Elle s’éparpille quelques secondes, regarde les échecs de chacun. Pour l’instant, pas de génie de la métamorphose dans la classe. Dommage, c’est toujours intéressant d’observer en action ces gens-là. Le professeur a de l’expérience, donc c’est toujours fascinant quand il fait des démonstrations. Mais les petits prodiges, eux, c’est différent. C’est comme si la magie leur glissait entre les doigts, qu’ils la maniaient avec une délicatesse si parfaite qu’on a la sensation qu’ils sont les élus de quelque chose. C’est impressionnant, et parfois agaçant. Du moins, pour Julian, ça l’est. On pardonne tout, au génie, non ? Parce qu’à défaut de comprendre les autres, elle aurait aimé pouvoir avoir une véritable raison qui fasse d’elle quelqu’un de différent. Pas juste une question sans réponse.
Elle relève sa baguette, ferme les yeux. Elle fait le vide dans son esprit, sent la magie crépiter dans son corps et sur le bout de ses doigts. Elle se concentre autant qu’elle peut, malgré l’agitation de la salle et les essais de chacun. Il faut tenter à nouveau, quitte à retomber encore et encore. Les sorts de haut niveau demandent du temps et de l’expérience, alors elle est bien décidée à le prendre. Qu’importe ce que peuvent penser les autres, il faut bien passer par là. Mutante Clypeus !
Le bouclier inverse l'effet, et au lieu d’annuler les projectiles, il les transforme en spaghettis trop cuits, qui s’écrasent mollement sur elle dans un bruit désagréablement humide. En quelques secondes, elle est recouverte d’un amas pâteux et dégoulinant, comme une victime d’un mauvais lancer de nourriture à la cantine. Je rêve...