Harry Potter RPG
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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Anya ne pouvait s'empêcher, discrètement, de zieuter Sasha comme s'il s'était agit d'un insecte particulièrement captivant. Sa posture était rigide. Militaire. Son faciès abîmé. Ses yeux froids. Sa verve brutale. Il avait fait la guerre, exactement comme son frère. Avait-il tué ? Ça ne faisait pas l'ombre d'un doute. Il n'avait que seize ans, aussi l'école n'était pas un si lointain souvenir pour lui. Était-ce seulement quelque chose qui continuait de l'intéresser, à présent ? Elle en doutait. Elle se souvenait parfaitement des lettres de Pavel, avant qu'il ne disparaisse complètement de la surface de la terre. Ce qu'on nous enseigne n'est rien à côté de ce que l'on vit sur le terrain. Je suis fier d'être un soldat. J'apprends chaque jour dix fois plus que ce qu'on a pu m'apprendre en une année.

 

- Eto zapreshcheno, vot i vse. Obitayemyy, navernoye. Oni ne govoryat, no eto slukhi. Vam prosto pridetsya poyti posmotret' i rasskazat'. Elle est interdite c'est tout. Habitée, probablement. Ils disent pas mais c'est la rumeur. T'auras qu'à aller voir et raconter.

 

La question suivante lui fait hausser un sourcil, et Anya se mure dans le silence. Il l'a pris pour quoi, une agence de renseignement ? Elle a que dix-sept ans. C'est pas comme si on lui avait expliqué beaucoup plus que voilà ton nouveau foyer, et ta nouvelle école. Sous-entendu, en attendant que les choses se tassent. Ses yeux noirs demeurent fixés sur la silhouette du russe. Il n'a qu'un an de moins qu'elle. Il a l'air plus vieux, pourtant. Étrange comme l'interrogation le fait brusquement paraitre pour un enfant. Un enfant qu'il n'est plus. Un enfant qu'elle n'est plus. Les enfants sont morts, en Russie, vous ne le saviez pas ? Un sifflement la traverse finalement, la langue serrée contre son palais, et elle secoue la tête en détournant le regard. Que répondre, vraiment ? Ça fait pas partie de la visite, garçon.

- Я сделаю все возможное, чтобы пройти через это с высоко поднятой головой. Вы сделаете то же самое. Если вы достаточно гармонируете с окружающими, они не всегда могут воспринимать вас как чужака. J'vais faire ce que je pourrais pour m'en sortir la tête haute. Tu f'ras pareil. Si tu te fonds suffisamment dans la masse, ils te verront peut-être pas toujours comme un étranger.

 

Elle en doute, Anya, que Sasha Shevchen et son corps étrangement voûté puisse un jour représenter autre chose aux yeux de ce petit monde britannique qu'un expatrié étrange tiré d'une guerre dont ils n'ont lu que de vagues articles dans quelques coupures de presse. S'il demeure tel qu'il l'est à l'instant, probablement que ça n'arrivera jamais.

 

- Не имеет значения, останусь я или нет. я в любом случае кем-то стану. Ça changera rien que je reste ou non. J'deviendrai quelqu'un dans tous les cas, elle termine avec fermeté en se redressant légèrement. Скажи, Саша, а зачем ты вернулся ? Почему ты не остался и не сражался со всеми остальными ? Dis, Sasha, pourquoi t'es revenu hein ? Pourquoi t'es pas resté te battre avec tous les autres ? Elle demande finalement.

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Ferguson Decker

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau du professeur de métamorphose, Mercredi 07 Février 2125

Ça lui en a touché une sans faire bouger l'autre. Sans déconner. Croyait vraiment que c'était pas fait exprès l'coup de la belette ? Pis c'est quoi ça, d'lui foutre tout un programme de révisions et d'exercices sous prétexte qu'il refuse de le voir échouer hein ? Gus il sait encore aviser une retenue quand il en voit une. Pas la peine de lui faire croire qu'il a des difficultés. Zéro qu'il en a, des difficultés. Fallait voir la belette hein. Même que le courrier serait partit au feu si les autres lui avaient pas piqué. Jimmy s'était bien foutu d'sa gueule avec Balt. Sam avait froissé l'nez comme elle fait toujours quand elle a un truc à redire mais qu'elle ose pas l'dire. Ambrose... Ambrose s'était contenté de dire que ça pourrait être vachement utile pour l'tournoi s'il te donne des cours particuliers

L'truc c'est qu'Ambrose a souvent raison, voyez.

Bref, le mercredi suivant, Gus a zappé. L'a rien décidé en vérité, à part qu'il s'en battait royalement la nouille. Jusqu'à ce qu'Ambrose refoute ça sur le tapis, avec l'autre traître de Sam qu'approuve en rajoutant que Gus s'tu foires ton année on s'ra plus dans la même classe l'an prochain tu captes ? Sam aussi a souvent raison. Alors les deux en même temps ? Autant dire qu'à dix-huit heure pétante le Decker est brandit devant la porte comme un putain d'trophée. Non parce qu'ils l'ont accompagné quoi. Jusqu'au bureau, à le mater avec insistance pour qu'il frappe de lui-même en les matant d'un air assassin. Pourrait tous les buter s'il les aimait pas tant quoi. S'barrent tous autant qu'ils sont alors que Gus passe à l'intérieur du bureau.

- B'soir.

C'est mâché sans hésitation alors que son regard se perd sur les étagères, sur les artefacts entreposés ça et là, sur les tranches de bouquins dont il peut pas lire le titre de là où il se tient. Partout sauf là où se trouve Edwin Pope et son programme de révisions pour attardés. D'une main il déserre sa cravate. Sa chemise est pas forcément rentré correctement dans le pantalon. Ses chaussures ont des traces de suie qui proviennent d'on ne sait où. Ses cheveux en bataille ont pas l'air d'avoir vu l'ombre d'un peigne depuis le réveil. C'est une sale journée. Le genre qu'il aurait voulu terminer dans la salle commune autour d'une bataille de cartes explosives à piocher dans sa réserve de fiz. Son manuel sous le bras, il récupère sa baguette dans la poche arrière de son jean pour les présenter devant lui dans un geste à la fois assuré, et particulièrement pataud.

- J'ai tout ramené sauf la motivation, il balance avec anarchie en plantant finalement son regard sur son professeur. 

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Auberge des Trois-Balais, salle principale, Mercredi 28 Juin 2124

Elle pourrait raconter tout ce qu'elle veut, Miss Bergame, que Leo l'écouterait tout pareil. L'air pas vraiment fin placardé sur la gueule, les yeux vissés tantôt sur ses yeux magnifiques, tantôt sur ses lèvres rosées. Jamais bien longtemps sur ses lèvres rosées, où il commençait à se faire des idées, et à oublier d'écouter pour de bon. Leo mettait un point d'honneur à écouter pour de bon ce que racontait Miss Bergame, car tout ce que Miss Bergame racontait était toujours d'une douceur infinie. La tendresse d'un patacitrouille, voire le moelleux d'un fondant du chaudron, et le pétillement d'ailes de papillon sucrées tout à la fois. Ce genre de douceur là. 

- Ah ouais ? C'est marrant ça un peu.

Que Monsieur Deer tienne les rênes, voyez. Parce que les rênes c'est comme les rennes, et les cerfs aussi, voyez. Ça s'associe dans le crâne de Leo, aussi purement et sûrement que deux et deux font quatre, ou qu'une fois sur deux font une moitié. Bref. Il espère quand même que Miss Bergame va les prendre, les rênes - et même des rennes si elle veut, ils pourraient gambader dans les collines alentours pourquoi pas. Ça voudrait dire qu'il est sûr de la trouver là quand il veut. Aujourd'hui, demain, dans une semaine, dans dix ans. Leo aime bien les choses sûres comme ça.

- C'est à Londres Miss Bergame ! J'habite à Londres. J'ai été embauché au ministère savez, au département des transports !

Ça en jette, pas vrai ? Même qu'on le laisse conduire le Magicobus. Bon ça il le dit pas parce que ça en jette moins que de dire qu'il travaille pour le Ministère. Même qu'il y travaille vraiment que parce que Papa a accepté d'en avoir la responsabilité, et qu'apparemment ça faisait pas l'humaninité - aucune idée de ce que ça veut dire, mais en gros y en a qui serait pas d'accord quoi. Bref. Elle a pas besoin de savoir ça Miss Bergame, juste qu'il a un badge et tout, un pass pour entrer et sortir du ministère à sa guise et ça c'est quand même super stylé.

- Mais voyez j'préfère quand même venir jusqu'ici pour boire un verre hein, parce que les bars à Londres ils sont moins biens. Déjà vous y êtes pas ! Il déclare en riant joyeusement, parfaitement sincère. Pis vous avez la meilleure Bièraubeurre du pays. Vous devriez faire une boisson d'anniversaire Miss Bergame !

L'idée n'est pas sitôt germée qu'elle est gerbée, là, sur le comptoir, l'exclamation leur attirant quelques regards ici et là. Leo a les yeux écarquillés d'un enfant surexcité alors qu'il prend une gorgée de sa Bièraubeurre. Plusieurs clients semblent approuver de marmonnements ou de hochements de tête, l'encourageant plus que jamais à poursuivre sur sa lancée :

- Une boisson juste à vous, la Bergam-HOT Miss Bergame, hein, ça sonne bien nan ? HEIN ? Il demande alentour en s'agitant comme un diable.

Dans le doute, tout le monde approuve bien sûr. Il est celui qui paie les verres.

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Aldebert Wickerson

Professeur d'Astronomie 55 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Infirmerie de Poudlard, Dimanche 10 Septembre 2124

La vision de Miss McBride l'apaise. Personne n'aime se rendre à l'infirmerie, voyez-vous, avec ce genre d'infirmière dans la pièce, il semble tout de suite plus aisé de relativiser la chose. Les lèvres étirées d'un sourire sincère, il presse le pas pour l'atteindre, prétextant subitement que s'il ne se focalise que sur le visage de la jeune femme il en oubliera les rangées de lits, les étagères de gazes, de seringues, de potions à l'apparence suspecte.

 

- Des promesses, des promesses, il grommelle faussement.

L'éclat de son regard pourtant fait contraste. Il est là volontairement. N'est-ce pas ? Certes, en retard d'une poignée d'années, mais volontairement tout de même. Accordez-lui au moins cette maturité. L'homme ne se fait pas prier pour prendre place dans le siège désigné, avec toute la théâtralité qu'on lui connait, ses longues jambes jetées l'une sur l'autre alors que ses deux bras s'étendent sur les accoudoirs. Les yeux clairs viennent se poser sur un environnement bien rangé, comme décidés à trouver n'importe quelle façon de combler le silence qui s'installera inexorablement entre eux dans les prochaines minutes.

Car pour travailler convenablement, rien de plus nécessaire qu'un silence. Aldebert se plait à s'enfoncer à l'intérieur d'un silence. Aux grands classiques déployées par son vieux gramophone à tubes cuivrés peuvent se substituer des heures et des heures de silence. Un silence particulier, lourd comme une couverture confortablement enroulée autour du corps, qui l'accompagne dans ses observations célestes. Un silence qu'il se plait à couper, souvent, de longs monologues adressés le plus souvent à un Molière qui ne prête guère attention à la moindre élucubration, bien qu'il lui arrive occasionnellement de miauler ou de se mettre à pousser un ronronnement bienheureux.

Le silence qui va s'installer entre Adaline et lui-même cependant, il le pressent, n'aura rien d'une couverture lourde et confortable. Ce sera le silence froid et clinique d'un examen minutieux porté sur sa personne, alors qu'il devra se tenir bien tranquille. Un silence ponctué de mouvements d'instruments invasifs destinés à faire le bilan d'un corps on-ne-peut-plus exposé, n'est-ce pas. Un silence qui pèsera plus absurdement qu'un éruptif couvert de poils de demiguise, qui s'installera là dans la pièce, et ne laissera guère plus de place à la plus simple des conversations.

La bouche asséchée, Aldebert passe une langue sur ses lèvres avant d'acquiescer.

- C'est la rentrée, Adaline, tous les professeurs sont sollicités ! Son regard croise celui de l'infirmière, et il a l'élégance de grimacer. Je m'sens comme un charme, Miss McBride. Merlin sait combien le charme est un bois robuste. J'suis plus dans la fleur de l'âge, mais je passe mes journées à monter et descendre des escaliers en pagaille sans m'essouffler une seule fois. Croyez-moi que tout le monde peut pas en dire autant ! Non parce qu'on ne le disait pas assez souvent, mais avec le poste de professeur d'astronomie venait une certaine nécessité physique. Même certains élèves parmi les plus jeunes se plaignaient régulièrement de l'exercice.

Aldebert inspire légèrement avant d'ajouter :

- J'ai hum... quelques... faiblesses au niveau de ma... baguette, cependant. L'admission est formulée un ton plus bas, les doigts s’agrippant et se décrochant de l'accoudoir sans grande raison, un peu comme s'il en testait la solidité. Des ratés parmi les sortilèges parfois les plus basiques, voyez, il souffle sans regarder Adaline dans les yeux. Un lumos un peu fragile, un sortilège de lévitation un peu trop terre à terre, il redresse finalement la tête. Je pencherais plutôt pour un manque de concentration vous savez, j'ai eu pas mal de déboires cette été alors j'dirais que c'est juste ça. La déboire en question était unique, et répondait au nom de Balthazar Grimfire. Un fait qu'aucun membre du personnel ne pouvait ignorer puisqu'un changement d'adresse avait eu être officiellement opéré concernant le garçon, ainsi que plusieurs ajustements quant au tuteur direct de l'élève.

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Leslie Harrison

Ollivander’s - Fabriquant de Baguettes Magiques 30 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Quatrième étage de Sainte Mangouste, Dimanche 13 Août 2124

Le silence s’étire quelques secondes alors que Leslie observe le flacon entre les doigts d’Oonagh. Le liquide argenté miroite sous la lumière artificielle, ondulant avec une douceur presque trompeuse. Voir un fragment de sa propre mémoire ainsi encapsulé lui provoque une sensation étrange, un léger creux dans l’estomac qu’elle ne s’attendait pas à ressentir. Elle se redresse légèrement lorsque la voix de Quinten s’élève. La question flotte un instant dans l’air, comme un grain de poussière suspendu avant de retomber au sol. Leslie tourne instinctivement la tête vers son père, mais ne dit rien. L’inconnu est omniprésent dans ses phrases, les visages effacés, les repères dissous dans un temps qu’il ne maîtrise plus. Oonagh répond d’un ton fluide, maîtrisé, et Leslie l’observe du coin de l’œil. Une routine bien rodée, une réponse calibrée pour ne pas heurter, mais aussi pour ne pas attiser trop de doutes. Un équilibre délicat.
 

Son regard revient vers Quinten. Il n’a pas l’air perturbé par la réponse, pas plus que par la situation dans son ensemble. Il accepte ce qui lui est donné sans chercher à le confronter. C’est peut-être ça, le plus troublant. Lorsque la médicomage effleure son dos, l’invitant à avancer vers la pensine, Leslie inspire légèrement par le nez. Une part d’elle hésite. Pas par peur. Pas par malaise. Juste… une seconde de flottement. Elle n’a jamais revu cette scène autrement qu’à travers les souvenirs épars de son père, à travers les miettes qu’il lui en laissait au fil des années. Mais maintenant, elle va plonger dans une version figée, immuable, préservée d’une manière qu’aucun récit oral ne peut l’être. Elle glisse un regard vers Oonagh. Pas besoin de mots. D’un geste fluide, elle pousse légèrement ses manches, comme si elle s’apprêtait à manipuler un bois précieux ou à travailler un enchantement délicat. Puis, elle s’avance et pose une main sur l’épaule de son père, le contact léger mais assuré.
 

- Ça va aller, papa, souffle-t-elle doucement. Un automatisme.
 

Son regard reste un instant suspendu au-dessus de la surface argentée. Elle se demande comment elle va réagir en revoyant cette scène. Si elle s’y reconnaîtra. Si lui se reconnaîtra. Elle plonge. La transition est fluide, mais vertigineuse. Une sensation de chute douce, comme une plume portée par un vent invisible. Le décor change d’un battement de cils, et soudain, Leslie n’est plus dans la chambre d’hôpital, mais ailleurs. Ailleurs dans le temps, ailleurs dans l’espace. L’odeur du bois envahit l’air. C’est la première chose qu’elle remarque. Un parfum sec et chaleureux, où se mêlent la poussière des copeaux fraîchement taillés et l’essence résineuse des planches empilées contre les murs. L’atelier. Leur atelier. Les étagères croulent sous le poids des outils et des morceaux de bois en cours de travail. Rien ne semble être à sa place, et pourtant, tout ici respire une forme d’ordre méthodique. Elle reconnaît l’endroit immédiatement.
 

Lui aussi.
 

À quelques pas d’elle, Quinten Harrison, plus jeune, d’une dizaine d’années au moins, se tient devant un établi, les manches retroussées, une gouge en main, sculptant minutieusement le manche d’une guitare. Son regard est concentré, habité d’une patience infinie, celle des artisans qui savent que chaque coup doit être précis, mesuré. Ce n’est pas encore un instrument, mais une promesse. Et puis, il y a elle. Une version d’elle-même, plus jeune, à peine sept ans. Les cheveux encore plus clairs, attachés à la va-vite, les yeux grands ouverts, buvant chaque mouvement de son père comme si c’était la chose la plus fascinante du monde. Leslie adulte reste figée une seconde, observant cette scène qu’elle croyait avoir oubliée.
 

- Pourquoi t’utilises celui-là et pas l’autre ?
 

Sa propre voix. Plus aiguë, curieuse, sans filtre. L’enfant pointe un outil sur l’établi, et Quinten relève les yeux vers elle avec un sourire indulgent.
 

- Parce que celui-ci permet de travailler plus en finesse. Tu vois, le bois, c’est comme une baguette : il faut le comprendre, pas le forcer. Si tu y vas trop fort, il se fend. Si tu l’écoutes, il te guide.
 

Il lui tend le manche en cours de sculpture. Elle hésite, puis le prend avec précaution, comme si elle craignait de mal faire.
 

- Regarde les veines. Elles te montrent où aller. Un bon artisan ne sculpte pas contre le bois, il suit son histoire.
 

Leslie sent quelque chose se nouer dans sa gorge. Ce n’est pas juste un souvenir. C’est l’instant où tout a commencé. Là, entre ces murs, dans cet échange. Le premier moment où elle a su. Elle connaît chaque seconde de ce souvenir par cœur, elle sait comment il va se dérouler, ce que son père va dire ensuite. Mais le revoir ainsi, avec l’innocence intacte de l’instant, sans l’altération des années… C’est autre chose. Elle baisse les yeux vers son père, ici, à Sainte-Mangouste. Quinten. Il est là, juste à côté d’elle, plongé lui aussi dans son propre passé. Son visage est figé, immobile, ses yeux gris errant sur les murs qu’il connaît par cœur, les outils qu’il a maniés mille fois. Il regarde ses propres mains d’aujourd’hui, ridées et tremblantes, puis celles du souvenir, fermes et habiles, sculptant avec la maîtrise d’un artisan qui ne doute jamais. Un battement de silence.
 

- C’est mon atelier, souffle-t-il enfin, la voix lente et troublée. Une prise de conscience.


Ce n’est pas un vague décor sorti de nulle part. Il le sait. Il le reconnaît. Son regard oscille entre le souvenir et le présent, comme s’il essayait de superposer les deux réalités, de trouver où il s’est perdu entre elles. Puis, ses yeux tombent sur la fillette. Son souffle se suspend un instant. Il fronce légèrement les sourcils, penche la tête comme s’il essayait de mieux voir.
 

- C’est toi…
 

Ce n’est pas une question. Il sait. Ses traits se figent d’une émotion difficile à nommer. Une reconnaissance pure, mais teintée d’un trouble qu’il ne sait pas formuler. Leslie ne bouge pas, ne dit rien. Elle observe. Parce qu’elle sait que c’est dans ces instants qu’on voit ce qui reste, ce qui tient encore debout derrière le voile des années perdues.
Quinten fixe la scène, mais son regard brille d’une lueur presque effrayée. Puis, tout à coup, il recule. Ses doigts tremblent alors qu’il les passe sur son front, comme si quelque chose en lui vacillait, comme si son propre esprit se fragmentait sous la pression. Son souffle devient saccadé, sa poitrine se soulève plus vite.
 

- Je… Je dois aller travailler. Je suis en retard.
 

Son ton n’a plus rien de calme. Sa voix tremble. Il détourne les yeux du souvenir comme s’il le brûlait, cherche une sortie qui n’existe pas. Il se ferme. Le moment lui échappe, trop violent dans sa clarté. Leslie serre instinctivement les poings. Elle aurait aimé qu’il tienne un peu plus longtemps. Mais une part d’elle savait qu’il en serait autrement. Leslie ne bouge pas, ne parle pas. Pas encore. Elle attend. Elle attend de voir jusqu’où il va fuir, si elle peut encore le rattraper. Elle a connu ces moments. Ceux où les mots ne servent plus à rien, où la réalité bascule trop vite, trop violemment. Mais cette fois, ce n’est pas une confusion ordinaire. Cette fois, il lutte.
 

- Ce n’est pas vrai. Il secoue la tête, refuse ce qu’il voit. Ce n’est pas mon atelier. Ce n’est pas… Ça ne peut pas être maintenant. Il cherche quelque chose dans sa poche, sur lui, dans l’air, comme si un objet, un repère pouvait lui prouver qu’il est bien là où il pense être. Son regard se perd, il vacille. Où est ma montre ?! L’angoisse monte en flèche. Il tâte ses poignets, fouille son veston imaginaire, et son regard paniqué se pose sur Leslie. Où est-elle ?! Je l’ai laissée ici ce matin, j’en suis sûr. Jack va me tuer si j’arrive en retard. C’est quel jour ?! Son désarroi est palpable, presque trop douloureux à voir. Leslie ouvre la bouche pour parler, mais il ne la laisse pas faire. Pourquoi tu ne réponds pas ?!


Il fait un pas vers elle, et l’espace d’une seconde, elle voit son père tel qu’il était avant la maladie.


Fougueux, impatient.


Mais cette fois, il est perdu. Ses doigts se crispent sur son propre bras, son regard oscille entre le souvenir et le vide. Il perd pied.

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Jimmy Stone

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
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Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cabane Hurlante, Samedi 03 Février 2125

- Han, c'est vrai j'peux ?

Ça a été balancé du tac au tac, avec un air gamin jouasse qui reste lui coller à la gueule encore plusieurs secondes. L'a pas bougé pourtant, Jimmy. Pas d'un seul foutu millimètre. Trop défoncé pour ça, sans doute, ou juste il a la flemme. Les deux, peut-être bien. La question suivante lui fait froncer les yeux. Tuer c'est faire un choix ? Merde. Qu'est-ce qu'il en sait ? L'en a d'ces questions Balt. Un choix d'quoi d'abord ? Même qu'il enchaine, le gars, sans que rien n'ait vraiment de sens à part pour lui. Défoncé lui aussi. Jimmy s'marre. L'mec phase aussi sec que sur un dictionnaire. Faut dire, des barres les dicos des fois. Faut voir les mots qui s'y planquent. Z'ont déjà fait ça. S'retourner l'crâne avant de s'enterrer entre des pages et des pages de vieilles définitions sans queue ni tête. D'ailleurs Jimmy s'souvient de celui qui les avait foutu en l'air plus d'vingt minutes de rang. Un mot en M, justement.

 

- Mamoseuse Maxima !

Il explose dès qu'il croise l'regard de Bathazar. Deux couillons perchés dans leur cabane, qui s'emballent de rire juste pour passer l'temps. Ça marche bien. Ça marche tellement bien qu'il se sent parfaitement détente, Jimmy, les jambes allongées sur l'plancher sale, la tête contre un bois qui s'écaille, récemment encore aspergé d'sang. Jusqu'à c'que. Dans l'angle de sa vision, une ombre. Une présence. Un genre de souffle qui lui retombe sur la nuque, et qui le fige complètement alors qu'il ose même pas s'tourner, l'pétard coincé entre deux doigts sur le coin de ses lèvres, et les pupilles qui s'fendent avec brutalité. Il arrête complètement d'respirer pour y jeter un œil, sans bouger un autre muscle. Juste un, rapide, qui lui fait courir un frisson tout le long de la colonne vertébrale alors qu'il est persuadé d'avoir, pendant peut-être un millième de seconde, repéré les contours d'un visage.

Quand il se tourne complètement, soudainement, y a rien. Il se secoue un peu avant de reculer maladroitement pour venir se planquer du côté de Balt, avec tout son courage de blaireau, l'regard perché sur l'endroit où il est persuadé d'avoir aperçu l'visage, l'cœur battant et l'pétard récupéré entre des doigts tremblants qu'essaient d'pointer la direction d'manière anarchique.

 

- P'tain. J'vois des gens qui sont morts Balt. J'vois des gens qui sont morts !

Même qu'il s'raccroche à la manche de son pote pour insister et montrer l'espace vide, s'laisse lourdement tomber sur le sol. L'visage. On aurait celui d'son frère. Jure. Mais un visage mort. Il respire fort, et il lâche pas des yeux l'point, obscur, silencieux. La vibe est retombée d'un seul coup.

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
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Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cardiff, centre d'entrainement des Catapultes de Caerphilly, Mercredi 11 Octobre 2124

- Crois moi, y a rien qui fait vraiment fuir une horde de fans, chérie.

 

D'un geste, Elliot a redressé le col de sa veste, réflexe étrange qui pourrait ou non signifier d'une étrange atteinte à sa fierté. La vérité c'est qu'il s'en branle plutôt royalement. Il s'est jamais habillé ni pour ses fans, ni pour personne. Il prête attention à son apparence cependant. Pour lui. Celui qu'aime pas il peut bien aller se faire enculer en ce qui le concerne. Pis bon. Il a franchement pas à se plaindre. Les meufs ont pas l'air de se plaindre. Au contraire. Celles qui s'appellent pas Freya Carter, en tous cas.

 

Ça se passe précisément comme prédit, ou presque. Y a pas vraiment de barbapoudre, ni de jeu de bavboules dans les parages, mais y a bien une poignée de meufs qui chuchotent et pouffent comme des dindes en toute indiscrétion. Le décompte est déjà lancé dans sa tête, bien qu'il prétendre pas les avoir vu, zieutant les étagères avec un intérêt feint. Ça le dérange pas tant, d'être une célébrité locale. La plupart du temps, c'est même plutôt plaisant. Être reconnu par son talent dans un sport pour lequel il a sacrifié à peu près tout le reste, c'est le pied. Y a des avantages carrément non-négligeables à tout ça.

 

Des entrées gratos dans des clubs selects. Des lettres et des lettres lui rappelant combien il est beau et fort et exceptionnel voire historique. Des cadeaux, de toutes les tailles et de toutes les formes, qu'il entasse sans plus vraiment y penser dans son large appartement sur les sommets de la ville. Ça vous fait facilement vous sentir comme un roi, même quand les revues de presse vous descendent parce que vous avez fait de la merde à une sortie de boîte, ou violenté un paparazzi un peu trop collant. Pis surtout, les nanas. Les nanas s'en tapent vraiment de ces revues de presse là, du moment qu'il est prêt à signer leur batte acheté spécialement pour l'occasion de sa rencontre et tu veux pas que je signe la tienne Elliot ? Où tu veux quand tu veux...

 

Le pied quoi.

 

Le problème, voyez, c'est quand on veut se déplacer incognito. Là faut quand même se lever tôt, prévoir ses déplacements bien à l'avance, se couvrir de sortilèges d'illusion dans le plus extrême des cas. C'est quasi-impossible d'avoir une vie privée, finalement. Ça fait partie du business. Ça fait tellement partie du business qu'il a développé tout un personnage qui prend sa place à chaque fois qu'il se fait alpaguer par des fans pour signer des autographes et prendre des photos. Un personnage qui sourit jusqu'aux yeux comme s'il vivait sa meilleure vie. Un personnage qu'a un petit mot gentil pour chaque môme qui veut devenir un batteur comme toi quand j'serais grand et chaque meuf qui papillonne devant un nom dont elles savent jamais rien de plus que ce qui parait dans la presse, et chaque journaliste qui vient lui tirer l'interview du siècle, Monsieur Blackburn, un véritable tournant dans votre carrière !

 

-Parce que les BUSE ça s'joue au jeu de runes près ? C'est pour ça j'ai autant galéré putain... il se fout d'elle une fois qu'il s'est enfin débarrassé de la foule, esquivant proprement toute question personne relative à sa compagnie du jour Owen Carter Quidditch, les amis, vous faites pas des idées, on est là pour le boulot. J'ai pas l'temps désolé. Juste un dernier et j'suis parti. S'tu reçois du courrier de fans hystériques qui te disent d'aller te pendre parce que tu me mérite pas j'suis vraiment navré. J'ai aucun contrôle sur ces meufs, il ajoute avec nonchalance.

 

C'est dit sur le ton de la rigolade, mais le disclaimer est sérieux. Il en a des vraies, des hystériques dans son entourage de fans. Assez pour avoir engagé un type qui profile chacun des employés qui rentrent et sortent de chez lui.

 

- Suffisait d'dupliquer les premiers dés, on était juste trop cons à l'époque. Mais ils s'renouvellent pas r'garde, y a rien d'nouveau depuis qu'on a quitté Poudlard, Elliot se plaint en matant les étagères pleines à craquer de jeux vus et revus. P'tain, l'bombastix. J'ai plus joué à ça d'puis ma deuxième année j'crois. Tu t'rappelles ? Vicky s'était mangé l'mur comme une merde, avec tout l'mucus sur la gueule.

 

Le bombastix était principalement un jeu de réflexe, et la pauvre Victoire Dennison n'en avait eu aucun. Elle avait été la risée de la promo pendant tout le reste de l'année, avec le surnom de Stinky Vicky qui lui avait collé à peau jusque le milieu de sa troisième année - ses boobs avait poussé, et ça avait fait brusquement taire les garçons. Les soirées jeux de société ont été depuis longtemps troquées par des soirées beuverie intense qui le voit régulièrement sortir en titubant des fameux clubs selects cités plus haut.

 

- Bon t'as tes runes, et j'sais pas combien d'temps j'ai avant la prochaine vague, alors j'propose qu'on s'tire. J'connais un endroit tranquille où on pourra s'boire un café sans que j'doive poser toutes les trois secondes, il ajoute avant de se diriger vers la sortie de cette même démarche nonchalante, les mains dans le fond des poches.

 

Deux semaines de salaire pour Freya représentait une minute de jeu pour Elliot, comme il peut aisément le constater au passage en caisse. Il ne commente pas. C'est sans prévenir qu'il l'entraine presque brusquement dès leur sortie du magasin,  pour mieux bifurquer sur le boulevard principal et semer les quelques personnes qui attendaient encore leur tour pour lui causer.

 

- C'est tout en haut d'cette rue. L'Alambro.

 

Le genre d'endroit privé avec un type qui surveille la porte et qui laisse rentrer que des têtes bien connues du monde sorcier. Un peu comme le Dragon Enivré, mais en mieux, parce qu'au Dragon Enivré y a clairement d'énormes laissez-passer qui font de n'importe quelle soirée un chaos monumental passé une certaine heure.

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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

Le bois craque sous la semelle de ses bottes. Un bruit sec, étouffé par l’humidité matinale qui imprègne l’air. Alec referme la porte de sa maison d’une main lasse, un trousseau de clés calé entre ses doigts, et lève les yeux vers le ciel. Gris. Pas de pluie, pas de soleil. Un entre-deux délavé, comme ces jours où tout semble suspendu, ni vraiment bien, ni franchement mauvais. Il ajuste la sangle de son sac sur son épaule, fourre ses mains dans ses poches et prend le sentier qui le mène jusqu’à la route principale. Comme d’habitude. Il pourrait faire le trajet les yeux fermés. Et pourtant, quelque chose dans son pas est plus lourd aujourd’hui. Un poids invisible, pas assez oppressant pour lui couper le souffle, mais suffisamment pesant pour lui tordre l’estomac.

Quatre jours.

Il n’a pas compté, pas consciemment du moins. Ce n’est pas le genre d’homme à marquer les dates d’un cercle rouge sur un calendrier. Mais son corps, lui, se souvient. Le vide à côté de lui dans le lit. La sensation qu’il devrait être ailleurs, avec quelqu’un qui n’est plus là. Chaque année, c’est la même chose. Il n’a pas besoin de regarder une montre pour savoir que l’horloge interne a enclenché le compte à rebours. Son souffle se condense en un nuage pâle lorsqu’il franchit le portail grinçant qui borde la route. Son travail l’attend. C’est une journée comme une autre. Il la passera comme il les passe toutes : les mains dans le bois, l’esprit occupé à éviter les pensées trop profondes.

Les premières minutes du trajet sont mécaniques.

Son pas trouve naturellement le rythme habituel, celui qui le porte chaque matin jusqu’à l’atelier. Le sentier serpente entre les parcelles éparses du village, bordé par des clôtures fatiguées et des jardins où l’herbe pousse trop librement. Il connaît chaque détour, chaque arbre, chaque foutu nid-de-poule sur la route. Là, à droite, il y a cette vieille baraque qu’on dit inhabitée mais dont la lumière du grenier s’allume parfois, sans raison. Plus loin, la boutique d’antiquités de cette vieille femme qui l’observe toujours avec une curiosité polie, comme si elle essayait de deviner ce qu’un type comme lui fait dans un coin aussi tranquille. Et pourtant, malgré la familiarité du décor, quelque chose cloche aujourd’hui. Peut-être que c’est juste lui. Son humeur, son putain de corps qui enregistre les dates avant même qu’il ne le fasse. Ça fait combien de temps qu’il n’a pas mis les pieds là-bas ? Devant cette pierre froide avec son nom gravé dessus ? Il ne sait même pas. Il ne veut pas savoir.

Il passe devant le pub du village, encore fermé à cette heure-ci. L’odeur de bois mouillé et de tabac froid traîne devant l’entrée, mélange familier qui l’accompagne un instant avant de se dissiper avec la brise matinale. Il aurait pu s’y arrêter la veille. Il aurait pu noyer cette foutue sensation sous quelques verres. Mais ça ne change rien. Ça ne change jamais rien. Le bruit lointain d’un moteur, quelque part derrière lui, le ramène au présent. Alec serre un peu plus les sangles de son sac, tire sur le col de sa veste. La fraîcheur du matin lui mord la peau, mais il sait que dans une heure, ce sera déjà autre chose. Il fera plus chaud. La routine reprendra le dessus. Il n’aura plus à penser. Il lève les yeux vers les façades silencieuses qui l’entourent, capte du coin de l’œil une ombre qui se glisse derrière un rideau à son passage. Ça le fait presque sourire. Il ne s’attarde pas.
 

Encore quelques minutes de marche, et il pourra enfouir ses pensées sous la sciure et le bruit des outils.

Sam lui manque, aujourd'hui plus que jamais.

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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Près du hall, Lundi 12 Février 2125

- C'est bien lui.

- Vous en êtes absolument certain ?
- Non, j'balance l'information au hasard. Le sarcasme dégouline alors que son regard s'assombrit.

- Monsieur Chadwick...

- J'ai un chantier qui m'attend, si vous avez fini d'me faire perdre mon temps, j'pense qu'on peut clôturer l'dossier non ?
- Il est essentiel que vous...

- J'dois signer où ?

- Là. Et . Aussi, Miss Moore m'a chargé de vous dire que vous devriez également vous rendre au niveau cinq pour régulariser votre situation...

- Pas l'temps.

- Votre passeport a expiré depuis deux mois Monsieur Chadwick, si vous ne le renouvelez pas vous risquez d'être expulsé du territoire et...

- Faites chier.

- Monsieur Chadwick !
- Nan vraiment, c'est pas contre vous mais ça m'emmerde, pourquoi on peut pas faire tout ça par courrier en fait hein ? Faut toujours venir jusqu'à vous pour remplir des papelards à la con qui disent toujours la même chose, ça d'vrait être automatisé franchement. Quand c'est pas l'renouvellement d'mon statut de sorcier résidant dans le monde moldu, c'est mon passeport, quand c'est pas mon passeport, c'est autre chose, croyez que j'ai que ça a faire de venir ici ?

Paradoxalement, Alec n'avait pas haussé une seule fois le ton, sa voix grave et ses paroles acerbes suffisant amplement à démontrer de l'agacement prodigieux qui le saisissait naturellement chaque fois qu'il mettait les pieds dans le labyrinthe administratif du Ministère. Le gratte-papier qu'il avait sous les yeux semblait ne plus vraiment savoir où se mettre, ouvrait et fermait la bouche à la manière d'une carpe sans énoncer le moindre mot. Ses initiales viennent parafer chacune des cinq pages du dossier que l'autre zieute avec une intensité absurde, et sa signature s'appose aux deux endroits désignés avant qu'il ne fasse glisser les feuilles loin de lui d'un geste sec.

 

- Là. Voilà. C'est bon j'suis libre ?
- J'insiste pour votre passeport Monsieur Chadwick, annonce la voix embrouillé de Georges - son badge usé tombait pathétiquement sur sa poitrine.
 

Aucune réponse ne vient ponctuer la réclamation de George. Alec se contente de quitter le département d'un pas lourd, sans un regard pour les brigadiers et aurors qui s'agitaient entre les bureaux. Poussant un soupir las, il décida qu'il serait effectivement judicieux de régler cette affaire de passeport avant de gagner son chantier, sans quoi il serait bon pour un nouvel aller et retour au cœur de Londres. Son regard s'attarde sur une colonne de sorciers qui semble se précipiter vers le hall, attendus probablement sur une quelconque scène de crime. Il ne voit pas venir la silhouette qu'il percute de plein fouet, mais l'impact provoque une montée d'adrénaline immédiate et brutale.

Il jure. 

Au sol, des dizaines de parchemins éparpillés. Le regard d'Alec s'affaisse sur la sorcière, d'au moins une tête en-dessous de la sienne. Pas l'ombre d'une excuse, ni d'un côté ni de l'autre. Une exaspération commune, peut-être, jusqu'à ce que la femme ne le questionne. S'ils se connaissent ? Alec est à peu près sûr que non. Le peu de connaissances qu'il s'est fait en Angleterre n'a rien à voir ni de près ni de loin avec le monde magique. Il hausse les épaules, s'abaissant par réflexe pour ramasser les documents étalés par terre, les assembler sans grande délicatesse.

- Non.

Simple et efficace, la réponse est similaire à un grognement alors qu'il se redresse pour tendre à la sorcière son dossier, entassé pêle-mêle. Les employés et visiteurs du ministère continuaient de se catapulter d'une pièce à l'autre autour d'eux. Personne dans ces couloirs ne semble à-même de perdre la moindre seconde. Comme un sentiment d'urgence déployé sur tout le bâtiment, à en suffoquer tous ses occupants. Alec s'apprête à prendre congé, prend néanmoins le temps de demander avec un accent caractéristique :

- J'vous ai pas fait mal ?

Impossible de ne pas noter la différence entre leurs deux gabarits.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
En retrait des habitations, Jeudi 18 Janvier 2125

Il a envie de l'ignorer. Le problème c'est que Basil n'a jamais été très doué pour ignorer les gens. Ni ceux qui lui donne des surnoms idiots dans les couloirs, ni ceux qui lui volent ses affaires et partent en riant à gorge déployé, ni ceux qui projettent sur lui des boules de papier en cours, ni ceux qui se postent face à lui en salle d'étude pour singer tout ce qu'il fait. Le cœur battant parce qu'il vient de traiter Flynn Ryder de sale con, Basil ralentit, se mord la lèvre, mais ne se retourne pas. Il croit entendre des pas qui se pressent dans sa direction, et il s'imagine déjà être bousculé, balancé directement sur le sol. Imagine le visage de Nikolaï devant son échec. Ses paroles dures et froides. Toi faible Basil. Mais Flynn ne le bouscule pas. En fait, Flynn n'a même pas bougé de l'endroit où il l'a laissé. Il se contente de parler. Sans l'insulter une seule fois.

Basil se fige, cette fois. Lèvres serrées, il se retourne doucement, comme un animal méfiant prêt à fuir au premier signe d'hostilité. 

Muré dans le silence, son regard se porte sur le sachet de bonbons déposés par Flynn entre eux. La fraîcheur ambiante s'infiltre sous son blouson, et l'instant s'étire étrangement après la proposition du garçon. Basil a les yeux froncés devant l'absurdité de la situation. Est-ce que c'est une vanne ? Est-ce que Flynn attend qu'il récupère le paquet pour subitement le mettre au sol en représailles ? On ne peut pas dire que Basil connaisse vraiment Flynn. Bien qu'il soit de son année, ils ne sont pas de la même maison, et ne se croisent que dans quelques cours communs dans lesquels Basil fait son possible pour demeurer invisible aux yeux des autres. Peine perdue. Ce faisant, il se prive probablement d’interagir avec de potentiels camarades qui ne seraient pas intéressé de lui faire visiter les toilettes du deuxième étage.

Des camarades comme Charlie Carter, ou peut-être Flynn Ryder.

Son frère est un joueur de Quidditch professionnel, le genre de personnalité que personne ne peut ignorer dans l'école. Un fait qui a participé grossièrement à la catégorisation de Flynn Ryder comme d'un garçon populaire avec lequel il n'aura jamais rien à faire. Certainement pas partager un paquet de bonbons à Pré-Au-Lard.

- J'en veux pas, Basil déclare alors en haussant les épaules, relevant un menton fier. La dernière fois qu'on m'a filé des bonbons ils ont fait sauter l'rayon d'un magasin alors tu vois...

C'est dit avec un genre de rancœur amère, pourtant ses lèvres s'étirent légèrement, comme s'il avait tenté quelque part de faire de l'humour à son insu. Le silence s'étire encore, et Basil zieute les bonbons, puis Flynn Ryder, puis les bonbons de nouveau. En vrai, il en prendrait bien un ou deux. Parce que dégagé de la boutique comme un malpropre, et avec la certitude de plus pouvoir y mettre les pieds avant au moins... est-ce qu'il pourrait seulement y remettre les pieds ? Bref. Basil est à peu près sûr qu'il est pas prêt de manger de nouveau des bonbons. Il s'humecte les lèvres involontairement avant de se balancer étrangement d'un pied sur l'autre, d'inspirer, et de planter de nouveau son regard sur Flynn.

- Ils sont pas explosifs ceux-là hein ?

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Appartement d'Alaric Bloodworth, Central London, Vendredi 14 Juillet 2124

Sa bouche s'ouvre et se referme à plusieurs reprises, comme s'il essayait toujours vaguement de trouver les mots qui cherchent à en sortir. C'est-à-dire que c'est pas faux, tout ça. Mais !

 

- P'pa, pas au département des catastrophes magiques ! Il est stupide ou quoi ? Mais genre, le département des sports tu vois. J'suis bon en sport hein. Ou alors la coopération magique, t'sais, j'pourrais coopérer dans les bureaux et tout. Fin y a pas d'mode aplati dans des bureaux tu vois. Tu t'souviens j't'ai déjà aidé plein de fois pour trier tes dossiers, j'sais faire hein ! C'est pas si compliqué. J'te jure.

 

Nan vraiment, on le prend pour qui à la fin ? Si son propre père croit pas en lui, y a plus personne pour le faire. Même que c'était pas sa faute, pour le Magicobus. D'abord parce que lui il avait même pas su pour le mode aplati. Ça s'était fait tout seul ! À cause du niffleur de la vieille dame, qu'était venu fureter partout dans son tableau de bord, non mais vraiment !

 

- L'magicobus c'était un accident. Y aurait pas eu l'niffleur... Il croise le regard de son père et se tait soudain, avant d'ajouter quand même d'une seule traite : y aurait pas les sécurités que y a maintenant sans ça d'toute façon, alors c'est un mal pour un bien.

 

Sa mère disait ça tout le temps, quand il faisait des conneries. C'est un mal pour un bien, Alaric, elle disait. Avec un sourire doux sur les lèvres qu'éteignait toute la colère et la frustration de la pièce. Summer avait un peu le même sourire. Leo avale plusieurs gorgées de jus de citrouille avant de reposer - un peu brutalement - le verre sur la table d'appoint, faisant trembler la lampe posée là.

 

- J'sais que c'est des jobs sérieux, mais j'peux faire un job sérieux. J'suis pas si con. 

 

Il a vingt-cinq ans, Leo, quand même. On a eu le temps de lui dire de nombreuses fois, qu'il l'est, con. Alors bon. Il sait que c'est ce que les gens pensent. Parfois, quand il aperçoit une certaine lueur dans les yeux de son père, il sait qu'il le pense aussi. Mais il est prêt à tout pour prouver que non. Qu'il peut. Qu'il sait faire des choses. Des choses sérieuses, et importantes.

 

- C'est juste que j'ai pas d'bol à chaque fois hein. Tout l'monde a pas la chance de trouver tout d'suite le job dans lequel il est bon comme toi, il balance parce qu'il a déjà entendu sa propre mère le dire à son père quand il était môme. Souvent. Mais j'le sens bien tu sais. En fait j'me disais qu'un stage au niveau deux... il se redresse soudainement pour couper directement court aux protestations : écoute avant d'râler, la justice c'est important pour moi ! J'pourrais désinscri... retranscrire les enquêtes pour être sûr que personne a rien loupé, et aussi j'pourrais être là et observer, j'observe bien, t'as toujours dit j'avais l'œil pour les détails - à moi que ce ne fut sa mère, il n'était plus bien sûr. Si c'est un stage d'observation p'pa, qu'est-ce qui pourrait bien s'passer ?!

 

C'est vrai quoi, qu'on lui laisse sa chance un peu. C'est pas comme s'il pouvait brûler le département ou quoi. Le dernier truc qu'il a brûlé y avait des circonstances atténuantes. C'était à cause du four défectueux de la boulangerie, pas du tout à cause de lui. Lui avait juste voulu aider à enfler les petits pains ok ? Y aurait pas de petit pain à enfler au niveau deux, pas plus que de four défectueux, ou d'Electra, ou de mode aplati planqué sous les bureaux. Pis il se sentirait utile. C'est important de se sentir utile. Ça aussi c'est maman qui l'a toujours dit. Y a rien de beaucoup plus utile qu'un auror ok ? Ça sauve des vies, un auror. Peut-être que c'est ça sa vocation. Sauver des vies. C'est pour ça qu'il est nul pour servir le thé, et faire le ménage, et enfler les petits pains. Il en saura jamais rien s'il essaie pas de toutes façons !

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Alec Chadwick

Artisan Charpentier 32 ans Sang-Mêlé·e Américaine Notoriété

Deb
Ilvermorny
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Un village en banlieue de Londres, Mardi 10 Octobre 2124

C'est lunaire. Pas qu'un peu. Alec est un gars bourru. Pas forcément gêné de devoir faire la conversation, pas vraiment du genre à la rechercher non plus. Du moins, c'est l'homme qu'il est devenu. Depuis l'départ de Lily, environ. D'avant, peut-être bien Il saurait pas  dire. Plus jeune, il avait eu toute une bande de copains avec laquelle il adorait faire les quatre cent coups. Même là, on le connaissait pas comme un grand causeur. Mais il avait été plus avenant. Plus souriant. Jules ? Jules l'avait connu à l'époque. Il l'avait connu à l'époque. Marrant comme la vie repousse loin certains souvenirs. Comme en quelques instants, ils peuvent être ravivés. Sauf que bien sûr, Jules a changé. Au même titre que lui. Forgée par une existence dont il ne connait rien.


Perdue, l'adolescente tranquille qui semblait vous défier du regard, une réplique mordante et pleine d'humour au bord des lèvres.

 

Elle esquive son regard. Le jette au sol, comme embarrassée. La voix faible, les syllabes qui s'accrochent, l'assurance qui prend congé. Alec fronce les yeux, les détourne brièvement à son tour, comme pour guetter les contours de la maison dont elle parle, qu'il sait se dresser plus loin sur le sentier. Elle vit là. Jules vit là, à quelques dizaines de mètres à peine de sa propre maison. Depuis l'été dernier. Depuis des semaines. La question le prend de court. Le heurte de plein fouet. Son visage se tort d'une grimace vive, mais brève, aussitôt effacée. Il la ravale avec amertume alors qu'il s'éclaircit la gorge, détourne le regard, prend une seconde pour se recomposer. Il connait pas de bonne manière d'annoncer les choses quand il s'agit de Lily, alors il se contente de balancer la nouvelle avec brutalité.

- Elle est morte. Accident d'la route. Ça fait sept ans.

Jour pour jour, il n'ajoute pas. Préfère passer à autre chose, pour ne pas s'étaler sur un sujet que de toute façon n'importe qui préfèrerait éviter.

- Tu la retape ? La maison. Il énonce en levant le menton vers le paysage. D'mémoire elle est dans un sale état.

Il a dix mille questions qui se bousculent sous son crâne, pourtant Alec demeure fixé sur des faits simples de la vie de tous les jours, à poser les mêmes questions qu'il poserait à un nouveau voisin qui viendrait s'installer. Parce qu'il saurait pas faire autrement. Parce qu'il imagine que Jules avait ses raisons de disparaitre de leur vie comme elle l'a fait, et que c'est pas sa place de demander. Les gens ont le droit d'avoir leurs secrets. Leur intimité. Toujours il a respecté ça. Mais bordel, c'est lunaire, et pas qu'un peu, et il meurt d'envie d'savoir. Où elle a été tout ce temps. Qu'est-ce qui l'a amené ici au milieu d'la campagne de la banlieue londonienne, à acheter une maison avec un chenil ? À quoi ressemble sa vie ? 

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Il est désarçonné, Leo. Enfin. Désarçonné. S'entend. Pas que Leo chevauche le moindre destrier jusque là, en dehors d'une chaise rigide au bois un peu écaillé. M'enfin, on peut être désarçonné sans même monter sur l'ombre d'un cheval. Ni sur un cheval d'ailleurs. Bien que ce soit plus facile de monter sur un cheval que sur son ombre. Bref. L'a pas vu venir la question le gars, alors il reste regarder bêtement Miss Abbott avec les méninges qui galopent - et c'est vachement compliquer de galoper quand on est désarçonné, voyez. Il garde le pied à l'étrier, quand même, et ça fait qu'il se fait un peu trainer au sol sur des dizaines de mètres. Mentalement quoi. Ça fait un mal de chien. 

Focalisé sur la question qu'il se répète en boucle, il réalise que faut pas tomber à côté.

Nan parce que c'est tellement spécifique qu'il peut pas s'empêcher de se dire que Miss Abbott, quelque part, sait. Que c'est un test. Évidemment que c'est un test. Seul le vrai connaitrait la bonne réponse. C'est un code secret journalistique, nan ?  Sans doute que tous les grands reporters de la Gazette passent par là avant de décrocher un poste. Et Leo, lui, il doit prouver qu’il est Jonathan Berkins, journaliste de terrain. Il serre les dents. Il serre les genoux. Il serre tout ce qu’il peut serrer. Un troll en colère et un gobelin armé d’une cuillère. Merde.

- Le gobelin.

Il balance ça du tac au tac, parce que Jonathan Berkins aurait répondu du tac au tac. S'entend, il répond dès qu'il a réussi à remonter sur le cheval, soit ça fait bien dix secondes qu'il ouvre et ferme la bouche comme un crétin à se visualiser trainé au sol par l'étrier d'un canasson lancé pleine balle dans un hippodrome. N'empêche que quand il balance ça, ça sonne sérieux. Grave. Décisif. Il cligne lentement des yeux, laissant le poids de sa réponse s’installer dans la pièce. Puis il ajoute en chuchotant, comme si des espions les écoutaient :

- Les cuillères sont les armes les plus redoutables qu'il soit, ensorcelées par les mauvaises mains. Vous le savez très bien. Clin d'œil.

Sur un malentendu, c'est un référence au sombre article d'une gazette d'il y a quelques années, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il n'a pas déjà lu un article au sujet de cuillères ensorcelées et de gobelins sanguinaires ? Bon. Au pire, il prétendra. Il est bon pour prétendre. Il est Jonathan Berkins, bordel. Il se cale dans son siège, fièrement, comme un gars qui vient de balancer un scoop de première page. Nouvelle question. Son plat préféré. Leo se fige, brusquement pris de sueurs froides. Il y a une bonne réponse, elle l’a dit. Une bonne. Pas des. C’est terrible.

- Heu... alors moi j’suis quelqu’un de très… adaptable.

Insuffisant. C'est évident. Maintes fois en classe on lui avait dit qu'il esquivait les questions en offrant des non-réponses. Il avait mis longtemps à comprendre ce qu'étaient les non-réponses. En gros, ça voulait dire que fallait faire un choix. Trancher entre un oui et un non, au lieu de balancer pourquoi on pourrait vouloir dire les deux à la fois. Alors, il fallait bel et bien que Leo choisisse un plat. Un qui donne envie, finalement, à Miss Abbott, de déjeuner avec lui tous les jours de la semaine au moins. Pas parce qu'elle est jolie attention, mais parce que s'il est employé à la Gazette du sorcier, il se retrouvera sans doute à la table d'autres employés de la Gazette du sorcier comme Miss Abbott. 

Qu'est-ce qui pourrait bien mettre Miss Abbott en appétit cependant ? Aime-t-elle les pâtes fantômes ? Personne ne connait jamais les pâtes fantômes. Parfois il s'imagine que c'est Papa qui a inventé les pâtes fantômes, et qu'il pourrait gagner des tonnes d'argent à proposer sa recette à de grands restaurants de la région. Alors, parce que c'est tout à fait exceptionnel finalement, il se décide à intriguer Miss Abbott, plutôt que de la mettre en appétit. Peut-être qu'elle serait tellement intriguée qu'elle voudrait elle aussi goûter les pâtes fantômes et déjeuner avec lui tous les jours de la semaine à la table des employés.

- J'ai quand même ma petite préférence, comme tout le monde ! Il annonce avec l'air d'un conspirateur joyeux. Les pâtes fantômes. On pourrait croire comme ça qu'elles sont fades et décevantes, mais vous savez les fantômes ne sont ni fades ni décevants, quand on reste leur parler suffisamment longtemps. Pas que vous devriez parler à des pâtes fantômes bien sûr. Non les pâtes fantômes ça se déguste. C'est imprévisible. Plein de surprises. Bon le plus dur c'est encore de les trouver dans l'assiette en réalité, mais ça reste une belle aventure.

Il a sauvé la mise. Il le sait. Ça, c’est du journalisme de qualité. Troisième question. Le dilemme ultime. Un seul outil pour survivre à une journée infernale. Leo fronce les sourcils comme un stratège en pleine bataille décisive. Il passe en revue toutes les options dans son cerveau en ébullition. Il ouvre la bouche. Il la referme. Puis il claque des doigts, et se redresse d’un coup, frappé par le génie absolu :

- Une fiole de Véritaserum, Miss Abbott.


Il balance ça comme un détective vétéran qui vient de résoudre l’affaire du siècle. Il laisse un blanc dramatique, fixe Miss Abbott, puis, d’une voix presque solennelle, il explique :


- Parce que si le rédac’ chef est grognon, on saura enfin pourquoi. S’il a pas dormi, s’il a perdu au poker contre un gobelin armé d’une cuillère. Si la secrétaire me méprise, je saurai si c’est à cause de mon parfum ou de mon nom de famille. Et si la machine à café fait que des expressos brûlés… Il marque une pause pleine de gravité, avant de poser ses deux coudes sur le bureau, comme s’il livrait un secret d’État : … on saura qui est derrière tout ça. Son regard se perd au loin, façon héros tragique face à une conspiration mondiale. Parce que c’est pas une erreur, Miss Abbott. Une machine à café qui brûle systématiquement le café, c’est un sabotage. Un acte prémédité. Une rébellion silencieuse contre la société. Et moi, en tant que futur journaliste de terrain, je me dois de dénoncer ces dérives. D’alerter les consciences. D’exiger justice.


Il tape sur le bureau, comme un orateur enflammé au cœur d’une révolution historique. Puis, réalisant qu’il s’est peut-être un peu emballé, il se racle la gorge et ajoute plus posément :
 

- Ou alors un trombone. Un trombone c’est bien aussi. Un trombone ça passe partout. Ça peut réparer une machine à café et sceller les plus beaux dossiers réclamés par le rédac' en chef, pis si on veut rendre coup pour coup à la secrétaire méprisante, il suffit d'entamer une guerre et de les enchanter pour qu'ils aillent lui trouillotter tout son agenda ou s'emmêler pêle-mêle dans les interstices de sa machine à écrire. Voyez.

Silence pesant. Puis la vraie question tombe. Pourquoi travailler à la Gazette ? Là, c’est le moment décisif. Leo se redresse. Il prend une grande inspiration. Il réfléchit à tout ce qu’il pourrait dire. Aux grandes raisons. À la noblesse du journalisme. À l’impact des mots. À la passion de l’investigation.

- J’aime bien les histoires. J’aime bien les écrire aussi, parfois. Et les lire. Et les raconter. J’suis bon pour ça. Même que parfois j’arrange la vérité, mais juste un peu, pas pour mentir, juste pour que ce soit plus intéressant, voyez. Comme un bon article. En plus j'super fort pour trouver des mots dans le dictionnaire, et même en inventer. Alors.

Il croise les bras fièrement, défie Miss Abbott du regard.

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Ferguson Decker

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau de Lysander Bramblethorn, Mardi 10 Octobre 2124

Gus a instantanément envie d'lui en coller une. Ça lui prend même tout c'qu'il a pour pas bouger et s'contenter d'assassiner l'type du regard. À peine s'il écoute ce qu'il balance au sujet de la sphère. Hydrasil. Détection de magie. Pas fou. Gus se contente de mater la vitrine pointée brièvement du doigt avant d'en revenir à la sphère, pis à Bramblethorn. Sauf que voilà. L'type sait. Gus a aucune idée d'comment, ou de pourquoi, mais on va dire qu'il a pas b'soin d'une foutue sphère Hydrasil pour comprendre que y a d'la magie dans l'air. L'genre pour bien l'emmerder. Il reste soutenir le regard du type pendant plusieurs secondes, et bordel on pourrait presque lui donner un oscar tellement il arrive à pas avoir l'air surpris. Il le quitte pas des yeux non plus alors qu'il plonge la main dans son froc pour en extirper la clé, la balancer sur le bureau à côté de la sphère. Un sourire s'étire sur sa gueule alors qu'il constate le froissement dans la visage de son professeur.

 

- Ça va j'suis pas aussi désespéré, il balance en imitant la manière de parler de Bramblethorn.

 

Je vous serais gré de. Par ailleurs. Se vomit pas tout seul le gars des fois ? Gus s'avance avec une telle brusquerie qu'on pourrait croire qu'il va balancer son poing directement dans le nez de Bramblethorn, mais il se contente de récupérer la sphère et la clé. Les fait bien frotter sur la table avec tout un bruit de raclement pas du tout nécessaire. Dirigé vers la vitrine sans plus d'hésitation, il l'ouvre d'un geste pour reposer les objets aléatoirement et sans aucune délicatesse avant de refermer le bordel. La porte vitrée reste à trembler subtilement alors qu'il s'en éloigne en levant les mains comme un putain d'innocent :

 

- Là. Y a pas mort d'homme m'sieur. Ni vu ni connu ok ?

Pas moyen d'ignorer le regard insistant du professeur. Bordel. Il le lâchera pas. Gus lève les yeux au ciel.

- C'était pour l'tournoi c'est tout.

Il dit ça comme un type qui crierait à l'injustice. Vrai que y a une injustice un peu. Genre seuls les élèves du club de runes ont des récompenses badass pour participer au délire, et les autres vont s'faire foutre. Mais ça ça lui passe au dessus à môsieur Lysander Bramblethorn, ses cours de vocabulaires et ses vêtements friqués trop propres sur eux.

- J'me tape la canne ou j'peux m'tirer là ? Gus demande finalement avec insolence.

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Basil Banks

13 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc de Poudlard, Samedi 14 Octobre 2124

Clic, clic, clic, clic, clic, font les rouages du Mekapteur entre ses doigts. Basil se contente d'observer son battement, la lueur du soleil reflété dans l'objectif. La plupart des élèves ont profité de ce samedi pour se rendre au village, mais certains flânent encore dans le parc. Ce sont surtout les plus jeunes bien sûr, qui n'ont pas encore l'autorisation de quitter Poudlard le weekend. Il y a aussi plusieurs étudiants plus âgés qui se sont entassés dans l'herbe pour étudier. Personne ne prête attention à lui, bien qu'il ait passé les trente dernières minutes à observer tout le monde, photographiant ça et là ces instants dont il a l'impression, dans la seconde où son doigt presse le bouton, de faire partie. Dans un mouvement brusque, le Mekapteur se replie sur lui-même, et Basil le glisse à l'intérieur de sa sacoche avant de se redresser.

Son regard parcourt inutilement les bords du lac, puis l'orée de la forêt interdite, à la recherche d'un certain crapaud. Depuis que Charlie lui a dit qu'il avait bel et bien disparu, Basil n'avait pas pu s'empêcher de guetter sa présence dès qu'il quittait le château. En vain. Lord Ribbit semblait s'être volatilisé. Le garçon ne perdait pas espoir, cependant, et il n'admettrait qu'envers lui-même que s'il espérait tant retrouver le crapaud de Charlie, c'était bien pour avoir une excuse de l'approcher en dehors des cours. Voyez, Charlie Carter avait cette faculté particulière d'être foncièrement gentille et terriblement joyeuse, ce qui faisait naturellement qu'elle n'était jamais vraiment seule. Ce n'était pas, bien sûr, toujours les mêmes personnes autour d'elle, mais il était rare de la trouver seule comme lorsqu'ils avaient étudiés.

Le courage de Basil avait manqué pour l'approcher, et il s'était contenté des grands sourires adressés par Charlie Carter lors de leurs quelques cours communs, ou des quelques chuchotements qu'elle lui avait glissé à l'oreille - notamment pour l'informer de la disparition de Lord Ribbit. Bref, Basil aurait aimé trouver Lord Ribbit. Pas seulement pour approcher Charlie Carter bien sûr. Mais un peu quand même.

Planté dans ses souliers un peu usé - maman avait promis qu'ils en rachèteraient une paire ensemble pour noël, Basil pousse un soupir avant de commencer à marcher dans la direction du château. Étrangement, depuis que Nikolaï était entré dans sa vie, il découvrait l'ennui. Ça ne l'avait jamais vraiment frappé avant, car il s'était habitué à faire ses journées seul. Seul avec son Mekapteur, seul avec ses parchemins, seul avec ses rêves et ses visions bizarres. Mais il ne l'était plus tant, depuis la rentrée. Chaque matin était dédié à l'entrainement, intensif, que Nikolaï tenait absolument à lui faire suivre pour être fort, Basil. Certains matins étaient plus durs que d'autres, et le garçon se plaignait de courbatures terribles aux bras, aux jambes, et même au dos. Mal c'est bien, disait Nikolaï. Quand même. Il avait mal.

En dehors des entrainements, Basil et Nikolaï cheminaient ensemble pour aller en cours, et prenaient leurs repas ensemble. Personne n'embêtait jamais Basil lorsque Nikolaï était dans les parages. Parfois, lorsqu'ils n'avaient pas cours, Basil et Nikolaï s'asseyaient ensemble pour faire leurs devoirs, ou simplement discuter. Ils ne discutaient pas beaucoup, mais ils discutaient. Enfin, c'était surtout Basil qui parlait, et Nikolaï qui l'observait durement. Aussi, lorsque Nikolaï n'était pas là comme aujourd'hui, Basil se sentait seul, et c'était parfaitement nouveau.

C'est alors qu'il parvient presque aux larges portes donnant sur le hall que Basil la voit. Charlie Carter. Charlie Carter, seule. Il se fige, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. N'ose pas bouger d'un millimètre, parce qu'il ne sait pas quoi lui dire. Puis il repense à Nikolaï, redresse le menton, et s'avance.

- Eh, salut Charlie ! Il lance avec un aplomb qu'il ne s'imaginait pas. T'es pas à Pré-Au-Lard ? Il s'étonne, secrètement ravi que ce ne soit effectivement pas le cas.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Sa posture est rigide, son regard neutre, d'apparence presque blasé. Pourtant elle bouillonne, à l'intérieur, car bien sûr qu'il a raison. Ce sont ses boucles qui la trahissent, brutalement éclaircies sur les pointes, comme prises d'une angoisse propre. Anya n'en perçoit rien, naturellement. Sans doute que ça contraste particulièrement avec le rictus méprisant qu'elle offre à Sasha alors qu'il se défend d'être le toutou de Carter. Un sourcil haussé, elle ne peut s'empêcher de ressentir comme un soulagement au creux de la poitrine. Importun, vraiment. Fatalement que ça la fout sur la défensive, lui faisant claquer une réplique cinglante dont elle ne maîtrise rien.

 

- Ah ouais t'offre ce genre de service toi ?

 

Nan parce que ça sonne vraiment comme s'il faisait le tapin. Ça craint un peu. Ses pupilles sombres sont braqués sur le visage du russe, aussi abîmé qu'elle peut s'en rappeler. Parfois elle se demande si le visage de son frère s'était fait lacérer de la sorte, avant qu'il ne disparaisse complètement de la surface de la terre. Anya ne revient volontairement pas sur sa sous-entendu cécité, préférant de loin prétendre que rien de tout cela n'a d'importance. Ni les balafres de guerre de Shevchen, ni ses baisers volés à Freya Carter, ni sa présence en solitaire au milieu du parc comme s'il cherchait, lui aussi, la quiétude offerte loin d'un château auquel il ne pouvait et ne pourrait jamais se sentir attaché.

 

Pourquoi ne s'en va t-elle pas ? L'instant est brisé. Le russe importun. Sa métamorphomagie retournée à l'état sauvage, comme elle le constate brusquement en percevant dans son champ de vision, la teinte fushia d'une mèche rebelle. Agacée par son propre comportement incertain, Anya se détourne complètement du sorcier pour balayer du regard le paysage. Le lac est serti d'une brume légère qui forme comme un tapis sur sa surface. Si les volutes ne se déplaçaient pas sous les rayons du soleil, on pourrait croire une carte moldue, parfaitement figée tout autour d'eux. Ne perce le silence léger que le piaillement de quelques oiseaux perchés dans les hauteurs, profitant pleinement des quelques semaines de végétation qu'il leur reste.

 

Elle ne répond d'abord pas à la question qui surgit d'entre les lèvres rustres, comme s'il ne s'était agit quelque part que d'un insecte qui s'en irait aussitôt. Mais finalement son visage pâle se tourne vers Sasha, ses sourcils froncés, deux billes noires sondant son vis-à-vis avec intensité.

 

- Побеждают те, кто не выделяется. Ceux qui ne se font pas remarquer remportent la victoire. Вас этому в армии не учили? Мы видим тебя, ты мертв. Вот так оно и есть. Вам не кажется, что мы недостаточно видим себя такими? Оно говорит о нас только тогда, когда мы проходим по коридорам. On ne t'as pas appris ça, à l'armée ? On te voit, t'es mort. C'est comme ça. Tu crois pas qu'on nous voit pas assez comme ça ? Ça parle que de nous quand on passe dans les couloirs. Elle se penche en avant, imitant les pires de ceux dont elle a pu être témoin. Regarde, ce sont les élèves de Russie. Ce sont les élèves de l'école bombardée. Ce sont des orphelins. Leurs parents sont morts à la guerre. Ils sont bizarres, tu trouve pas ? Ils sont froids. Tu crois qu'ils sont morts à l'intérieur ? Il parait que là-bas on sépare leur âme de leur corps pour ne pas qu'ils ressentent leurs émotions pendant les duels. Послушай, о чем они говорят, Саша. Я скорее притворюсь невидимкой, чем притворюсь частью их лицемерного мира. Écoute ce qu'ils racontent, Sasha. Je préfère prétendre être invisible que prétendre faire partie de leur monde hypocrite.

 

Être invisible plutôt que rendre service au premier venu, dans l'espoir de faire partie d'une communauté qui de toute façon finira par se foutre de toi, sans essayer un seul instant de comprendre d'où tu viens, où tu vas.

 

- Они все громко говорят, но никуда не идут. Они боятся плохих оценок, некрасивой одежды, своей тени в коридорах. Они стоят там, где все на них смотрят, и боятся того, что о них подумают люди. Ils parlent forts eux tous, mais ils vont nulle part. Ils ont peur des mauvaises notes, des fringues moches, de leur ombre dans les couloirs. Ils se mettent où tout le monde les regarde, puis ils ont peur de ce qu'on va penser d'eux. Это смешно. C'est ridicule.

Sa verve est rapide, méprisante. Avant de s'éteindre complètement. Interdite, elle se demande encore plusieurs secondes pourquoi elle a pris le temps d'étirer une réponse aussi précise. Aussi franche. Son regard tombe sur les cicatrices qui parsèment les mains du sorcier. Anya a un mouvement de menton un peu sec.

 

- C'est quoi qui a fait ça ? Elle redresse la tête pour rencontrer le regard de Sasha, sincèrement curieuse.

La guerre, elle détestait entendre son père en parler. Son frère en rêver. Mais depuis qu'ils sont partis tous les deux, que sa mère n'est plus là pour lui rappeler les faits extirpés méthodiquement de chaque gazette, ça lui manque. Paradoxal. Importun. Le sentiment morbide de vouloir savoir, même si lorsqu'elle en aura l'image, elle préfèrera ne pas avoir su. Certainement.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

La rougeur qui l'avait gagné, discrète, sur la pointe des deux oreilles, avait fini par s'estomper. Non. Elle n'était pas intéressée. Merci bien. L'image, pourtant s'était englué dans la rétine. Anya n'avait guère la moindre expérience avec les garçons, et elle pouvait se montrer extrêmement prude sur le sujet. Les effets d'une éducation traditionnelle qui avait laissé ses marques. Des marques moins visibles que les abominables cicatrices couvrant les mains et certaines autres parties du corps de Sasha, qu'elle n'avait certainement pas remarqué. Au terme de créature, les yeux s'étrécirent, comme cherchant à comprendre précisément ce qu'il sous-entendait par là. Ni son père, ni son frère, ni même sa mère, n'avaient jamais évoqué la moindre créature dans les camps ennemis. Tant de choses ignorées sur les réalités de ce qui pouvait bien se dérouler loin du confort de la maison ou de l'école. Tant de choses qu'on lui refusait encore de comprendre.

 

La rétractation des mains sa Sasha, cependant, l'empêchèrent de le questionner plus avant. Ses lèvres se scellèrent en une ligne étroite. Elle demeurait là, comme incapable de bouger. Stupidement planté dans le sol à moins d'un mètre du sorcier, rigide dans des souliers imbibés de l'humidité ambiante, alors que lui restait au sol à la mater le cul dans la rosée. La question la voit attraper une mèche de cheveu au vol, par réflexe, comme pour en dissimuler les changements de couleur incontrôlés. Un grondement sourd s'extirpe d'entre ses lèvres en même temps qu'un défensif et ? qu'elle serait bien en mal de contrôler également. Pour finalement le fixer avec une hargne étrange, probablement incrédule. Utile sur le terrain ? Elle voudrait croire qu'il se fout de sa gueule, mais il en a pas l'air. Le nez retroussé, les iris écartelés, elle demeure silencieuse quelques secondes de trop avant de secouer la tête.

 

- Я не знаю, в какой пещере ты живешь, Саша, но метаморфомагов не тех, кого мы отправляем первыми на фронт, тем более, если это женщины. Je sais pas dans quelle grotte tu vis, Sasha, mais par chez les métamorphomages ne sont pas ceux que l'on envoie en priorité sur le front, encore moins si ce sont des femmes. 

 

C'est craché dans l'air comme une boule de mépris. Par chez elle, on appelait ça une malédiction. La malédiction des visibles. Ceux dont tout l'intérieur est étalé à tout vent, comme un livre ouvert. Anya n'était pas sans connaitre le concept d'espionnage, et de l'usage des métamorphomages dans ce domaine spécifique. Mais alors on ne les considérait jamais que comme des armes sensibles. Des armes imprévisibles. Personne n'avait de respect pour les gens de son espèce. À raison. C'était un combat de tous les jours que de conserver la surface lisse qu'elle délivrait au monde, encore plus ces derniers mois. Non, non les métamorphomages ne sont d'aucune utilité. Les métamorphomages sont des anomalies. L'essence d'une tare qui sévit sur le pays depuis des générations. Immobile, Anya parcourt l'expression de son vis-à-vis, dans l'espoir peut-être d'y trouver la moindre trace de moquerie, comme elle pouvait la trouver régulièrement chez son frère lorsqu'il évoquait sa malédiction. Elle n'en trouve aucune.

 

- Я хотел драться. Je voulais me battre, elle prononce finalement comme une confession chuchotée dans le vent. Son corps s'affaisse pour s'accroupir, se placer à la hauteur de Sasha. Меня забанили. Мой брат смог поехать, а не я. Рассказывать. Что это были за существа ? On m'a interdit. Mon frère a pu aller, pas moi. Raconte. C'était quoi les créatures ? Elle réclame, se faisant brutalement l'effet d'une enfant alors que ses yeux questionnent, cerclés de lueurs étrangement aussi dorées que le soleil sur leurs deux visages.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Parc du château, Mardi 26 Septembre 2124

Des inferis. Bien sûr, Anya connait le terme. L'a lu dans les manuels de la bibliothèque de Koldostoretv alors qu'elle n'avait que douze ans. Elle s'était imaginé alors ce qui se passerait si tous les morts des cimetières se dressaient soudain de leur tombe, pour envahir les rues de Moscou. L'image ne s'était jamais vraiment éloignée de son esprit. Il ne lui était jamais venu à l'idée qu'on puisse éveiller les soldats tombés sur le champ de bataille. Un frisson lui remonta l'échine alors que le visage de son frère s'imposait à elle, décharné, extirpé de la terre. Demeurée silencieuse, figée comme un animal prit dans les feux d'une voiture, Anya ne se sentit pas soulagée d'entendre que l'on ensorcelait surtout des moldus. On eut dit le genre de réplique rassurante que lui murmurait sa mère lorsqu'elle demandait des nouvelles de son père, s'il rentrerait bientôt à la maison.

 

Il va rentrer Nikita, il rentre toujours, la guerre tue les faibles avant tout, et ton père est un homme fort. Parfois, les choses que l'on refusait de s'imaginer pour notre propre santé mentale devenait une terrible réalité, et elle l'avait appris de la pire des manières. Recroquevillée sur elle-même dans une position presque similaire à celle de Sasha, elle ne prit pas même une seconde pour lancer un sortilège au sol, et se retrouva léchée par l'humidité ambiante. Glaciale, elle eut le mérite de la rappeler à la question de Sasha, encore suspendue dans l'air. Sa tête demeura affaissée, son regard sur le sol tandis qu'elle admettait sourdement :

 

- Предположительно погиб на фронте. Présumé mort sur le front.

 

Cinq mots qui avaient tout fait basculer, un mercredi, serrés les uns contre les autres sur un morceau de parchemin bien trop blanc et bien trop lisse qu'elle avait depuis conservé. Son visage se redressa, d'une neutralité étrange, tandis que la silhouette frêle se repositionnait pour s'accroupir de nouveau, se lever d'un seul mouvement. Sa baguette s'extirpa de sa poche, et elle se sécha d'un informulé comme si l'instant qui venait de passer n'avait pas existé. Présumé mort sur le front, c'était mieux que mort au front. Longtemps, elle avait gardé l'espoir d'un autre parchemin blanc et lisse qui viendrait annoncer le retour de Pavel, infiltré depuis tout ce temps chez l'ennemi pour les avoir de l'intérieur. Les années étaient passées, et l'espoir était mort avec elles. Pour son père, il n'y avait eu aucun espoir.

 

Les yeux secs se posèrent de nouveau sur le paysage. Des élèves étaient venus entacher la carte postale, leurs rires se répercutant sur le lac, et sur les troncs hirsutes de la forêt juste derrière. Sasha avait combattu, des sorciers, des inferis, et il avait survécu. Les cicatrices à ses mains n'étaient-elles pas finalement la preuve d'un homme fort que la guerre n'avait pas tué ? À moins que l'injonction à rentrer n'en ait été l'unique raison. Il paraissait fort, cependant. Fort, et à la fois faible, au milieu de cette école dans laquelle il ne semblait pas avoir sa place. Elle reporta son attention sur lui, et questionna presque brutalement, comme un défi, ou une accusation :

 

- Si tu pouvais repartir , te battre, tu irais ?

 

Il était facile de rejeter la faute sur les ordres, lorsqu'ils couvraient une forme de lâcheté. Il a tort. Elle a tout manqué. C'est le ressenti qu'elle a toujours eu, qu'elle continue d'avoir. C'est ce qui la fait s'entrainer si dur. Elle n'a pas pu se battre, mais elle prouvera qu'elle aurait pu.

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Leslie Harrison

Ollivander’s - Fabriquant de Baguettes Magiques 30 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Les informations tombent. Précises, claires. São Paulo. Un artisan local. Sorbier, corne de basilic, vingt-huit centimètres. Leslie ne laisse paraître aucune réaction immédiate, mais dans son esprit, les rouages tournent déjà. Une baguette issue d’un artisanat différent, hors du circuit traditionnel britannique. Elle fait tourner lentement la baguette entre ses doigts, testant sa densité, la manière dont elle capte la lumière. Le bois est nerveux, comme elle l’avait deviné, mais le cœur en corne de basilic l’intrigue. Un matériau rare, peu utilisé dans les baguettes européennes.
 

- Le sorbier est un bois de loyauté et de protection, commente-t-elle à voix basse, plus pour elle-même que pour son client. Un bois qui lie profondément son porteur… Mais la corne de basilic, c’est autre chose. Elle marque une pause, son regard analytique. C’est un cœur capricieux. Extrêmement réactif, mais instable si le sorcier change plus vite que la baguette ne peut s’y adapter.
 

Elle repose la baguette sur le comptoir, du bout des doigts.
 

- Votre lien n’est pas brisé. Il est en tension. Son ton est posé, précis. Pas de réponses toutes faites, pas de faux espoirs. Juste des faits tangibles, des possibilités à explorer. Vous dites qu’elle doute de vous, reprend-elle lentement. C’est une bonne manière de le formuler. Les baguettes sont des catalyseurs, mais elles répondent aussi à ce que nous sommes, consciemment ou non. Vous avez changé. Peut-être pas en apparence, mais en profondeur. Quelque chose en vous ne vibre plus à la même fréquence qu’avant.


Elle croise les bras, réfléchissant. La corne de basilic est un cœur agressif, connu pour favoriser les sorts offensifs et les transformations profondes. Un tel matériau réagit au tempérament du sorcier… et parfois, s’y oppose.

- Quand vous l’avez obtenue, vous souvenez-vous de ce que vous ressentiez ? Étiez-vous dans un état d’esprit différent ? Un objectif précis en tête ?

Elle ne force pas la question, mais l’invite à creuser plus loin que le simple constat d’une perte de lien. Puis vient la question suspendue. Est-ce réversible ? Leslie laisse planer un court silence. Elle n’est pas du genre à enjoliver la réalité. Mais elle n’est pas cruelle non plus.

- Ça dépend. Ses doigts tapotent le bois du comptoir, une seconde de réflexion avant d’ajouter : si la rupture était totale, vous n’auriez déjà plus accès à sa magie du tout. Là, elle hésite. Ce n’est pas une fin, c’est un avertissement. Il y a des choses à essayer avant d’envisager une séparation définitive.


Son regard se pose sur le sorcier. Elle jauge autant l’individu que la situation.
 

- Je peux examiner votre baguette plus en détail, tester son équilibre magique, vérifier si quelque chose dans sa structure a changé. Mais je ne peux pas la forcer à vous répondre. La seule vraie question, c’est : êtes-vous prêt à aller au bout du processus ? À chercher pourquoi elle hésite… même si la réponse ne vous plaît pas ?

Elle n’attend pas une réponse immédiate. Elle sait que ce genre de réflexion demande un moment d’acceptation. Dans un geste précis, elle saisit sa baguette et trace un mince cercle lumineux au-dessus de l'instrument. Une simple lecture d’aura, première étape avant de poser un vrai diagnostic. Parce qu’avant de réparer quoi que ce soit, il faut comprendre où se situe réellement la fracture.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Fais chier.

 

Plantée devant le miroir, Anya passe ses doigts sur des mèches d'un violet vif qui n'ont visiblement aucune envie de retrouver leur couleur brune d'origine. Profondément agacée, la sorcière pousse plusieurs jurons dans sa langue natale avant de quitter les douches communes d'un pas soudain déterminé.

 

- Tu vas où ?

- Ne tvoye delo.

- Ça donne quoi en anglais ?

- Ça regarde pas.

- Bah super.

 

Pressée, la sorcière ne prend guère le temps que d'attraper la veste de son uniforme avant de quitter le dortoir, délaissant sa camarade sans autre cérémonie. Elle ignore les regards des élèves qui, étrangement, semblent la remarquer bien plus que d'habitude, pousse un nouveau juron en passant la porte de la salle commune. Ses doigts continuent de passer nerveusement dans ses mèches, qui virent du violet au rouge, puis à l'orangée, avant de partir sur un vert écaillé qui n'est pas sans rappeler le logo brodé des Serpentards. À court de solutions, Anya n'a plus qu'un dernier recours. Ses talonnettes noires frappent le sol avec une régularité terrible, l'entrainent jusqu'au rez-de-chaussée, puis grimpent les marches du château pour enfin atteindre une large porte familière, à laquelle une main serrée vient frapper sèchement.

 

- Professeur ?

 

Anya n'est guère connue pour se tourner vers qui que ce soit en cas de problème, mais celui-ci prend des proportions qui la dépasse un peu plus chaque jour. Sa métamorphomagie n'avait jamais été si hors de contrôle. Elle en sait pertinemment la raison. Pour autant, connaitre cette raison ne l'aide en rien à résoudre le problème. Si ce n'était que quelques mèches qui jouent les arc-en-ciel une fois de temps en temps ça ne la dérangerait pas. Mais on parle de son corps entier qui n'en fait qu'à sa tête depuis plusieurs semaines. La révolte est totale. Pourrait survenir au milieu d'un cours. Pire. D'un examen. Elle ne peut se permettre d'entacher ses notes excellentes. Pas sous le prétexte d'une magie si incontrôlée. 

Anya n'est pas quelqu'un qui perd le contrôle.

Les mains soigneusement rangées dans les poches de son veston, Anya patiente avant d'être invitée à entrer, ne donne aucunement l'impression de l'urgence qui l'anime intérieurement lorsqu'enfin elle pénètre dans le bureau du professeur de métamorphose. Ce dernier compte parmi les professeurs les plus respecté du corps étudiant, et Anya n'y fait pas exception. S'il est un homme qui puisse lui fournir une solution, c'est certain que ce sera lui. Le visage neutre et les mains poliment ressortie de l'uniforme pour choir d'une part et d'autre de sa silhouette frêle, Anya s'avance, une salutation sur les lèvres, ses mèches de cheveux s'ornant paradoxalement de nouvelles couleurs invraisemblables.

- Bonsoir, professeur. Pardon de vous déranger, je sais le couvre-feu est pour bientôt. Son regard est directement planté sur Pope, la raison de sa présence ici aussitôt déployée. J'ai problèmes avec le don métamorphomage. 

 

Anya parlait certes un anglais courant, mais les articles semblaient manquer une fois sur deux. Une imperfection dont elle ne se rendait pas souvent compte, sauf si l'on venait oralement la rectifier.

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Jimmy Stone

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Poufsouffle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cabane Hurlante, Samedi 03 Février 2125

Il se marre. Même s'il sait pas très bien pourquoi. C'est juste Balt. Balt est drôle. Alors Jimmy se marre. Voyez, même que les autres sont pas là ça reste fun. Parce que y a Balt et que Balt est drôle. Y a besoin de penser à rien autour de Balt. Ni au frangin qui donne plus de nouvelles depuis des semaines, ni à la daronne qu'en donne pas plus, ni à rien. Le pétard accroché entre ses lèvres, Jimmy aspire son rire, et ça le fait redoubler. Le rire, pas Jimmy. Jimmy essaie de pas redoubler, globalement, parce que ça l'emmerderait pas mal de plus être dans la même classe que ses copains. Même qu'il donne son meilleur parfois pour que ça arrive pas, savez. Tout ce qu'il a, et même parfois ce qu'il a pas non plus.

- C'est vrai ?

Balt il raconte que des conneries, la plupart du temps. Pis le reste du temps aussi d'ailleurs. Mais parfois y a des conneries qui sont vraies.

- P't-être bien qu'le mec qu'a été étalé ici c'était pour ça. Faire d'la graisse.

Les sourcils haussés, Jimmy, prend peut-être cinq secondes de son temps pour vraiment y réfléchir avant d'se marrer encore. De s'étrangler même. Y a le vent qui s'engouffre dans les étages de la baraque. Elle est super glauque comme baraque. Genre on comprend rapidement d'où viennent les légendes à son sujet, à peine on a glissé un panard à l'intérieur. Pour autant ça leur plait de s'y rendre pour fumer, s'raconter tout et n'importe quoi, comme si c'était le seul endroit pour le faire. Il inspire son pétard avec un regard qui se perd sur les planches usées, et le replante sur Balthazar et sa crête verte. Si on lui demande il regrette pas de pas s'être inscris pour les révisions du tournoi. Sont mieux là. Y a pas à chier. Mais quand même il aurait préféré qu'tout le monde soit là quand il sort inutilement, presque involontairement :

- T'crois c'est seulement quand on a tout perdu qu'on est libre de faire tout c'qu'on veut ?

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Leslie Harrison

Ollivander’s - Fabriquant de Baguettes Magiques 30 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Serdaigle
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Ollivanders, Mardi 07 Mars 2124

Le silence s’étire à peine un instant alors que Leslie observe la baguette, sans la toucher immédiatement. Elle écoute. Pas uniquement les mots de l’homme en face d’elle, mais aussi les signes discrets que donne l’objet lui-même. Un lien brisé. Une baguette réticente. Elle a déjà entendu ces symptômes, mais chaque cas est unique. Et chaque baguette, comme chaque sorcier, possède une histoire propre. 

- Je vois. Les baguettes ne sont pas que des outils, vous le savez. Elles sont un prolongement de nous-mêmes. Si votre baguette ne vous répond plus comme avant, c’est qu’un déséquilibre s’est créé quelque part. Il peut venir de la baguette, bien sûr… mais il peut aussi venir de vous. Parfois, nous changeons sans même nous en rendre compte. Ce que nous étions quand nous avons reçu notre baguette n’est pas toujours ce que nous sommes aujourd’hui. Cela arrive plus souvent qu’on ne le croit.

Elle tend la main, paume ouverte, pour recevoir la baguette. Pas d’empressement. Elle attend que le client la lui donne volontairement. Lorsqu’elle referme ses doigts dessus, son pouce glisse légèrement sur la surface du bois, analysant sa texture, sa densité, son grain. Un bois nerveux, qui vibre d’une énergie subtile mais contenue. Du sorbier, probablement. Son regard glisse sur la longueur. Assez longue, légèrement souple. Une belle facture :
 

- D’où vient-elle ? demande-t-elle d’un ton calme et professionnel.

Les fabricants étaient rares, leur marque unique mais pas toujours reconnaissable. Leslie devait bien admettre que cette création-ci l'intriguait par sa singularité. Elle tourne légèrement la baguette entre ses doigts, testant son équilibre. Son regard, précis et concentré, ne quitte pas l’objet, comme si elle le lisait à même le bois.
 

- Quand avez-vous remarqué les premiers signes de rupture ? Vous diriez que c'était progressif, ou plutôt soudain ? Peut-être qu'il y a eu un évènement particulier... ?
 

Une baguette qui change de comportement peut réagir à une transformation intérieure du sorcier, mais aussi à une usure du cœur magique, une exposition prolongée à certaines magies, ou même un choc physique qui aurait affecté son équilibre. Elle tient la baguette légèrement éloignée de son propre corps, comme pour ne pas interférer avec son énergie. Elle ne saute pas aux conclusions. Elle veut des faits. Parce qu’une baguette n’est pas qu’un outil. C’est une alchimie.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Hall de Poudlard, Samedi 02 Septembre 2124

Volontaire ? Certes non. Anya Nikitovna ne s'est pas portée volontaire. C'est la direction, qui l'a porté volontaire. Ça ne devrait pas la déranger. Après, tout c'est un camarade, n'est-ce-pas ? Ça la dérange. Justement parce que c'est un camarade. Depuis son arrivée dans l'école, la sorcière s'est tenue isolée des autres expatriés de Koldostoretv, préférant se focaliser sur un nouvel objectif simple. Se fondre dans la masse. L'on ne se fond guère dans la masse en demeurant attroupé entre victimes de guerre, à n'échanger qu'en russe, et à se remémorer la vie là-bas, dans les corridors du palais. Non, l'on se fond dans la masse en se forçant à porter l'uniforme, à parler bien l'anglais, à suivre les cours comme tous les autres. Ainsi on avance. Ainsi on ne meurt pas.

 

Bien sûr, elle a accepté. C'est ainsi aussi que l'on se fond dans la masse, et que l'on continue de marquer des points pour un avenir bien tracé. Anya n'est pas du genre à lever une révolte, pas du genre à faire la guerre. La guerre n'est jamais vraiment nécessaire. La guerre avale les gens pour les recracher plus fort, ou ne jamais les recracher du tout. Plus fort, mais aussi plus dur. Plus dur, mais aussi plus froid. Plus froid, parce qu'au fond ils sont morts quand même, sans vraiment s'en rendre compte. Anya a toujours admiré son père, mais elle n'a jamais eu l'ambition d'être comme lui ou comme son frère, un soldat. Un soldat obéit aveuglément, donne la mort, meurt à son tour avec ou sans les honneurs, ou revient avec pour seule envie d'y retourner pour tout recommencer.

 

Elle l'a salué en russe quelques minutes plus tôt. D'une salutation brève, courtoise. Le genre qui n'invite pas vraiment à la conversation. Elle s'est présentée aussi, bien sûr. Аня Никитовна. Седьмой курс, как и ты. Я покажу тебе школу. Anya Nikitovna. Septième année, comme toi. Je vais te faire visiter l'école. La veille, ce sont les préfets de Gryffondor qui l'ont accueillis, mais aujourd'hui c'est elle qui est chargée d'expliquer le règlement, et les spécificités de Poudlard comparé à Koldostoretv. Évidemment, c'est sûr que c'est plus simple pour un nouveau venu qui n'a peut-être que de vagues notions d'anglais d'avoir quelqu'un qui parle parfaitement sa langue en face de lui, en plus de venir du même endroit. C'est une logique qui n'échappe pas à Anya. Elle n'a pas eu cela lors de son arrivée, dix-huit mois plus tôt.

- Davaï.

Ses yeux, habituellement noirs, sont aujourd'hui teintés d'ambre, et elle ne parvient pas à en changer. Elle préfère encore prétendre que c'est normal, plutôt que d'assumer une perte de contrôle. Son uniforme parfaitement ajusté à sa taille arbore le blason des serpents, et son pas est mesuré tandis qu'elle entraine Sasha Shevchen au dehors. Le garçon n'est pas beaucoup plus grand qu'elle, sa posture rigide, ses épaules carrées. Parmi tous les élèves de son ancien école, Anya n'a pas le souvenir de l'avoir déjà croisé, encore moins de lui avoir jamais parlé. À Koldostoretv résidaient un nombre bien plus grands de sorciers qu'il n'y en a à Poudlard, aussi cela n'a rien de bien surprenant. Visage parmi plus de milles autres visages, Sasha est un parfait inconnu, qui ne représente aujourd'hui qu'une mission dont elle ne se charge que par obligation.

- Это парк. Там лес. Это запрещено, можно заходить только до фестральной оболочки и не более. Там озеро. Это не запрещено, но там живут существа, и их нельзя беспокоить. C'est le parc. Là-bas, la forêt. Elle est interdite, on ne peut aller que jusque l'enclos des sombrals, et ensuite, niet. Là-bas, le lac. Il n'est pas interdit, mais des créatures y vivent, et il ne faut pas les déranger.

 

Le règlement n'était pas bien dur. Les sanctions ne l'étaient pas non plus. Quelques points en moins dans les sabliers, des retenues. Anya n'avait jamais été une habituée des punitions, mais il était clair que la vie était plus aisée pour les sorciers britanniques qu'elle ne l'était pour les étudiants slaves. Ayant désigné un endroit puis l'autre de son bras, Anya continue de marcher, pour prendre la direction des serres. Mécaniquement, elle sort un paquet de blondes de sa poche, et en plante une à ses lèvres. L'habitude est récente. Occasionnelle. Cet été semble avoir bouleversé beaucoup de choses, dont ceci. Elle en propose une à Sasha, par courtoisie. Il a l'âge, après tout.

 

- Вы курите ? Разрешено только в парке, но не возле вольеров и теплиц. Эти. Их четыре. Номер четыре — самый опасный, без разрешения туда нельзя. Остальные в порядке. У вас есть вопросы ? Tu fumes ? C'est autorisé seulement dans le parc, mais jamais près des enclos, ou dans les serres. Celles-ci. Il y en a quatre. La numéro quatre est la plus dangereuse, on y entre pas sans autorisation. Les autres c'est ok. Tu as des questions ?

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Elliot Blackburn

Joueur de Quidditch Professionnel 25 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Highlands écossaises, Lundi 13 Novembre 2124

Il aurait eu son balai entre les mains, ça aurait peut-être changé toute la donne. Mais même ça c'est pas possible. Ça fait que l'estime d'Elliot pour Jun le synthétiste demeure nulle et non avenue. La main de Freya stoppe Elliot alors qu'il s'apprête à s'installer où on lui demande, et il se laisse entrainer en s'imaginant bêtement que c'était peut-être une vanne, pour le balai. Qu'ils avaient bien ramené le sien pour le shooting. L'espoir crève dans son œuf alors qu'elle se contente de planter son regard dans le sien pour un pseudo pep-talk parmi les plus nazes de la planète. Il reste la regarder, un peu couillon, les mains dans les poches et les sourcils froncés d'un mec qu'attend la suite. Elle vient jamais.

- Waw, il balance, sarcastique.

Plus loin, il entend qu'on l'attend, mais il est trop occupé à se foutre de la gueule de Freya pour s'en faire.

- C'est l'pire discours d'encouragement que j'ai entendu de toute ma life. Pis j'en entends toutes les semaines hein !

Malgré lui ça le fait marrer, un peu. Un souffle hilare au milieu d'une tension ambiante qui continue de lui affaisser les épaules. Aussi bref que le flash d'un appareil.

- Ce sera vite expédié, il annoncé en lui tapotant l'épaule avec sans doute un brin de condescendance.

Au moins maintenant il sait qu'elle a autant envie d'être là que lui, c'est bien. Elliot la plante sans rien ajouter, répondant aux appels répétés qui le pressent de se mettre en place. Alors il s'exécute. Avec la détermination et le professionnalisme d'un type qu'a fait ça souvent dans les dix dernières années. Le cœur y est pas, mais pour être franc le cœur y est vraiment jamais, parce qu'il s'est jamais fait à ce côté là de la célébrité. Les tunes qui rentrent en masse tous les mois, les fans qui font le pied de grue en bas de son hôtel, les courriers grotesques ou absurdes, occasionnellement adorables, qui font ployer le bureau de son attaché de communication, ouais. Les paparazzis qui le surprennent à la sortie des bars et des boîtes, les interviews où on lui rabâche les mêmes questions - plus souvent sur sa vie personnelle que sur les matchs, non.

Mais globalement si on lui demande, la seule chose qui l'intéresse là-dedans c'est vraiment de monter sur un balai sous les applaudissements de la foule, tout donner pendant la trentaine de minutes que ça dure, retrouver les équipiers dans l'vestiaire et aller se murger en se remémorant les meilleurs moments du matchs. Un truc qu'existe déjà depuis Poudlard finalement. S'il avait pas eu l'opportunité d'en faire son métier, Elliot a pas la moindre idée de la direction qu'il aurait pris. Sans doute qu'il se serait bien fait chier. Alors pour sûr qu'il regrette rien. Mais parfois, dans des moments comme ça, alors que les flashes se succèdent et qu'il voit dans le regard des producteurs que dans l'histoire il est rien de plus qu'une image qui fait vendre. Des balais, des figurines, des posters.

- Tu peux retirer ton maillot ?
- Huh ?
- Ton maillot. T'peux l'retirer pour t'éponger le front tu sais, comme après un match.
- Yup.

Nonchalance incarnée, il obéit docilement à tous les ordres qu'on peut lui donner. On le fait grimper sur le balai à plusieurs reprises, on l'arme d'une batte, on fait même tournoyer autour de lui par moment un cognard, ensorcelé pour ne pas abîmer sa gueule - ce serait con de balafrer l'égérie. Par moment la photographe sort des vraies punclines qui le font marrer, le sortent un peu de sa mauvaise humeur. Pis finalement l'équipe a l'air satisfaite, se félicite, et il inspire profondément, soulagé.

- Oy. Ça le prend alors qu'il voit Freya en train de commencer à ranger les équipements avec son collègue - il a déjà zappé son nom. Freya, tu d'vais poser aussi, il accuse brutalement, attirant sur lui l'attention de plusieurs personnes en même temps. C'est la tête d'OCQ, faut qu'on pose tous les deux aussi, il insiste plus fort alors que plusieurs têtes affichent des yeux perplexes. Si, si, si, j'veux rien savoir. C'est dans l'contrat et tout, R'ssortez le bordel, on a pas fini !

Voyez, y a un délire de la célébrité auquel Elliot il s'est vachement fait, c'est la manière dont les gens ont tendance à pas vraiment discuter ce qu'il peut bien exiger sur le pouce. Il prend un malin plaisir à réclamer les boissons les plus absurdes avant les interviews. À réclamer des trucs introuvables, juste pour emmerder son monde. Pis quand il voit la gueule de Freya alors qu'il rameute tout le monde avec autorité, il peut que foncer davantage dans la connerie. C'est peut-être puéril, mais ça lui sort la tête de tout le reste. De se dire qu'il emmerde profondément Carter, qu'avait autre chose à faire

- Allez, on s'fait ça vite fait. Freya tu d'vrais porter le maillot des Catapultes. T'es sponsor ou t'es pas sponsor ?

Il balance le vêtement sur la sorcière qu'a rien demandé, l'air vachement plus enjoué soudainement que ce qu'il a affiché depuis le début de la journée.

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Anya Nikitovna

17 ans Sang-Mêlé·e Russe Notoriété

Deb
Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau du professeur de métamorphose, Vendredi 15 Septembre 2124

Ce n'est pas un sentiment particulièrement agréable. L'admission d'une défaite. La quête d'une solution chez les autres. Ce n'est pas naturel, chez elle. Mais la perte de contrôle sur sa métamorphomagie n'a rien de naturel non plus. Jamais elle n'a aimé ce don. Un don ? Une malédiction. Ses plus vives émotions, présentées comme un livre ouvert aux yeux du monde, pour peu qu'elle ne parvienne pas à les sceller. Probablement ferait-elle une brillantte occlumens, à force de s'exercer à tout compartimentaliser. C'est son professeur de métamorphose de Koldostoretv qui lui avait dit cela, fasciné. Elle avait douze ans alors, douze d'expérience à dissimuler les effets d'une magie qui modifiait son corps à mesure d'émotions toujours plus tassées.

Paraitre aussi imprenable qu'une forteresse, c'est la force d'un soldat, disait toujours son père. Ferme et impassible, il représentait une force de la nature à laquelle elle aurait tant voulu ressembler. Un idéal qu'elle ne pourrait jamais atteindre, car Nikita, tu es une fille toi, pas un soldat. Son frère se plaisait souvent à le lui rappeler, lorsqu'elle essayait de s'y mesurer. Bien sûr le don avait continué de grandir, et la fille avec. L'adolescence l'a rapidement fait subir les aléas d'une guerre intérieure, pour laquelle elle s'imagine parfois avoir été le soldat le plus imprenable qui soit. À présent ? À présent Anya se sent adulte, écartée de tous ces souvenirs d'enfant, confus, abstraits. Plus que jamais elle compartimentalise, plus que jamais elle maîtrise.

 

Alors pourquoi ?

 

- Deux mois, professeur. Ça a commencé début de l'été.

 

Le regard posté sur le visage de son interlocuteur, Anya ne se lance pas dans la moindre explication supplémentaire. Pas sur ce point, du moins. L'origine du problème n'est pas une solution. Ne voit-il pas ? Elle ne serait pas là, sinon.

 

- J'ai tenté des sortilèges, des potions, la méditation. Rien ne marche. C'est xaoc. Le chaos, Monsieur. Ça déconcentre pour les cours, pour les devoirs, pour tout. Vous êtes professeur de métamorphose. Vous avez déjà rencontré ce problème ? Vous connaissez des exercices pour... canaliser ?

 

Le dernier mot avait demandé un instant de réflexion à Anya, dont le regard sembla brutalement opter pour des nuances bleutées qui juraient parfaitement avec ses mèches de cheveux. Pour l'instant, ce n'était que des teintes, mais Anya savait pertinemment de quoi sa métamorphomagie était capable. Des milliards de minuscules portions de magie, juste là, sous sa peau, la dévoraient jusqu'aux os, prêtes à faire d'elle quelque chose, quelqu'un qu'elle n'était pas. Deux semaines plus tôt, un sentiment d'horreur l'avait envahit alors qu'elle s'était retrouvé à faire face à une parfaite inconnue dans le miroir. Deux semaines avant encore, ça avait été les traits trop familiers de son frère, comme elle se l'imaginait parfois en rêve s'il avait eu une année de plus.

 

- Je dois me concentrer pour ne pas que ça arrive. Tout le temps, elle déclare finalement en abaissant définitivement la tête, les sourcils froncés. Comme si je suis... déréglée.

 

Déréglée, cassée, fatiguée. Anya inspire, expire, redresse la tête.