Harry Potter RPG
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Charli Blackburn

12 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Salle des trophées, Samedi 23 Septembre 2124

Il te faut qu'une poignée de secondes pour comprendre qu'on est sur tes talons. Poussé par l'adrénaline, un rire silencieux qui t'étire des lèvres gamines, tu te presses dans un couloir, puis un autre, et encore un autre. Bien sûr tu es bien loin de connaitre encore toutes les facéties que le château peut bien réserver aux jeunes garçons de ton espèce, et tu suis les rangées d'armures qui ont, jusqu'ici, été ton unique repère pour trouver la salle des trophées. Il s'avère pourtant rapidement que la route empruntée n'a rien à voir avec celle prise à l'allée. En fait, tu as presque l'impression de tourner en rond, alors que derrière toi retentit la voix d'une sorcière que tu t'imagine, avec un genre de frousse dénuée de véritable peur, préfète. Dans la précipitation, tu bouscule un chevalier, ne prête guère attention à la manière qu'il a de tourner la tête vers toi.

Mais une main, bientôt, t'attrape, et malgré la puissance de tes jambes, les doigts serrés autour de ton bras mettent un arrêt définitif à ta fuite. Tu te débats pourtant encore plusieurs secondes, habitué des corrections rustres de tes grands frères lorsque tu les fais tourner en bourrique. Peine perdue. La fille te tient. Essoufflé, les pommettes rougies et les yeux un peu hagard, tu fais face, tes boucles brunes étalées pêle-mêle autour de ton visage, pointant par endroit dans quelque direction étrange. Ton regard se fait défiant alors que de ton autre main tu attrapes la sienne et pince, fort, la forçant à lâcher prise. Un seul pas de recul alors que tu la dévisage et constate à retardement qu'il ne s'agit pas d'une préfète, mais d'une élève plus jeune. Elle tousse encore et encore, t'observe comme certains professeurs mécontents de tes réponses en cours.

- Horace ? C'est qui Horace, tu demande plutôt que de répondre, complètement sur la défensive.

Bon. C'était pas prévu qu'une fille se prenne la bombapoudre. Mais c'est honnêtement un peu marrant de la voir entièrement couverte de blanc. Alors tu te pinces les lèvres et t'échappes un rire involontairement alors qu'elle tousse encore.

- C'est bon c'était juste un défi, tu balances avec assurance. T'vas pas l'dire hein, tu réclames soudain un ton plus haut, en t'approchant un peu. R'garde ça part facile.

Tes mains minuscules viennent tapoter un bras de la fille, faisant s'envoler une nuage de poudre blanche qui vous enveloppe tous les deux. Tu tousses à ton tour, étrangle un rire. Ce n'est qu'au bout de plusieurs secondes que tu remarques les écritures sur le tee-shirt qu'elle porte, et tes yeux s’écarquille tout rond avant que tu ne brailles :

- HAN C'EST LE MAILLOT DE L'ÉQUIPE NATIONALE D'ÉCOSSE ?!

Bien sûr, les Catapultes de Caerphilly sont bonnes, mais c'est à rien à côté de l'Équipe Nationale d'Écosse. Même que Charli les a jamais vu jouer, mais il a vu des figures de certains joueurs dans les So Quidditch que lui refile Elliot quand il a fini de les lire. Ils sont bons. Mais pas assez bons pour aller battre le Canada, ou même le Luxembourg. Au moins assez pour jouer contre eux, quand même, et c'est pas rien. Charli sait qu'Elliot est fan. Alors bien sûr, il est fan aussi.

- C'EST CELUI D'QUI ? PAS MACDOUGALL HEIN, C'EST UN CON ! Il récite en trépignant.

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cardiff, centre d'entrainement des Catapultes de Caerphilly, Mardi 01 Août 2124

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Acte sexuel viteuf

C'est un examen bref, mais intense. Les plis d'une jupe tardent pas à être relevées, le dos de Kylie plaqué contre un mur tandis qu'Elliot se défait d'un geste de son jogging et de son caleçon, pour mieux lui passer entre les cuisses. Y a rien de franchement délicat dans la manière dont il s'insère en elle, rien de passionné dans leur ébat pratiquement silencieux, ponctué seulement de murmures étouffés derrière des mains fermement serrées contre la bouche de l'autre. Elliot gronde le sentiment brutal qui l'anime, vient presque le faire basculer tout entier. Il entend pas les coups à la porte, pas plus que Kylie d'ailleurs, jusqu'à ce que l'infirmerie ne s'ouvre en grand, et que la voix d'un type ne le sorte de sa transe.

 

- Bloody fucking hell !

 

Un cri de la blonde alors qu'il s'arrache à elle prestement pour remonter d'un seul mouvement son jogging, approcher d'un pas carrément énervé ce putain de Ryder.

 

- T'mates quoi, ferme la p'tain de porte mate !

- Oh la la... fuck, fuck, fuck. Elliot...

- C'est bon. Rhabille toi.

 

Elliot entraine ce débile de Spike dehors, parce qu'il a visiblement perdu l'usage de son cerveau.

 

- Dude, what the fuck, t'entres pas dans une pièce sans frapper, bordel. Il est rustre dans ses mouvements, s'éloigne à grands pas de l'endroit, comme si ce simple fait pouvait effacer la vision qu'il vient d'offrir à l'adolescent. T'as rien vu ok ? T'as rien vu. Dégage.

 

D'un mouvement il le pousse avant de repartir dans la direction de l'infirmerie avec le même pas déterminé, un peu chaloupé. Les jurons lui poussent d'entre les dents en continue. Il rentre dans la pièce avant de refermer derrière lui, s'attirant le regard paniqué de Kylie.

 

- C'est bon il dira rien ok ?

- J'pourrais perdre mon job Elliot, ça craint, pourquoi t'as pas verrouillé ?

- Pourquoi j'ai pas... bordel j'étais occupé ok ? Bon. Faut qu'j'y aille.

- Il dira rien ?

- Il dira rien.

- Merde.

- Ça va j'te dis il dira rien.

 

Elliot rajuste le col de son maillot avant de l'approcher pour lui embrasser la joue, et se barrer sans plus de cérémonie.

 

- Ta main.

- Quoi ma main, elle va bien ma main, t'as bien vu...

- L'essence dessus tous les soirs j't'ai dit.

- Ah, ouais, ouais. T'inquiète.

 

D'un geste il chope le flacon jaunâtre qui trône sur le bureau avant de partir en claquant la porte, pour se retrouver de nouveau nez à nez avec Ryder. Il reste le mater une seconde de trop, silencieux, avant de cracher un juron en gallois en se barrant.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
En retrait des habitations, Jeudi 18 Janvier 2125

Si Flynn Ryder était son ami, sans doute que sa répartie l'aurait fait rire. Sauf que y a pas cinq minutes, il traitait Flynn Ryder de sale con après qu'il l'ait dénoncé pour un délit qu'il a même pas commis. Alors Basil ne rit pas, resserre juste un peu les lèvres pour se retenir, et continue de regarder son camarade avec un air mêlant la défiance et l'incertitude. Il le regarde saisir un des bonbons pour le mettre dans sa bouche. Rien ne se passe. Le garçon hausse les épaules, et Basil relâche une respiration qu'il avait pas conscience de retenir. Il hésite qu'une poignée de secondes avant d'avancer à son tour sa main vers le sachet pour récupérer un fizbizwiz.

Le globe, coloré, reste entre ses doigts cependant, et Basil l'observe avec une intensité exagéré tandis que Flynn se remet à parler. Les oreilles rouges, il aimerait presque que l'autre se taise plutôt que de s'expliquer comme il le fait. Ça ressemble presque à des excuses. Sauf que personne s'excuse auprès de Basil Banks. Pire, Basil l'a traité de sale con, alors sans doute qu'il a pas besoin de s'expliquer comme il le fait. Incapable de savoir quoi répondre à un truc pareil, il se contente de manipuler le fizbizwiz entre le pouce et l'index, d'en détailler la texture avant de finalement, après un long moment, venir le déposer contre sa langue.

Bouche refermée, les joues rondes et les dents qui craque le contour du bonbon, il a toutes les excuses du monde pour ne pas répondre, alors. Une cascade de sensations surprend son palais, picore le dessus de sa langue, fait exploser entre toutes ses dents des saveurs qu'il serait bien en peine de nommer. Ça pique, mais pas méchamment. Ça pique d'une manière un peu absurde, un peu marrante, et il sent que ça se propage un peu dans tout son corps comme un frisson plutôt très amusant. Il a la vague impression que la pointe de ses oreilles et de son nez se mettent à trembler subtilement, mais l'impression disparait aussi rapidement qu'elle est intervenue.

Flynn a déballé une chocogrenouille, lui, et Basil ne peut pas s'empêcher d'avoir une pensée pour Lord Ribbit. Est-ce que Charlie Carter mangeait des chocogrenouilles ? Est-ce que Charlie Carter mangeait des chocogrenouilles devant Lord Ribbit ? Est-ce que Lord Ribbit en tirait l'impression que Charlie mangeait des membres de sa famille ? Les sourcils levés, les yeux un peu écarquillés comme un ahuri, il se concentre sur Flynn Ryder et sa façon étrange de s'expliquer sans s'excuser. De le faire mettre dehors d'un magasin de bonbons pour mieux lui en offrir. De vouloir dire la vérité

La vérité, c'est que Basil a tout de même traité Flynn de sale con, alors que c'en ai visiblement pas un.

- J'suis désolé pour heu... tout à l'heure, il annonce finalement.

Sa main vient attraper un second fizbizwiz, qu'il gobe vivement comme pour se donner le courage de continuer. Sauf que celui-ci n'a clairement pas la même saveur ni le même effet que le précédent, et Basil est brutalement coupé dans son élan. Ça pétille toujours, mais ça picote un peu plus que le précédent, et il sent un frisson étrange lui courir dans le dos. Ses oreilles bourdonnent légèrement, et un drôle de vertige l’oblige à se stabiliser en écartant légèrement les bras. Faire un pas en arrière. Ou du moins essayer. Parce qu’au lieu de sentir le sol sous sa semelle, il sent… rien du tout. Basil fronce les sourcils, baisse les yeux.
 

- Oh.
 

Ni paniqué ni fondamentalement émerveillé, Basil a l'air neutre, presque blasé, comme si son cerveau refusait encore d’accepter ce qu’il est en train de voir. Ses baskets ne touchent plus l’herbe. Son corps entier semble léger, comme s’il était vidé d’une partie de son poids. Un autre frisson lui parcourt la nuque, et il bouge légèrement une épaule pour tester l’effet. Son mouvement le fait monter d’un cran.


- Oh.


Cette fois, l'information semble avoir monté au cerveau, et il a les lèvres qui s'étirent avec un mélange d'amusement et de légère confusion. Ses bras battent un instant l’air, et il sent un léger déséquilibre qui lui fait perdre quelques centimètres d’altitude, avant qu’il ne rebondisse doucement comme une foutue bulle de savon. Il rit, d'un rire un peu enfantin pour un garçon de treize ans, Il tend une main vers le sol, comme si ça allait l’aider à se retenir d’une quelconque façon. Évidemment, ça ne sert à rien. Il flotte. Pas haut. Quelques centimètres seulement, pour l’instant. Il se tord le cou pour observer Flynn, le fixant avec une expression joyeuse. Il fait un mouvement plus brusque pour tenter de reprendre le contrôle, mais l’élan est trop fort : il monte d’un coup sec de trente centimètres, comme un ballon mal attaché. 


- Heu...
 

Sa main cherche un point d’appui, en vain. Il jette un coup d’œil aux alentours, les jambes repliées sous lui, les doigts crispés comme s’il s’attendait à être propulsé dans la stratosphère d’une seconde à l’autre.
 

- J'sais pas pour la gigue ou les canaris, mais celui-là a l'air de vouloir m'envoyer directement dans l'espace, c'est normal ?

C'est que c'était marrant au début mais il a pas prévu de devenir un satellite. La panique monte juste un peu, sans trop prévenir alors qu'il réalise que l'effet ne s'estompe pas, pas comme avec le bonbon précédent. S'il s'envole Flynn va le rattraper pas vrai ? Parce que c'est pas un sale con, finalement. Les yeux grands ouverts, Basil se met à tournoyer inutilement, prenant encore un peu de hauteur.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Un seul sourcil se hausse alors que le russe s'emballe contre la communauté britannique toute entière. Un animal sauvage. Voilà à quoi ressemble Sasha Shevchen. Une créature extirpée d'une guerre pour être projetée dans le confort d'une école, l'arme à la main. Anya a un mouvement de recul lorsqu'il s'avance, involontaire, ainsi qu'un juron qui s'extirpe d'entre ses dents serrées. Elle n'a plus guère suivi le conflit comme elle l'aurait voulu, depuis qu'elle a été éjectée du pays. La presse ne traverse pas les frontières. Ou alors sous la forme de mensonges. Apparemment, il y aurait eu une mission d'envergure déployée sur le terrain. Un mouvement politique qui annonçait la couleur : l'Europe ne tolèrerait pas que l'on laisse des sorciers n'ayant pas atteint la majorité se battre dans une guerre qu'ils ne sont pas en mesure de comprendre, où dans laquelle leur position est imposée. Systématiquement, tout combattant trouvé n'ayant pas dix-sept ans s'est vu forcé de battre en retraite, et d'être expatrié comme tous les autres.

 

Elle le savait avant d'avoir posé la question.

 

- XОРОШИЙ. Bien, elle se contente de répondre en prétendant n'avoir pas eu ce réflexe de recul, n'avoir pas eu peur face au russe, alors qu'il s'emportait au milieu du couloir.

 

Le regard noir demeura fixé sur la silhouette massive du garçon, et quelques instants elle sembla peser le pour et le contre de s'en aller sans demander son reste. Mais pour une raison ignorée, elle resta. Dans un silence étrange qui sembla les envelopper et les isoler du reste du château. Les mains à ses poches, Anya guettait, bien qu'elle ne sache pas quoi exactement. Le profil taciturne d'un élève qui ne brillerait probablement pas en cours, tant il serait la cible de sa propre impatience, ou de son impérieuse impulsivité. Les poings serrés dont il semblait ne pas vouloir se départir. La courbure d'un dos qui semblait ployer sous une étrange culpabilité, à moins que ce ne fut sa manière d'être sur ses gardes. Il semblait à la fois calme, et dangereux, dans cette poignée de secondes éloignées du bruit. La sorcière jeta une œillade vers le bout du couloir, parée à s'en aller, le laissant isolé au sommet de l'école pour mieux rejoindre la fraîcheur de son cachot. Mais il parla, alors, et elle resta donc le guetter.

 

Aussitôt que la réplique fusa, ses lèvres se scellèrent en une ligne étroite.

 

- Pré-Au-Lard, elle corrigea dans un anglais parfait. Eсли у вас есть принимающая семья, дом, именно они должны подписать разрешение. Вы отправляете им письмо, они вам присылают подпись, это хорошо. Si t'as une famille d'accueil, un foyer, ce sont eux qui doivent signer l'autorisation. Tu leur envoie un courrier, ils te renvoient une signature, c'est bon.

 

Bien sûr qu'elle n'avait aucune famille. Aucun de ceux qui s'étaient vus exportés de Russie n'en avait, sur ces terres. Que croyait-il ? Anya ne daigne pas même répondre à la question, insolente, irrespectueuse. Si on l'avait laissé se battre... Peut-être aurait-elle tiré son frère du mauvais pas qui avait mis fin à ses jours. Peut-être aurait-elle fait la fierté de son père. De sa mère. Mais non. Non, les femmes ne se battent pas. Les femmes s'éduquent pour ne rien faire d'autres que servir les hommes, ces mêmes hommes qui les accusent de manière menaçante de ne pas comprendre ce qu'ils vivent, eux, dans leur existence d'homme. Sa haine envers Sasha lui fait soudain l'effet d'une chape de plomb. Il aurait pu être son frère. Il aurait pu être son frère, en vie, ramené de force au sein de Poudlard pour terminé une scolarité dont il ne voulait rien. Pourquoi Sasha Shevchen, et pas Pavel Nikitovitch, mh ?

 

- Визит окончен. La visite est terminée. Bye, Sasha Shevchen.

 

Menton dressée, Anya le plante là, au milieu du couloir. 

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Le domaine de Poudlard avait beaucoup à envier aux hectares entiers qui cerclaient Koldostoretv. L'enceinte ne laissait guère l'embarras du choix quant aux endroits où se poster pour ne pas être dérangé. Encore là, ce n'était qu'une question de temps avant qu'un élève ou qu'un groupe entier ne vienne dérober le silence. Anya prenait grand soin de chérir les maigres instants qui lui permettait, ponctuellement, de trouver la solitude. Sereine, elle ne manquait pas profiter de n'importe quel rayon de soleil venu courber l'horizon du matin, pour s'enhardir d'une promenade au milieu du parc. Le plus souvent, c'était le genre d'escapade qui s'échouait contre la rugosité d'un tronc imposant, à feuilleter quelque livre emprunté à la bibliothèque, ou à réviser pour un prochain examen.

 

Ce matin ne faisait guère exception à la règle. Une chaleur timide s'était immiscée entre les habituels nuages grisonnants de l'écosse, berçant le paysage de splendides couleurs automnale qui l'avait poussé à s'extirper du cachot. Anya n'avait mis que quelques minutes à trouver refuge entre les racines imposantes d'un figuier sauvage particulièrement dense. Un simple sortilège la protégeait bien sûr de la rosée glaciale qui n'aurait pas manqué, sinon, tremper son uniforme. Dissimulée en grande partie par les larges branches encore garnies en ce début de saison, la sorcière s'était sentie, sereine, en sécurité. La tranquillité, au château, était une chose rare dont il fallait savoir profiter dès lors qu'elle se présentait. Prise par les lignes manuscrites rédigées de sa propre main, elle n'avait pas tardé à relever la tête pour retracer de ses pupilles noires le trajet d'une lumière orangée nappant la pelouse alentour.

 

Moscou n'avait jamais su offrir de tel spectacle, mais Kodostoretv, si. Entre ses immenses pins, aube comme aurore étaient capables d'apaiser n'importe quelle âme, ses lueurs déployées entre les troncs de la forêt privée dans laquelle pouvaient courir les élèves le matin, ou miroitées sans fin sur la rivière qui la scindait en deux. Combien d'heure y avait-elle passé, avec ses amies, à discuter de rêves interdits ? Les éclats de rire lointain de ces poignées de souvenir semblait faire écho dans le silence assourdissant de cet instant précis, alors qu'elle observait un parc désert à des lieues et des lieues de son pays d'origine. Bientôt la jeune femme s'était redressée pour s'avancer, presque timidement, jusque baigner dans la lumière. Les paupières closes dressées vers le ciel, elle sent la chaleur lui caresser la peau, à la manière d'une mère qui aurait embrassé son enfant.

 

Une fois n'est pas coutume. Anya s'était installée là, en tailleur, déployant un nouvel enchantement pour la maintenir au sec, avant de reprendre sa lecture. 

 

Ce n'est que plusieurs longues minutes plus tard que sa tête se tourne, brusquement, comme prise d'un sixième sens étrange, dans la direction de l'est. Ses iris, virés à l'ambre presque flamboyant, croisent ceux d'un autre élève, tapi là comme un prédateur. Une angoisse fugace la prend aux tripes alors que tout son corps réagit à la présence qu'elle n'a pas entendu arriver, et elle s'en détourne la seconde suivante pour retrouver une composition. Voilà. L'instant est gâché. Comme des centaines d'autres auparavant. Les longues boucles sont agités alors que de nouveau son attention se porte sur le fourrée, ou elle perçoit maintenant qu'elle y regarde plus attentivement, la pointe d'une chaussure, et bientôt ce qui semble être le corps allongé d'un étudiant aux traits finalement familier.

 

- чудак weirdo, elle siffle entre ses dents en refermant son manuel d'un claquement sec pour prendre de la hauteur. Qu'est-ce que tu fous planqué là ? T'as arrêté de jouer les chiens chiens de Carter ? Elle balance en s'avançant d'un pas déterminé.

 

L'égo a pris un coup. Anya déteste être prise par surprise. Encore plus par un type aux manières aussi rustre, qui saurait pas passer inaperçu même en essayant. Alors forcément. Forcément, elle mord. L'observer de tout là-haut a quelque chose de sécurisant qui lui fait oublier momentanément qu'elle n'avait plus aucune idée de ce qui l'entourait pendant plusieurs longues minutes. Son père n'aurait pas été fier d'un tel fait. Son père aurait eu honte.

 

- Tss. J't'ai dis de te fondre dans le décor, Sasha, pas de tremper ton cul dans la rosée.

 

Il perd pas de temps pour les filles, mais pour le reste il est visiblement à chier. Déjà qu'apparemment il suit les cours des cinquième année. Pas qu'elle se soit renseigné. C'est le genre d'information qui circule. Son égo à lui aussi, doit prendre un coup, de se retrouver au milieu d'adolescents plus jeunes que lui, à embrasser une pimbêche qui pense qu'a sa frange.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

De sa hauteur, Anya domine entièrement Sasha, et elle se contente de hocher la tête pour approuver une réponse qu'il crache aussi brutalement qu'elle a posé sa question. Bien. À la mention des filles, cependant, un poing se serre et se déserre involontairement tandis qu'elle secoue la tête imperceptiblement, un juron entre les lèvres pratiquemment inintelligible.

 

- Bullshit.

 

Elle n'en a jamais entendu parler. En fait, de son école, elles n'étaient qu'une poignée à avoir annoncé vouloir se battre, le reste se réfugiant derrière l'interdit gouvernemental pour se rassurer sur le fait qu'elle n'en avait guère ni l'ambition, ni l'envie.

 

- Samara.

 

C'est le seul nom qu'elle avait retenu. Le dernier où Pavel avait mis les pieds, avant qu'on le considère mort au combat. Avant cela ? Il y en avait eu d'autres, certainement. Probablement avait-il combattu à Rossoch, ou était mort leur père avant qu'il ne parte lui-même sur le front. La Division envoyait ses soldats partout où les tensions devenaient trop brûlantes, pour des missions toujours plus périlleuses dont la presse ne parlait pas toujours de manière très détaillée. Tout au plus les lieux du conflit, la liste des soldats tombés sur le front, les actes les plus héroïques dédiés à l'avancée du FMU. Anya détenait dans ses effets personnels une médaille du parti, décoration d'usage léguée à la famille lors du trépas d'un officier. Elle n'avait rien pour lui rappeler Pavel, cependant, que le nom d'une cité depuis longtemps détruite. Son seul honneur était encore de ne pas avoir été considéré déserteur.

 

Aucun des combattants de Samara n'avait été considéré comme déserteur : le point noir du pays avait exterminé trop de jeunes pour que l'on considère jeter la menace d'une trahison nationale à la tête des familles des victimes.

 

- Ça importe pas, , elle déclare subitement en dardant ses yeux noirs sur le visage du sorcier. Ça importe pour qui, et pour quoi.

 

Les raisons qui avaient poussé Pavel a quitté le foyer, à rejoindre les rangs de la milice pour imiter un père qui leur avait toujours appris à se battre pour les principes de leur immense pays, étaient ce qui déterminait son honneur dans la mort. Au-delà de ne pas être un déserteur, il avait été un soldat dévoué. Cela, rien ne pourrait le lui enlever, pas même Samara.

 

- Я читал, что мы ночью отбили Бровары. Скоро, Киев. Вы увидите. J'ai lu on a repris Brovary dans la nuit. Bientôt, Kiev. Tu verras, elle énonce avec une fermeté implacable, et une absurde fierté. Если хотите, я могу поделиться с вами газетой. Не тот, что здесь. Они ничего не говорят. Это страны. Si tu veux je peux partager la gazette avec toi. Pas celle d'ici. Ils racontent rien. Celle du pays.

 

Les numéros de l'Unificateur s'empilaient dans la malle de son dortoir, religieusement.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Anya l'observe étrangement, de biais, comme s'il venait de sortir quelque chose de particulièrement stupide.

 

- Мне нравятся остальные, я плачу подписку. Это не ракетостроение. Je fais comme les autres, je paye un abonnement. C'est pas sorcier.

 

L'expression n'avait rien d'humoristique, entre les lèvres implacables de la jeune russe. Elle ne s'était guère attendue à la réaction de Sasha, qui s'animait soudain, déballant davantage de mots qu'il n'en aura prononcé depuis leur première rencontre, ou presque. Elle crache par terre à la mention de l'Union Nocturne, ces traîtres kazakhs.

 

- Они испортили все, что могли. Мы потеряли Сызрань, говорит она. Не вдавались в подробности, но ОДИН принял это как данность на двух полных страницах, там все имена людей, которых надо убить за разрыв союза две тысячи сто три. Пусть сдохнут. Ils ont fait foirer tout ce qu'ils ont pu. On a perdu Syzran, elle énonce. Ils ont pas détaillé, mais l'UN en a pris pour son grade sur deux pages entières, y a tous les noms des hommes à abattre pour avoir rompu l'alliance de 2103. Qu'ils crèvent. 

 

L'excitation palpable de Sasha lui rappelle brièvement la vigueur de Pavel dès lors qu'il évoquait leur père, et la guerre à laquelle il participerait bientôt. La guerre de laquelle il ne reviendrait pas. Anya lève le menton, comme prise d'un élan patriotique, avant de placer une main presque solennel sur l'épaule de Sasha. Elle est retirée dans l'instant suivant, n'en laissant aucun souvenir tant le geste avait été rapide.

 

- Ну давай же. У нас есть время до завтрака. Viens. On a le temps avant le petit-déjeuner, elle l'invite d'un mouvement.

 

Le besoin qu'elle avait eu de se tenir éloigné de l'ensemble de ses camarades s'évanouit comme neige au soleil, alors que le regard de Sasha semble comme s'illuminer à la perspective d'avoir des nouvelles du conflit. Il avait été le seul, jusqu'ici, à l'évoquer. Les autres étaient trop jeunes, ou trop réservés. Certains n'en avaient même rien à faire, et se plaisaient dans cette nouvelle vie, à prétendre n'avoir rien à faire que des devoirs. Anya les abhorrait plus encore que tous les autres. Sasha lui, avait combattu. Il avait fait avancer le FMU, et massacré peut-être certains des membres du VAL. Sans doute n'avait-il pas combattu beaucoup, car il n'avait que seize ans, et qu'on ne pouvait guère combattre avant cet âge - comme Pavel s'en était souvent plaint. Mais il comprenait mieux que beaucoup d'autres ce qui importait réellement, même dans ce trou paumé d'une Écosse glaciale.

 

Le pas déterminé, Anya s'avance pour retrouver le sentier qui les mènera au château, et bientôt dans les cachots - loin des rayons paresseux du soleil qui continue de se déployer sur l'horizon.

 

- Я собираюсь отвести их в пустой класс перед общей комнатой, я не хочу, чтобы другие задавали вопросы. Люди здесь спрашивают, не желая знать, просто чтобы поговорить и сказать что-нибудь между занятиями. Je vais les apporter dans la classe vide en face de la salle commune, j'ai pas envie que d'autres posent des questions. Les gens d'ici ils demandent sans vouloir savoir, juste pour parler et raconter n'importe quoi entre les cours.

 

L'an dernier, Anya s'était confié à une élève de sa classe au sujet d'un article paru la veille. L'autre avait déformé tout ce qu'elle avait dit pour inventer que les russes utilisent des arbres entiers qu'ils affutent comme des lances, et qui transpercent des armées entières. Idiote.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

D'aucun disent que tu n'es jamais sortie avec la moindre fille, comme cela ne pouvait guère t'intéresser. Permet moi d'en douter. Tu joues l'inaccessible, voilà tout. N'ai-je pas déjà longuement révélé combien j'exige l'inaccessible ? C'est ta dernière rentrée, après cela je n'aurais plus la moindre chance, ou cela n'aura simplement plus la moindre importance. Dans le micro-univers de Poudlard, ce qui peut bien se passer au dehors n'a pas de signification. L'essentiel se déploie dans le long cheminement de rumeurs qui courent les couloirs et les classes, jusque s'endormir dans la pseudo-intimité des dortoirs. Le pouvoir appartient à celui qui la fait naître, tu ne le savais pas ?

 

Mon regard se perd sur les contours de ton profil, alors que tu te perds dans le cœur d'un livre qui semble si prenant que tu ne t'en es pas détourné une seule depuis plus de quinze minutes. Une plume immaculée m'effleure les lèvres à un rythme régulier tandis que je songe éveillé à la meilleure façon de faire ployer celui qui n'est connu que pour garder ses distances. Je suppose que tu m'as toujours un peu attiré, avec ton élégance naturelle. Dommage que tu ne sois qu'un sang-mêlé, car j'aurais pu m'imaginer plus avec toi qu'une simple rumeur jetée au milieu des couloirs. Aisément. Cependant, ta famille se résumé a bien peu de choses face à la mienne, et je devrais me contenter d'un petit jeu de chat et de souris. Ne te fais pas d'illusion. Malgré tes airs assurés de prédateur, c'est bien toi, la souris.

 

D'un seul mouvement, je fais claquer le manuel de métamorphose qui n'occupe que la table faute de mon attention, avant de me redresser de mon siège. Beckett n'est nulle part en vue, et je compte bien profiter de notre solitude récemment acquise. Tu n'as pas même remarqué le départ du reste de ton groupe d'études. Tu remarqueras mon arrivée, c'est certain. Elle est soignée. Une mèche blonde repassée derrière une oreille, mon uniforme parfaitement ajustée bercée d'un côté et d'un autre, mes souliers qui claquent avec une détermination dont tu n'oserais même pas rêver. Lorsque je vais quelque part, je n'hésite jamais.

 

- Lyle Sørensen. Tu es le petit-fils de Oswald Sørensen, c'est bien ça ?

 

Je n'en ai pas le moindre doute, évidemment, mais la courtoisie est dépeinte sur mon visage tandis que je viens siéger à ta table sans attendre ton invitation.

 

- Viviane Valcourt. Mais tu le sais déjà, je présume. Mon grand-père a travaillé avec le tien. Comprenez qu'il l'a vêtu, non qu'il a joué les renifleurs de mages noirs. Il m'a fait comprendre que je devrais me présenter avant que tu ne quitte Poudlard. Alors je me présente.

 

Une main est tendue, rigide et sûre, mon sourire minaudeur appuyé sur une joue, une nouvelle mèche ramenée derrière l'oreille. Tu as perdu ton ami, récemment. Je le sais, comme je sais beaucoup d'autres choses sur toi. Je suis préparée à cet entretien. Ce challenge. Tu ne l'es probablement pas.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

- De l'état, fut sa seule réponse, acérée comme une lame.

 

L'évidence même, non ? C'est comme cela que survivait tous les nouveaux petits pensionnaires de Poudlard. Avec l'argent que l'état russe leur envoyait, en récompense de l'effort de guerre mené par les familles qu'ils avaient perdu. Anya avait la chance de bénéficier d'une rente plus importante que celle de certains camarades, en ce que son père avait été un officier. Ce n'était qu'un maigre revenu, qui suffisait toutefois à se payer la venue d'un journal chaque matin, entre autres choses. La mère patrie veillait sur ses expatriés, dans l'espoir d'un retour dès que les circonstances le permettront. Les garçons viendraient enfler les rangs de la milice, et les filles combleraient les postes qu'ils ne pourraient occuper pendant ce temps.

 

Anya se garda de rappeler à Sasha qu'elle ne l'avait aucunement invité à entrer dans la salle commune des serpentard, encore moins dans son dortoir. Encore heureux que tu m'attende dans la salle, qu'est-ce que tu t'imagine ? Semblait dire son regard alors qu'elle l'abandonnait pour s'engouffrer dans la large pièce de pierre froide orné des couleurs de sa maison. Elle n'accorda guère le moindre regard aux élèves présents, ou peut-être brièvement au groupe de filles de cinquième année qui gloussaient dans un coin. Alison Carter avait ce tique affligeant qui la voyait régulièrement passer les doigts dans sa frange, comme pour en arranger la tenue.

 

De l'autre côté de la pièce, Viviane et sa cour, qui semblaient en proie à la même maladie compulsive, les lèvres ornées de carmin planquées derrières des mains manucurées pour dissimuler des rires qui n'avaient rien ni de jolis, ni de sincères. Parfois, Anya avait la vaste impression de déambuler dans une immense pièce de théâtre dont on aurait omis de lui laisser le script. Là le déploiement d'un mystérieux coup de hanche, ici la conjugaison d'expressions vaines et de jurons millimétrés pour descendre quelque professeur, ou quelque élève accoutré de la mauvaise façon, ou ayant donné une réponse aberrante au dernier examen. Rien qui n'ait ni le moindre sens aux yeux d'Anya, ni vraiment d'intérêt non plus.

 

Pressée, elle gagna son dortoir, souleva le couvercle de la lourde malle, et en extirpa un porte-document d'une finesse exagéré pour ce qu'il contenait. Scellé d'un sortilège, il aurait en vérité du prendre plusieurs longs centimètres d'épaisseur. Elle le flanqua sous son bras avant de repartir comme elle est venue, quittant la salle commune sans avoir éveillé grande attention. L'an dernier, ses faits et gestes étaient épiés sans arrêt, mais il s'était avéré qu'il n'y avait rien à décortiquer ; Anya n'était qu'une élève pâle et maigrichonne qui plaçait toute son énergie dans ses études, et n'essayait jamais de socialiser.

 

Vlam.
 

Le paquet s'abattit sur la table occupée par Sasha, tandis que d'un coup de baguette elle allumait les torches au mur une à une. Le garçon était définitivement étrange, à se coucher dans la boue et la rosée, à rester plongé dans le noir. Anya ouvrit la pochette d'un seul geste avant d'en extirper un journal, qui en découvrit aussitôt un autre derrière. Il y avait tous les numéros depuis son arrivée sur le sol britannique ou presque ; il avait fallu plusieurs semaines avant qu'Anya ne puisse lancer l'abonnement, et recevoir ses premiers journaux. Une attente qui lui avait alors semblé interminable.  Les retrouvailles avec le vieux papier grisonnant de l'Unificateur étaient un moment privilégiées, comme un retour au pays.

 

À la table du petit déjeuner, en compagnie de son père, de sa mère, de son frère.

 

- C'est celui de ce matin. 

 

Anya s'installa sur le banc jouxtant celui de Sasha, croisant les bras sur sa poitrine. Elle paraissant d'autant plus fine à la lueur timide des flammes que dehors en plein soleil.

 

- Ils sont tous rangés dans l'ordre. Fais comme chez toi. Elle l'invita en s'enfonçant contre le mur juste derrière elle.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

La pierre permettait à la chaleur de demeurer enfermée à l'intérieur, bien qu'elle mette un temps incroyable à atteindre la bonne température. Dans les pièces inutilisées comme celle-ci, il valait ne pas l'attendre pour s'envelopper d'un enchantement corporel. Anya n'en avait pas esquissé, pourtant, se laisser transpercer par l'air glacial qui la faisait peu à peu se recroqueviller sur elle-même. Son regard perdu dans le vide, elle n'avait cure ni du silence, ni du froissement irrégulier des pages de journal que tournait Sasha. Il n'était guère surprenant de le voir si investi dans sa lecture. Lorsqu'elle avait reçu son premier numéro, plus d'un an auparavant, Anya s'était plongé à l'intérieur avec la même vivacité. Elle en avait décortiqué chaque information comme une affamée.

 

N'avait rien appris bien sûr de fascinant, mais les seuls entêtes dans sa langue natale, et les quelques avancées sur les lignes ennemis avaient suffit à lui servir de réconfort jusqu'au jour suivant, et celui d'après encore.

 

La voix de Sasha la rappelle à la réalité, et elle darde sur lui un œil presque absent avant de tranquillement hocher la tête. Il n'était pas si surprenant que le garçon n'ait pas encore touché sa pension. L'état venait en aide à ses pupilles, mais l'administration prenait son temps pour conclure chaque transaction. Les quelques lettres que plusieurs enfants cherchaient à faire parvenir en Russie étaient systématiquement interceptées, et leurs réponses parfois perdues quelque part au milieu de la manche pour Merlin sait quelle raison. L'Europe avait beau jouer son rôle de foyer d'accueil, elle n'en prenait pas moins un certain partie plutôt dérangeant qui la rendait méfiante même de gamins de la onzième à la dix-septième année. Alors Anya hausse les épaules pour toute réponse car bien sûr qu'elle voit. Ne sont-ils pas dans le même bateau ?

 

- Parle pas de ceux que tu connais pas, elle aboie brutalement en se redressant, pour mieux se lever et refermer le porte-document avec froideur.

 

Son frère n'aurait pas voulu qu'elle se batte, bien sûr, parce qu'il a toujours pensé comme leur père que sa place n'était pas sur un champ de bataille. À l'instar des autres femmes de leur pays. Il savait cependant son désir d'activement participer à l'effort de guerre, et il n'avait jamais manqué l'encourager à trouver d'autres manières de servir la nation. Anya savait que cela en passerait par des études acharnées, à Koldostoretv ou ailleurs, mais qu'ensuite elle se trouverait une place même en dernière ligne du conflit. C'était son devoir. C'est aussi ce que son père et sa mère auraient voulu. Comment osait-il remettre ça en question ? Comment osait-il lui rappeler comme tout le monde y meurt ?

 

Dressée sur ses souliers noirs, elle le fixe avec reproche, des mèches enflammées qui lui remontent jusqu'au sommet du crâne. 

 

- Je n'ai pas peur de mourir. Si c'est ce qui doit arriver, alors ce sera avec honneur. Comme mon père, comme ma mère, comme mon frère.

 

Son menton est relevé fièrement, la colère visible sur son visage pâle aussi lisse que celui d'une poupée. Le porte-document sous le bras, elle ne lui adresse pas un regard alors qu'elle s'en va sans plus de cérémonie.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Un sourire torve et mesurée me coulisse sur les lèvres, car bien sûr que tu ne relève pas la tête immédiatement. Je ne fais ni cas de la froideur de ton accueil, ni de cette réplique absurde sur mon âge. Seuls les vieux s'inquiètent de ce genre de banalité, tu dois passer bien trop de temps avec Oswald, darling. Une jambe passe par dessus l'autre, mes mains se joignes délicatement sur le bois de la table tandis que je t'observe. Mon regard finit par se détourner, comme profondément ennuyé.

 

- Sa boutique

 

La Maison Valcourt habille les plus grands, crois-tu sincèrement qu'une seule et unique enseigne se dresse dans le monde entier pour répondre aux demandes de ses clients fortunés ? Oh, c'est un test. Je vois. Tu ne peux pas ignorer mon vaste héritage d'un business qui fleurit depuis plus de dix générations, n'est-ce pas ? Tu es Serdaigle, tu ne peux guère être si ignare. Je ne te ferais pas l'injure de répondre à cette question pathétique.

 

- C'est en vue d'une collaboration, bien sûr. Il m'a dit avoir écrit à Oswald à cet effet. Valcourt recherche un visage pour sa jeune collection, que je ai aidé à designer. Je serai l'image des vêtements féminins, mais il est évident que je ne pourrais pas présenter les autres pièces. Tu as clairement le profil idéal.

 

Mes mains se sont décrochées, et mes bras sont venus se croiser sous ma poitrine pour mieux t'observer, comme te jauger. Tes traits sont si aristocratiques. D'une élégance certaine. C'est moi qui ai proposé ton nom, tu sais ? Papa m'a immédiatement demandé de t'approcher. Il me laisse prendre de plus en plus de décisions pour la marque. Il a confiance en moi. Tu devrais avoir confiance aussi. Je peux représenter un tremplin non négligeable de ta dernière année, Lyle. Je m'attends à ton refus, tu sais. C'est pourquoi je me suis permise de faire contacter ton grand-père par le mien. L'on est jamais mieux conseillé que par ses proches tu ne crois pas ?

Enfin, si l'on omet ma sœur.

 

- C'est un travail rémunéré, j'enchaine avec le ton d'une véritable entrepreneuse. Bien rémunéré, ça va sans dire - mais je tiens à le souligner malgré tout. Une journée seulement, au cœur de Paris, et le trajet est offert par la maison. Qu'en dis-tu ?

J'ai coulissé mon regard sur mes ongles parfaitement manucurés, comme pour vérifier l'état, avant de papillonner des cils dans ta direction. Mon chronomètre interne s'est déjà mis en route.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

- Oh. My. God.

- J'te jure Vee. Nan mais faut voir le type, j'comprends même pas comment elle a pu...

- Cht.

 

L'empressement sur lit sur mon visage, et tu te tais brutalement en regardant autour de toi. Parfois ma pauvre Sarah, tu ressemble à une chouette effarouchée. Tu devrais arrêter de mettre autant d'eye-liner et te concentrer sur les kilos qui te ceinturent la taille. Par réflexe, je fais claquer la langue contre mon palais en attendant qu'Alison et sa troupe de copines ait entièrement disparu pour reprendre :

 

- Il l'a forcé c'est sûr.

- Quoi ? T'es dingue !

- Tu l'as dit toi-même, faut voir le type. C'est pas une bombe mais c'est quand même une jolie nana, tu pense bien qu'elle se serait pas contenté d'un gars qui parle qu'à moitié anglais si elle avait eu le choix !

- Tu crois vraiment ?

- Je suis prête à le parier, darling.

- C'est super grave Vee.

- Y a qu'un moyen de le savoir pour de bon.

 

Tu me regarde avec des yeux ronds. Quoi tu me crois incapable de lui demander en face ? Chérie, tu connais pas ma subtilité ou quoi ? Je lève les yeux au ciel avant de brièvement secouer la tête, et de m'éloigner d'un pas distingué. J'ai toujours le pas distingué. Je sais que tu m'envies, Sarah. C'est écrit sur ton expression à chaque fois que j'entre dans une pièce. Et j'adore ça.

 

- Alison ?

 

J'ai soudainement une voix différente. La voix de la sollicitude. Vous ne voyez pas ? C'est celle que l'on utilise lorsque l'on cherche à obtenir quelque chose de quelqu'un.

 

- Excuse-moi, t'as deux minutes ma chérie ?

 

C'est-à-dire que tu devrais m'en offrir autant que je veux si je te fais l'honneur de ma présence, tu crois pas ? Je papillonne, avec cette même sollicitude, mes cils parfaitement maquillés jugent sûrement les tiens que je considère grossiers. Je nous éloigne, bien sûr, je fais paraitre le mesage important. Il ne l'est pas tant, en vérité. Qu'est-ce que j'en ai à faire que tu te laisse rouler dessus par un russe couvert de cicatrices immondes ? Non moi je déteste qu'on me raconte les choses, j'ai besoin de les savoir. Je nous estime suffisamment éloignées pour discuter, probablement pas suffisamment pour nous couvrir de regards curieux qui voient peut-être pour la première fois Viviane Valcourt adresser la parole à une cinquième année.

 

- Écoute, je voulais te dire que je suis désolée. J'ai entendue pour l'autre taré là. Chechen. Tu sais il faut en parler aux professeurs s'il t'a forcé. Tu peux pas te laisser faire comme ça.

 

Cette même sollicitude me barre le visage, couvre mon mensonge. C'est en prêchant le faux que l'on finit par savoir le vrai.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

Ils sont tous un peu étranges vous savez. Les expatriés. Les premiers sont arrivés l'année dernière, et cette année encore on en retrouve. Basil les a tous photographié, y compris la plus âgée. Anya Nikitovna. Ça lui avait pris des jours avant qu'elle n'accepte enfin, parce qu'il avait lourdement insisté, et qu'il avait fini par lui offrir en échange des gouttes de son propre sang. Étranges, tous autant qu'ils étaient. Certains moins que d'autres, sans doute, mais ils semblaient tous provenir d'une autre planète, plutôt que d'un autre pays. Ils arboraient une mine sombre, des yeux froids, portaient leur uniforme comme les elfes faisaient leurs lits : au carré. Aucun n'étaient jamais en retard en cours, ni ne bronchaient lors des demandes parfois incongrus ou même injustes de certains professeurs.

 

Ils avaient tous l'air presque militaire, comme sur les vieilles illustrations de grand-père.

 

Nikolaï n'était pas en reste. Basil était davantage intrigué par lui que par tous les autres ; peut-être parce qu'ils avaient le même âge, et que le garçon faisait partie de la même maison. À moins que ce fut la posture du sorcier qui le fascinait tellement. Il semblait par instant qu'il n'était même pas humain, tant il se tenait droit, le regard droit dans le vide, ses bras flanqués d'un côté et d'un autre comme deux éléments détachés de son propre corps. Quelques jours seulement étaient passés depuis la rentrée, mais déjà Basil s'était fixé sur un objectif simple : photographier Nikolaï pour le glisser dans les pages d'un carnet justement nommé Les expatriés. Il rédigeait un article, avait-il annoncé à certains élèves. Comme un vrai reporter. Basil avait entendu ce mot de la bouche de la professeure d'Études des moldus, et l'avait rabattu aux oreilles de sa mère absolument tout l'été.

 

- Salut Nikolaï, il se présente simplement alors qu'il approche le garçon au milieu du couloir, à la sortie du cours de métamorphose.

 

Basil avait appris de ses erreurs. Approcher sans le Mekapteur était fichtrement plus efficace que le brandir à la face des gens qu'il souhaitait photographier. Ses yeux bleus plantés sur ceux, tout aussi bleus, de son vis-à-vis, il étire un sourire peut-être un peu incertain devant la mine patibulaire qui lui fait face. Il n'a pas souvent l'occasion de le voir d'aussi près, en réalité, car le sorcier ne partage pas leur salle commune - bien que la raison soit inconnu de tous ceux à qui il avait demandé. La raison de sa venue semble tourner à l'intérieur dans son crâne, souligné d'un rouge alarmant qui le pousse à bifurquer brutalement pour plutôt annoncer :

 

- C'était pas mal comme cours hein ?

 

S'il est une autre chose à noter sur Nikolaï, c'est peut-être l'absence d'élèves autour de lui. À l'instar de Basil, se faire des amis ne semble pas être parmi ses compétences les plus fortes. Alors sans doute qu'un brin de sympathie saura évei...

 

- Attention !

 

Un bras s'élève pour écarter Nikolaï d'un projectile qui n'arrive jamais, et Basil reste le regarder comme un idiot, à jeter sa tête vers le bout du couloir, et son camarade de maison.

 

- Hum. Pardon. J'ai cru voir un truc, il annonce en passant une main sur sa nuque, gênée.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
En retrait des habitations, Jeudi 18 Janvier 2125

Plus le temps passe, moins la sensation est agréable. Il a un peu le vertige, un peu la gerbe, et le mélange est tout sauf fameux. Pis ça l'inquiète de sentir que le sol continue de s'éloigner autant. Alors il a pas vraiment de réponse à offrir à la question de Flynn. De toute façon elle est probablement rhétorique. Sûr que non ça faisait pas partie de ses plans de devenir un foutu ballon. En fait, il avait pas d'autre plan que d'ingurgiter du sucre, aussi bêtement que ça puisse paraitre. Il hoche la tête parce que ouais, ça lui va plutôt carrément de pas finir accroché sur le clocher du village. Ne serait-ce que pour les moqueries de tous les autres élèves qui le verraient hameçonné là-haut. Comme s'il avait besoin de ça, bordel. Il s'agite encore et encore, mais y a pas moyen de retrouver le moindre semblant d'équilibre quand on est plus rattaché à rien du tout.

 

Il répondrait bien à Flynn un truc sarcastique du genre que si, il va s'installer, pis refaire sa vie parmi les nuages parce que ça a l'air bien plus douillet qu'les dortoirs de Poudlard finalement, mais Basil a jamais été un gars bien sarcastique, et la vérité c'est qu'il aimerait bien que ça s'arrête toute cette connerie. D'abord parce qu'il a vraiment la gerbe, et ensuite parce qu'il commence à monter assez haut pour se dire qu'une chute sera fatalement douloureuse, et ça c'est un truc dont il aurait préféré ne pas se rendre compte. Ses yeux paniqués essaient de suivre Flynn alors qu'il tourne sur lui-même en véritable cosmonaute, le costume en moins. Il serre ses lèvres entre ses dents pour retenir une remontée un peu acide.

- J'ai l'vertige, il annonce d'une voix un peu faible parce que c'est la seule chose qu'il se sent capable d'annoncer.

Déjà sur un balai il a le vertige. Et sur un balai il se tient droit, bien à cheval, en sécurité finalement. Alors entièrement livré à lui-même à presque trois mètres de hauteur sans la moindre idée de la manière dont il va redescendre, s'il va redescendre. C'est pas comme s'il pouvait compter sur les sortilèges anti-chute des vieux comètes de l'école. Il peut que compter sur le fait que l'effet du bonbon finisse par s'estomper de lui-même, et de préférence en douceur.

- P't-être ça me foutra en avance pour le cours, il se prend à balancer en guise de consolation faiblement humoristique au sujet de la tour d'astronomie.

Ça le fait rire un peu, sauf que rire semble booster le flottement aérien, l'emportant soudainement à plus de cinquante centimètres d'un seul coup. Il a un mouvement désespéré alors qu'il balance un juron et qu'il tend sa main dans la direction de Flynn.

 

- J'te jure j'en ai pris qu'deux, il assure alors que son index touche presque un doigt de l'autre garçon. C'est peut-être pas si con l'coup des pierres. Nieeeh. T'es trop loin Flynn. 

Merde, merde, merde. Ça monte. Pis ça tourne, c'est chiant. Il va gerber, c'est sûr il va gerber. Pourquoi y a autant de vent d'un coup ? Ça a toujours été si violent, le vent ? Puis, alors qu'il sent un frisson l'envahir et que la bile lui remonte directement sur la langue, il se sent être décroché. D'un coup d'un seul, sans prévenir, la lévitation s'arrête, le laisse retomber sur le sol alors qu'il en était à plus de trois mètres. Son corps fait un bruit un peu mou alors qu'il expire tout son air et reste un peu scotché au sol. Il se sent lourd.

Un contrecoup probablement légitime alors qu'il vient d'ignorer la gravité pendant plus de trente secondes.

Ça le prend aux tripes avec hargne, et il vomit pauvrement contre les herbes qui n'ont rien demandé. La langue tirée comme un chat qui vient de bouffer une croquette périmée, il secoue la tête avant de se redresser pour s'adosser au muret. Il ose même pas regarder Flynn. La honte bordel. Alors pour essayer de redorer son blason il essaye quand même de balancer un truc, d'une voix qu'il reconnait pas vraiment :

- J'crois j'aurais préféré qu'ils soient explosifs tes trucs.

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cardiff, centre d'entrainement des Catapultes de Caerphilly, Mercredi 11 Octobre 2124

Une pinte de guiness tout ce qu'il y a de plus moldu lui accapare une main. L'autre est agité sur le son poussé par les enceintes derrière le bar. Aucun d'eux finalement n'aura commandé le moindre café. La vérité c'est qu'Elliot n'en a jamais bu, ou du peu qu'il en a bu, n'a jamais aimé.

 

- Pff, j'en sais rien. Un bail c'est sûr, il balance en s'affalant à moitié sur la table avant de se redresser aussi sec.

 

Ça a toujours été. Il est pas vraiment capable de tenir en place bien longtemps. Ses jambes écartées sur le siège - d'un confort inhabituel, mais il faut dire que l'Alambro les ensorcèle spécifiquement pour ça -, il parcourt du regard les alentours sans parvenir à se fixer ou que ce soit. Freya à côté, semble la tranquillité incarnée. Mais même s'il en a pas l'air, Elliot l'écoute. Il sait bien faire ça, ou en tous cas par moment il sait. Un sourcil se hausse légèrement alors qu'il s'envoie une rasade de bière et la repose sans délicatesse.

 

- J'déteste Connor aussi, il hausse les épaules comme si ça expliquait tout, essuie ses lèvres d'un revers de manche. 

 

En vérité, il s'est jamais entendu avec aucun de ses frères, ni avec sa sœur. Simplement Connor, c'est presque viscéral. Pas forcément parce qu'il est plus âgé. Simplement parce qu'ils ont vraiment rien à voir ensemble. Leurs caractères opposés ont toujours provoqué des disputes, d'aussi loin qu'il se souvienne.

 

- Tu l'as dit toi-même. T'étais pas comme ça. Z'êtes juste pas pareilles. T'peux rien y faire à ça t'sais, ça sert à rien d'forcer.

 

La perle de sagesse est crachée sur la table avec peut-être un peu d'arrogance. Le fait est qu'il a jamais essayé d'arranger les choses ni avec Connor, ni avec personne d'autre de sa famille. Il en a pas grand chose à faire.

 

- Oh et... Un doigt est levé en réponse à la dernière réplique de Freya. J't'emmerde.

 

C'est dit sans méchanceté, avant de s'envoyer à son tour une autre rasade de bière. Vraisemblablement, Elliot a l'habitude de les descendre sans la moindre difficulté. Ennuyé par la disposition actuelle, il s'avance, tirant sa chaise en un bruit qui s'entend jusqu'au bout du bar - particulièrement vide à cette heure.

 

- P't-être que si tu lui rappelais moins son exam de BUSE ça s'rait plus simple aussi. T'es juste trop smart et responsable pour ton bien un peu. Faut te décoincer, il annonce comme s'il venait de mettre le doigt sur le fond du problème. Ça t'dit une partie de fléchettes ? Avec tes doigts palmés ça va envoyer du lourd j'prédis, il balance avec un rire en se redressant complètement.

 

Même pas il attend la réponse pour aller réclamer un jeu de fléchettes au bar, avant de lui faire un signe de tête pour l'entrainer dans la direction de l'arrière-salle, sa guiness à la main.

 

- Allez Carter, bouge toi, t'vas voir ça va être fun. J'suis sûre tu connais c'mot.

 

C'est pas la première fois qu'il lui souligne combien il la trouve trop sérieuse. C'était un genre de mantra quand ils étaient à l'école. Mais allez Yaya, juste un soir, t'peux quand même prendre un shot ça va pas t'tuer ! La meuf en démordait pas, ou presque. Ça prenait toujours des plombes de la convaincre de faire un truc un minimum interdit. Un côté sainte nitouche qui faisait un peu bander Elliot, même s'il en disait rien. Parce que du coup quand Freya faisait un truc interdit, ça devenait vraiment épique, voyez. Les joies de la rareté.

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, près de l'entrée de la salle commune des Poufsouffles, Mardi 05 Septembre 2124

Le visage d'Horace se détend étrangement, les yeux grands ouverts et la bouche en ovale, la mâchoire décrochée d'une surprise peu être un peu feinte, un peu surjoué. Il s'abaisse un peu, juste un peu, un index porté sur le nez qui lui tapote l'arête à la manière d'un homme qui garde bien trop de secret.

- Oh, Miss Howcraft, il se peut que vous soyez parmi les premières au courant, en fait, il confie soudain dans un chuchotement, agrémentant sa réplique d'un clin d'œil.

L'idée jetée par la superbe Aingeal n'avait après tout vu le jour que dans l'intimité des salles du personnel, la réunion prévue bientôt l'introduction d'une chose qui n'avait pour l'heure qu'un nom, et l'ombre d'un potentiel qu'Horace lui prêtait volontiers. Redressé, il reprend d'une voix plus forte.

- Vous aurez plus de détails en temps et en heure bien sûr, mais comme je vous l'ai dit, tenez vous au courant. Guettez l'affichage de votre salle commune, des fois que Monsieur Bowers passe par là dans les prochains jours, ou moi-même. Horace n'avait jamais montré le moindre scrupule à venir orner la pièce de ses propres représentations sur Pré-Au-Lard, ou de quelque activité dont il avait entendu parler aux alentours. Ce que je peux vous annoncer officiellement par contre, c'est la venue d'un bal de noël en décembre. Un bal de noël Amanda, imaginez. Vous aimez danser ?

Si ce n'était pas proposé, Horace comptait bien avancer à la réunion du club quelque cours de théâtre jumelé à des cours de danse en vue de préparer les élèves à participer au bal pour de bon. C'est-à-dire que les jeunes avaient la fâcheuse tendance à se regarder dans le blanc des yeux d'un bout à l'autre d'une pièce sans savoir vraiment que faire de leurs jambes ou de leurs bras, alors même qu'une musique battante leur hurlait de se répandre sur la piste. L'amusement le plus simple semblait d'une complexité sans précédent, pour ces nouvelles générations, à moins que ce ne fut l'âge qui l'aveugle quant au réalité de la sienne alors qu'il était encore adolescent. Il a souvenir pourtant d'interactions plus vives entre les maisons, entre deux spectacles, et même pendant.

Peut-être le WAC changerait tout ça.

- Bartholomew et moi devrions ouvrir le bal. Un vieux pari d'amis, il énonce avec malice en souriant, reprenant l'ensorcellement de ses chiffons. Les bombapoudres, il s'attriste un peu trop dramatiquement pour véritablement le penser. Furieuse invention que celle-ci, je suppose que les sorciers les ont inventés avaient quelque chose contre les sortilèges de ménage dans leur intégralité.

La poudre blanche sommairement gluante s'agrippait partout, et il arrivait qu'on en trouve encore des semaines après que l'une d'entre elles ait explosé. Aucun enchantement parmi les plus basiques n'en venait à bout, bien sûr, et il fallait toujours astiquer à la moldu pendant de longues minutes pour parvenir à décrasser ce dont elles avaient été la cible. Le travail ne dérangeait pas Horace outre mesure, qui voyait dans l'espièglerie de l'enfance - car les jeteurs de bombapoudres n'excédaient que rarement les treize ans en vérité -, un regain de vie dans le château. Quelque chose qui palliait agréablement aux grimaces bougonnes d'adolescents plus âgés, et aux fantômes hantant éternellement les murs de Poudlard.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Est-ce un mensonge que tu raconte à qui veut bien l'entendre ou à toi-même, Lyle ? Tout le monde a besoin d'argent. C'est l'un des moteurs essentiels de ce monde. Mais, évidemment, j'ai bien conscience qu'il ne s'agisse pas là de ta priorité. J'en suis informée. Je réprime le sourire qui manque me tordre les lèvres à ta réponse évidente. Ton véritable intérêt se tient ailleurs. N'est-ce-pas ? Trois, deux, un. Mon regard n'a pas quitté ton faciès déjà replongé entre les lignes de ton livre alors que tu renchéris, en véritable joueur de poker. Précisément ce que j'attendais. Je me plais à rester t'observer alors que la question reste en suspens entre-nous, l'air parfaitement innocente.

 

- Lyle, la maison Valcourt habille les plus éminents, j'énonce comme une leçon que je tiens à te faire apprendre, retenant le darling qui m'aurait naturellement coulé d'entre les lèvres. J'ai l'intime conviction que ce genre de surnom ne passerait pas chez toi. Tout de même. Le réseau de ma famille s'étend bien au-delà de tes espérances. Cette opportunité n'inclue pas seulement de jolis gallions, elle implique certaines rencontres. Cela va sans dire, darling

 

Déjà je me redresse, prête à plier bagage et me rendre là où ma présence sera mieux tolérée. Déjà je semble abandonner l'idée de te voir porter l'image de Valcourt à mon côté, car tu es si aisément remplaçable, Sørensen, certains tueraient pour se trouver à ta place.

 

- La vérité c'est que je ne me tourne vers toi qu'en raison de l'historique entre nos familles, mais je comprends que tu n'aies pas forcément envie de suivre le mouvement. C'est tout à fait naturel.

 

Raven n'était-elle pas, après tout, l'exemple le plus concret de ce genre de détournement ? Jamais elle ne s'était sentie impliquée ni de près ni de loin dans les affaires dont elles devaient hériter toutes les deux. Au contraire, sa cracmol de sœur cherchait plutôt à en briser l'image à tout instant, se pressant à fricoter en terrible compagnie, affublé de tenues qui n'avaient jamais rien d'élégant.

 

- Je suis persuadée que Gary saura trouver son chemin vers un sorcier aussi brillant que toi sans que nous n'ayons besoin de vous présenter, j'ajoute avec un sourire bienveillant. Pardon de t'avoir fait perdre ton temps.

 

Le nom jeté avec nonchalance n'est autre que celui de l'ambassadeur lui-même, client régulier de son paternel, détenteur d'un faible pourcentage de parts même de la noble maison. Satisfaite de mon petit effet, je replace quelques mèches derrière mon oreille avant de prétendre trouver un intérêt sur le livre que tu semble vouloir dévorer du regard davantage que ma silhouette parfaitement apprêtée. Cela fait en vérité plusieurs minutes que j'ai noté ce que tu t'appliquais à décortiquer avec tant d'attention. Un sifflement m'échappe.

 

- Les Feudeymons ? Waw. Nous n'en sommes qu'aux révisions contre les attaques de manticore. Je comprends que tu sois si fasciné.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

Tu sais ce qui transparait le plus chez toi, Alison ? Ton absence d'élégance. Tu mets tellement d'énergie à prendre soin de ton apparence que tu en oublies les plus basiques des manières. Sans doute est-ce cela qui creuse le gouffre béant entre le statut que tu as, et celui que tu voudrais atteindre. Tu ne dois ta notoriété qu'à la célébrité d'un père depuis longtemps disparu des revues de presse, et tu n'as jamais reçu l'éducation nécessaire à faire bonne figure au milieu de la bonne société. C'est si évident. Je me contente de lever les yeux au ciel alors que tu t'épanches maladroitement en familiarité, claquant finalement ma langue contre mon palais dans une dernier esbrouffe dramatique.

 

- Tssk. Aucune fille n'a ce genre de fantaisie. Ce sont les garçons qui se passent ce genre de rumeur, Ali-chérie. Ton Sasha n'a pas du lésiner sur les détails, je prononce avec acidité. Tu te traine une sale réputation par sa faute maintenant.

 

On me croirait outrée. La vérité c'est que je viens de comprendre que s'il s'est passé quelque chose, c'est certainement de ton plein gré. Tu dois sans doute mériter cette réputation. Je vais pouvoir renforcer ces tristes rumeurs, les arranger comme il m'en vient l'envie.

 

- Je sais pas c'que tu lui trouve à ce type, mais ça me rassure de savoir qu'il a rien fait de ce qu'on raconte. Tu devrais faire attention quand même. Tu sais parfois les garçons s'échangent des souvenirs entre eux. Ils peuvent être si immatures.

 

Je redresse le menton, guettant les autres élèves de la salle commune avant de m'affaisser à ton oreille comme pour délivrer un secret d'une éminente importance.

 

- Tu sais ton Sasha il traine avec d'autres quand tu tournes le dos. L'autre jour je l'ai vu qui trainait au parc avec cette fille de l'est. Anna Nikitofna. Si ça se trouve c'est elle qui raconte ça rien que pour vous emmerder.

 

De nouveau je t'observe avec ce qui semble être mon regard le plus sérieux, débordant d'une sollicitude que ne ressent guère. Que serait une bonne école si l'on ajoutait pas un peu de piquant, me demanderez-vous ? Je n'ai rien contre cette fille, ni contre Alison Carter, mais j'aime rester maîtresse de la cour et surplomber les drames qui ne manquent jamais de pousser d'une classe à l'autre. 

 

- Si c'est ton petit-copain, j'élabore comme s'il s'agissait d'une information essentielle, tu devrais sans doute lui apprendre à ne pas trainer avec n'importe qui ou raconter n'importe quoi. Prends ça comme un conseil d'une sorcière à une autre. Je détesterais qu'on s'imagine n'importe quoi sur toi. Les gens peuvent être si horribles avec les rumeurs.

 

Mais quelle bienveillance. Accordez-moi un oscar.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Il est peut-être le premier surpris de la réussite de son sortilège. Même qu'il zieute la baguette sous toutes les coutures comme s'il voulais en percer les secrets. L'investigation ne dure qu'une bête poignée de secondes cependant, car les résidus de verre demeurent. Mis en branle, Leo récupère de quoi balayer tout ce bordel, qu'il rassemble en tas bien propet dans une pelle, avant de tout balancer à la poubelle.

 

- Ouais, ouais.

 

Le secret professionnel, il connait bien le concept. La psychomage qu'il voit chaque semaine depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne lui en a assez souvent parlé. Leo, tout ce qui se dit entre ces murs reste entre ces murs. Y en a sans doute un tas, des secrets, entre les murs de la psychomage, parce qu'elle y reçoit vraiment tout ses clients. Elle n'est pas la seule à avoir des murs qui gardent des secrets, comme Leo avait pu s'en rendre compte - souvent à ses dépends - à plusieurs occasions de son parcours professionnel. Il était interdit par exemple de dévoiler les plans de construction du prochain stade de Quidditch. Il était interdit également de prendre des clichés de modèles de balais qui n'avaient pas encore été mis en vente. L'on ne devait pas partager, non plus, la recette des sauces de la Gargotte Ensorcelée.

Bref. Leo avait bien le concept. Le problème étant que souvent, on omettait de lui lister tout ce qu'il ne fallait effectivement pas dévoiler.

- Han ! Ouais. T'fais des pâtes fantômes comme quand on était p'tits ? Il réclame comme un enfant en reposant pelle et balayette sur un plan de travail au hasard. J'peux envoyer un message à Summer si tu veux, qu'on soit tous les trois ! Le portable est dégainé - plus efficace que n'importe quelle autre méthode de communication en ce qui le concernait, car bien moins complexe à lancer qu'un patronus. Comme ça on célèbre !

Son dernier licenciement ? Sa potentielle embauche prochaine au ministère de la magie ? Difficile de savoir, avec Leo, dont les doigts sont déjà en train de courir sur le clavier. Ils s'affaissent d'eux même dès lors que le texto est envoyé.

- J'peux t'aider à préparer. Tu sais comme j'fais les course de Madame Gillespies au sixième étage là ? Ben elle m'a donné un livre et tout, et elle m'a montré comment faire sa sauce secrète avec ses pommes de terre. Paula Gillespies c'est une femme exceptionnelle d'un âge terriblement avancé. Leo lui ramène ce dont elle a besoin chaque fois qu'il va au magasin, et en échange elle lui donne des tupperwares énormes qui lui font souvent la semaine. Tu sais si ça avait été une sorcière, j'suis sûr qu'elle aurait fait une sacré potionniste. Faut voir comme elle coupe les légumes papa ! TATATATATA ! L'homme se lance dans l'imitation de sa voisine, une main en sus et place de la lame qui vient s'affaisser sur le plan de travail à toute vitesse. Tu sais qu'son mari c'était un policier ? Elle s'ra super fière si j'lui dis que j'travaille pour la ministère. Enfin j'lui dirais pas j'travaille pour le ministère. J'dirais j'travaille au commissariat tu vois.

Et Madame Gillespies blablabla, et son mari blablabla, et t'as de la crème papa ? qu'il demande en ouvrant et refermant le réfrigérateur magique à plusieurs reprises, soudainement très affairé. C'est-à-dire que le soulagement d'avoir une solution à son chômage est grand, et son énergie redoublée à la perspective de peut-être bientôt voir un badge briller sur sa poitrine, sous la direction de nul autre que le chef Ingram. Tu savais que le copain de Summer il a... Le silence est brutal alors qu'il réalise qu'il n'est pas sensé parler du copain de Summer, et il enchaine l'air de rien. AH BAH VOILÀ J'SAVAIS QUE T'EN AURAIS ! Bon j'sais plus faut quoi pour les pâtes fantômes, dis moi j'prépare t'vas voir, j'suis un pro !

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc de Poudlard, non loin du terrain de Quidditch, Mercredi 06 Septembre 2124

Anya prend le partie de ne pas se retourner, ayant pourtant parfaitement entendu l'injonction à quelques pas derrière elle. Elle est forcée de s'arrêter pourtant, lorsque le garçon qui l'a hélé débarque à sa hauteur. Difficile de l'ignorer plus longtemps. La sorcière l'observe de son regard noir, priant intérieurement pour que le sommet de son crâne n'ait pas été gagné par l'orange vif qu'elle continue de percevoir sur ses pointes. C'est peine perdue. Spike, qu'elle n'a eu aucun mal à reconnaitre à présent qu'il est planté devant elle, étire une réplique dans l'air qui lui fait l'effet d'une douche glaciale. Amère, elle se pince les lèvres. Était-ce bien nécessaire qu'il se détache de son groupe de potes pour venir lui signaler que sa métamorphomagie partait en live ? Certainement pas.

 

Les mèches subitement nuancées de rose sur le crâne du camarade la font cependant ravaler son injure, ses lèvres s'étirant même brièvement de ce qui ressemblerait à s'y méprendre à un sourire amusé. Aucun garçon, en Russie, ne s'aviserait de faire ce genre de vanne. Ne serait-ce qu'à cause du sous-entendu d'un côté féminin en leur personne si naturellement virile. Une différence culturelle flagrante que venait de piétiner allègrement le joueur de Quidditch sans la moindre hésitation, et avec une insolence qui le poussait à prendre une pose absurde bien au-delà du conventionnel scandinave. Anya secoua la tête pour observer aux alentours mais l'ensemble du groupe dont Spike s'était extirpé ne semblait pas l'avoir attendu pour continuer leur chemin vers le château.

 

Dans son pays, on l'aurait arrêté pour moins que ça, mais dans celui-ci personne n'en avait rien à faire qu'un garçon eut un côté féminin. Anya avait vu certains garçons se promener main dans la main, dans les couloirs du château. D'autres s'embrasser entre les bosquets épais du parc. Parfois même, des filles. Ça lui avait d'abord laissé une impression étrange de voir tous ces britanniques commettre chaque jour aux yeux de tous ce qu'elle avait toujours pensé être un crime. Mais on finissait par s'y habituer. Ici, les filles ne devaient pas se montrer fortes en toutes circonstances, et les garçons pouvaient agir comme des enfants sans qu'on les réprimande de ne pas être des hommes. Parfois Anya trouvait tout ça absurde, d'autres fois elle y trouvait un élan de liberté auquel elle n'avait jamais vraiment pu goûter.

 

- T'es mieux en brune toi aussi, elle rétorque finalement, ne réalisant pas qu'elle vient de troquer le masculin pour le féminin.

 

Violemment concentrée, elle pousse ses mèches à reprendre leur teinte d'origine. Ce qui ne lui aurait habituellement aucun effort lui demande aujourd'hui des secondes entières et fort pénibles pendant lesquelles elle doit se focaliser sur la teinte précise qu'elle cherche à rendre à sa chevelure.

 

- Je savais pas il y avait d'autres métamorphomages à Poudlard, elle énonce. Prends considérablement sur elle avant de poser la question qui suit, presque à contre-cœur. Tu as déjà eu des problèmes avec ? Là tu maîtrise. Est-ce que des fois... tu maîtrise pas ?

 

Admettre perdre le contrôle, voilà bien la dernière chose qu'Anya désire. Elle n'a cependant jamais croisé un autre sorcier qui subisse cette même anomalie, pas depuis qu'elle est arrivée à Poudlard. C'est peut-être l'occasion de comprendre pour quelle raison tout part en vrille, depuis quelques temps. Sa métamorphomagie n'avait jamais débordé, jusque là. Pas à ce point. Mais à présent, c'était comme s'il s'agissait d'une casserole d'eau bouillante sur laquelle elle tentait vainement de maintenir un couvercle. Son regard pourtant, ne dénonçait nullement la crainte qui la dévorait depuis plusieurs semaines : celle de subir à jamais les aléas de ce qu'elle avait toujours considéré comme une malédiction.

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Horace Milbourne

Concierge de Poudlard 67 ans Sang-Mêlé·e Française Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Dimanche 03 Septembre 2124

Ça le rend tout chose, Horace, de voir que le délire qu'aura germé dans leurs deux crânes imbéciles va finalement prendre forme. Ça a toujours été, en réalité. L'un comme l'autre se complimentent parfaitement quand il s'agit de faire avancer une idée. Que ce soit lui ou Bart, il y en a toujours un pour prendre les choses en main, l'autre suivant sans même chercher à discuter. Une danse chorégraphiée avec la précision d'une horloge, qu'ils mènent depuis déjà cinquante années.

 

- J't'ai toujours dit. On est des éternels adolescents. C'est c'qui fait tout notre charme !

 

C'est même une promesse qu'ils se sont faites. Prendre des rides oui, mais c'est tout. Le cœur lui, doit rester celui d'un enfant toujours prêt à tout pour vivre de nouvelles aventures. Le silence de la bibliothèque les cerne à présent que les étudiants sont partis, mais cela ne semble guère les gêner outre mesure. Horace se perche d'ailleurs sur le bureau de son ami, empruntant l'ouvrage sur lequel il avait été penché avant leur petite séance de carioca. Il ne le zieute que d'un air distrait, ne tardant pas à redresser la tête vers le sorcier.

 

- Miss Aisling prévoit de fonder un club. T'as su ? Le WAC. La prononciation est semblable à un aboiement, qu'il joue bien sûr en faisant mine de mordre l'air à pleine dents. Wizard Adventure Club. Tu peux me dire pourquoi on a jamais pensé à faire ça nous hein ? Il a l'air outré, même s'il n'en est rien. L'expression est d'ailleurs aussitôt remplacée par une autre, rêveuse : peut-être que je vais pouvoir donner un second souffle à Molière, suffirait de trouver une demi-douzaine d'étudiants assez motivés à l'idée de monter sur scène et hop !

 

Molière avait représenté les plus beaux moments de son collège. C'est sur les planches qu'il avait mis un terme au b... bégayant Horace Milb... bourne, pour faire place à l'intrépide personnage qu'il jouait depuis lors. Le rôle s'était fondu peu à peu en lui pour qu'ils ne fassent plus qu'un.

- On va en être hein ? C'est même pas une question. Pas plus que le fait d'en être tous les deux. Depuis quand font-ils des choses séparément de toutes façons ? Apparemment il y aura une première réunion dans une semaine. J'trouve tout ça très excitant. Le sourire est large, l'éclat dans les pupilles pétillant. Adventure Club, Bart, adventure. J'ai déjà dix mille idées de ce qu'on pourrait y faire. Je n'imaginais pas Miss Aisling lancer ce genre d'initiative, mais il faut croire qu'on a jamais fini de se faire surprendre par les nouvelles générations !

Horace se détacha du bureau, finalement, reposant le bouquin là où il l'avait trouvé avant de balayer la pièce du regard.

 

- Bon, si t'as fini ici, j'propose qu'on aille à Pré-Au-Lard terminer la journée. C'est soirée quiz ce soir aux Trois-Balais. On peut pas manquer ça.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

Si Basil avait été surpris que l'autre garçon ne connaisse son nom, il n'en avait rien montré. Du moins s'était-il acharné à ne rien montrer. Son regard s'était quelque peu écarquillé, tandis que ses lèvres s'étaient entrouvertes à demi. Il n'était pas très doué pour cacher ses émotions, en vérité. Ce ne fut rien bien sûr à côté de l'air de stupéfaction qu'il prit lorsque Nikolaï attrapa un frisbee au vol juste avant que ce dernier ne le percute avec brutalité. Basil resta bêtement silencieux à l'observer avec deux yeux ronds.

 

- Woah. T'es rapide.

 

Il n'avait bien sûr pas répondu à la question de l'autre Gryffondor, et il n'hésita qu'un bref instant avant d'hausser les épaules.

 

- Ouais.

 

Le problème voyez, c'est que les autres élèves n'étaient pas tellement fans de cet état de fait. Que Basil voit des choses avant. La plupart du temps, ils ne le croyaient simplement pas. Parfois, ils s'imaginaient que cela faisait de lui un fouineur. Quelqu'un qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas.

 

- J'fais pas exprès. C'est comme ça, il se contenta de vaguement expliquer en récupérant le frisbee tendu par Nikolaï.

- EH BASILIC !
- Uh ?
- Renvoi l'bordel. P'tain j'vous dit ce gars est allumé. Renvoi !
- Oh.

 

Basil affaissa le regard sur le frisbee avant de le balancer au travers du couloir, dans la direction du petit groupe de serpentard. L'object échoua bêtement à moins d'un mètre de lui.

 

- Oh la la mais t'es naze hein.

 

L'autre garçon récupéra le frisbee en secouant la tête, sous les rires de ses copains. Basil rougit jusque la pointe des oreilles, murmurant un vague désolé. Les élèves l'ignorèrent complètement, s'éloignant vers les escaliers.

 

- J'avais une question, il se décide finalement à énoncer en reportant son attention sur Nikolaï. Enfin ça va t'paraitre bizarre peut-être hein, t'as l'droit de dire non et tout mais enfin... j'fais ce truc... c'est comme un article tu sais, comme un truc de journaliste quoi, avec les élèves qui sont arrivés l'année dernière et cette année, à cause de la guerre. Il sait pas si la rigidité du garçon qui lui fait face, ou son regard complètement froid, mais il a beaucoup de mal à en venir au fait, bizarrement. Bien plus encore que lorsqu'il avait posé la question à Anya, et pourtant Anya était une septième année. Enfin j'me demandais si t'accepterais que je te prenne en photo ? Pour mon article.

 

Ses yeux bleus fixent Nikolaï avec espoir. Parfois, il aimerait avoir des visions sur commande. Pour savoir par exemple si on allait répondre favorablement à ses demandes étranges, avant même qu'il n'ait posé la moindre question. Malheureusement les visions n'arrivaient que dans l'anarchie et le chaos, bien souvent pour des choses qui n'avaient pas grande importance.

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

- Évidemment.

C'est à peine si je l'ai sifflé entre mes dents. Il ne faut pas s'appeler Dumbledore pour savoir que l'on ne se renseigne pas sur les Feudeymons sans autorisation spéciale. Ce n'est pas pour rien que la magie noire n'a jamais été au programme de Poudlard. J'imagine sans peine que ton intérêt a tout à voir avec la carrière dans laquelle tu te projette. Ce n'est pas pour rien non plus que j'ai mis l'emphase sur cet aspect précis de tes recherches. Ton implication ne sous-entend qu'une chose, à mes yeux. Ma proposition n'est guère quelque chose que tu peux te permettre de refuser. Une raison simple à la grossierté de mes manipulations. Que cela te plaise ou non, Lyle, il n'y avait nul besoin de subtilité dans un cas de figure tracé si brutalement, à la craie grasse.

 

La subtilité m'aurait montré sous mon vrai jour, or je préfère que tu m'imagine aisée à contrecarrer, vois-tu. La leçon numéro une lorsqu'il s'agit d'hameçonner quelqu'un n'est pas de lui faire croire monts et merveilles. C'est de lui faire croire qu'on lui apporte quelque chose de bien précis, sans qu'il réalise qu'il ne pourra plus ensuite se passer du reste - invisible sur le talon du contrat. Je prétends la gêne, alors, décroisant et recroisant mes jambes comme si tu venais de lire en moi comme dans un livre ouvert, laissant mes joues s'empourprer d'une chaleur que je ne ressens guère. C'est une comédie que j'ai appris à jouer très jeune, et dont Raven a fait les frais de nombreuses fois. Papa n'a jamais su faire autre chose que de prendre mon partie, car ma jumelle n'a jamais eu mon sens aiguisé du contrôle.

 

- C'est tout ce que je veux, j'assure en réponse à l'attention que tu me porte soudain plus intensément que dans les minutes précédentes. Ton image pour Valcourt, et en retour Valcourt pour ton image. C'est un deal équitable. L'assurance me fait relever le menton, alors que je m'avance sur mon siège pour croiser mes bras sur la table et agiter mes doigts pour y dessiner un planning imaginaire. Comme je te l'ai dit, cela ne prendra qu'une journée. Le shooting se déroule le premier weekend d'octobre, nous partirions samedi matin par portoloin, nous serions de retour samedi soir. Ton image sera utilisé pour le lancement de la nouvelle collection qui se tiendra début novembre. Gary devrait d'ailleurs être présent ce jour là, puisque tout se déroule à l'intérieur de l'ambassade. Le décor y est particulièrement saisissant, comme tu peux t'en douter. Je délaisse la table pour affuter un sourire bref avant de clôturer mon joli discours. Ce sera l'occasion pour toi de le saluer, et de négocier un entretien privé. C'est un homme occupé, mais il ne sait vraisemblablement pas dire non à un dîner en bonne compagnie. Le nom Sørensen associé à celui de Valcourt ne pourra que lui donner l'envie d'en apprendre plus sur toi et tes objectifs de carrière. Gagnant, gagnant.

 

J'ai déjà la représentation en tête de nos deux silhouettes braquant un regard noble sur le monde. Aux yeux de tous, nous serons une entité. Gagnant, gagnant, Lyle. 

- Des questions ?

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Viviane Valcourt

15 ans Sang-Pur Française Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Salle commune de Serpentard, Vendredi 22 Septembre 2124

J'ai marqué un point, n'est-ce pas ? C'est écrit sur ta figure. Le doute est né dans tes veines, s'insinue dans ton sang comme un poison. J'en éprouve une fierté toute personnelle. Je n'en montre rien, pourtant.

 

- Je ne m'en fais pas, je te rassure immédiatement, darling, les rumeurs sont la seule raison de ma présence à tes côtés. Je laisse se suspendre pourtant ces quelques mots qui pourraient prétendre du contraire. Je ne m'en fais pas, tu es un grande fille, pourrais-je avoir l'air de dire, si je n'élabore pas le fond de ma pensée.

 

Mes yeux t'observent avec une intensité terrible alors que tu t'explique, comme si cela pouvait subitement taire ces vilaines choses que l'on dit à ton sujet. Je n'en demandais pas tant, Alison. Je plisse le nez avec dégoût, à la mention d'expérience. Que crois-tu, ma belle, que tu n'es pas aux yeux de Sasha, une expérience toi-aussi ? Plutôt mourir que d'être l'essai d'un garçon aux doigts rustres qui s'empressera de raconter qu'il m'a ploter dans des placards à balais, merci bien. Je suppose que tu as du y perdre ta dignité, en même temps que ta virginité. Il me parait évident à présent que tu n'as été forcé à rien, et si c'est un pari que j'aurais volontiers gagné, je ne suis guère déçue d'en constater l'échec.

 

- Oh, je me réserve pour quelqu'un qui en vaudra l'expérience, j'assène brutalement, avec assurance. Je ne suis pas une catin comme toi, Alison. Je n'ai aucune envie de voir se répandre les on-dits qui sont parvenus à mes oreilles te concernant, avec mon nom à la place du tien. Je suppose que nous n'avons pas les mêmes attentes, en ce qui concerne les garçons. J'ai eu tort de m'inquiéter pour ces rumeurs. Tu n'as visiblement rien subi de ce que l'on ne raconte pas.

 

Je joue le rôle de la vexation. Quoi d'autre ? Je me suis après tout inquiétée pour une camarade, alors que cette dernière ne faisait qu'utiliser un sorcier pour ses petites expériences. Terrible, non ? C'est presque mieux à raconter que d'affirmer ce que je n'étais sans doute pas seule à m'imaginer tout bas. Alison Carter est ouverte à l'expérience, elle veut essayer des choses. Elle se sert des garçons, même de ceux qui ne parlent qu'à peine anglais, pour s'affuter les lèvres et devenir la meilleure suceuse de tout Poudlard. Non, vraiment je n'en attendais pas tant. Redressé sur mes souliers parfaitement cirés, mes lèvres rouges d'un gloss hors de prix, je détend mon regard vers le reste de la salle commune. Certains visages semblent comme en suspend d'un verdict quelconque. J'en reviens au tien, blanc et maquillé d'une manière que je considère grossière.

 

- En tous cas si tu sais ce que tu fais, tant mieux pour toi. J'avais peur que tu... enfin, c'est mieux que tu saches ce qui se raconte plutôt que de l'entende d'un mec lourdeau dans un couloir tu vois. Fais gaffe à toi. Mon sourire est de nouveau étiré de cette sollicitude incarnée.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Renvoyé. Merde. Cette fois c'est clair que Papa va faire la gueule. Ça craint un max. Pire ça veut dire qu'il peut s'assoir sur sa paye, et sa paye il en a vachement besoin. Hatkins a arrêté d'être sur son dos quand il a capté que Leo avait retrouvé un job, mais suffira d'un seul jour de retard pour qu'il réalise que c'est déjà fini. Il a le flair pour ça. Délire. Supplier Ingram est hors de question. Le chef Ingram c'est pas un type qu'on supplie. C'est un type il ordonne et on fait. Alors s'il vous ordonne de vous tirer fissa, on se tire fissa. Leo aimerait se dire que Papa l'apprendra pas. Pas tout de suite en tous cas. Sauf que voilà, c'est grace à Papa qu'il a le job, alors c'est sûr Ingram va le prévenir fissa aussi. Même que c'est peut-être pour ça que Leo a pris la tangente aussi rapidement du ministère.

Il a fait mieux que ça.

Non parce que y a pas dix mille manières d'arranger les choses, voyez, et si y a un truc dans lequel il est bon, c'est d'arranger les choses dans l'urgence. L'urgence étant de pas éveiller les soupçons d'Hatkins pour pas se fairer virer de son appartement comme un malpropre, et aussi de trouver de quoi apaiser le cou roux de Papa. Si, quand Papa s'énerve, il a le cou roux. C'est même de là qu'elle vient l'expression en fait. Sans doute. Pas que Leo soit bien sûr, il l'a jamais cherché dans le dictionnaire, mais il en a suffisamment feuilleté pour savoir comment ça marche. Enfin les dictionnaires marchent pas, ils ont pas de jambes. À part entre les mots jamais et jambon. Mais ça n'a vraiment rien à voir.

Bref, Leo a pris les choses en main dès sa sortie du ministère. Il a épluché toutes les gazettes du kioske en bas de la rue, pas comme des pommes de terre hein, pis il a entouré toutes les annonces de job disponibles dans les environs. Comme ils font dans les films, voyez. Pis après ça il a fait ce qu'on fait ensuite dans les films : il a pris son téléphone et il a appelé partout. Alors il était un peu tard alors y a plein d'endroits ou vraiment personne a répondu, mais parfois ça a répondu quand même, et attention attachez-vous parce qu'il a obtenu rien moins que quatre rendez-vous différents pour le lendemain matin. Comme quoi. Ça paye de regarder des films. Enfin non ça paye pas, sinon il en serait pas là à essayer de trouver un job pour régler son prochain loyer, il serait affalé dans son canapé à regarder le dernier Fast & Furious.

Apparemment ils ont le dernier OCQ dedans, et y a des feudeymons et tout, et aussi des licornes doppées.

Sûr que Leo préfèrerait mater ça que chercher un job.

N'empêche qu'à force de chercher, on finit par trouver. Alors il y croit dur comme fer. Le premier entretien, a neuf heures pétante, est un sombre échec. Littéralement. C'est-ce qui se passe quand on confond la poudre de cheminette, et de la poudre d'obscurité. Le second entretien ne se déroule pas beaucoup mieux, pas plus que le troisième, ou même le quatrième. Leo, pourtant, continue d'y croire dur comme fer. Sa gazette ornée de cercles rouges entre les mains, il est saisit d'une brillante idée alors que son regard se pose sur les lettres dorées indiquand le siège de la Gazette, à quelques mètres seulement. Pourquoi il n'y a pas pensé plus tôt ? Le journal est enfoncé dans la poche de son costume - un smoking simple au coût frisant le ridicule, et dont les manches présentes une usure certaine mais peu perceptible pour celui qui n'y jetterait pas un œil averti.

- Bonjour ! J'ai un entretien pour une embauche, il annonce brutalement dès son arrivée au comptoir, un large sourire sur les lèvres.

Attention, Leo n'est pas un mythomane, mais il est bien conscient que par moment, le mensonge le plus inoffensif peut mener aux plus grands succès. Son regard parcourt d'ailleurs la liste que semble chercher la réceptionniste des yeux, et il pointe du doigt un nom au hasard.

- Juste là. Jonathan Berkins. C'est moi. Je suis un peu en avance...
- Ah oui, d'une heure même Monsieur Berkins, ça ne vous dérange pas d'attendre j'espère.
- Aucun problème !

Il frappe le comptoir avec empressement, comme il a tant vu certains hommes le faire avant lui, et se dirige naturellement vers les larges canapés du hall.